Manuel Valls ne croit pas être favori !

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce lundi sur la primaire de la gauche et notamment sur le fait que Manuel Valls perdrait face à Arnaud Montebourg au second tour selon un sondage.

Ce matin en Une de vos journaux,
Libération dit adieu à son président préféré, ou plutôt à l’idée qu’il s’en faisait : Obama Bye.

Alors, on trouve des coupables :
Le Monde : Le renseignement américain accuse Poutine d’avoir cherché à favoriser Trump.

En France, on commente l’incertitude :
Le Figaro : Manuel Valls peut-il perdre la primaire ?
Avec ce sondage qui le donne perdant face à Arnaud Montebourg. Il cherche à conjurer en Une du Parisien: "Je ne crois pas être favori".

Délinquance fiscale

L’Humanité nous raconte en Une un procès qui s’ouvrira ce matin à Dax. Celui de Jon Palais, activiste écolo-pacifiste, accusé de vol en réunion. Le produit de ce vol : des chaises. Le 19 octobre 2015, des militants altermondialistes kidnappent les chaises d’une agence BNP Paribas pour protester contre la banque aux 170 filiales dans des paradis fiscaux. Rapidement, le mouvement des faucheurs de chaises s’amplifie. En portant plainte, la banque a offert un porte-voix à tous ceux qui contestent le pouvoir des multinationales et le système généralisé d’évasion fiscale.

Hollande et ses héritiers

L’Opinion titre : Hollande, la vengeance en héritage. Le journal, bien sûr, en profite pour fustiger ces candidats à la primaire qui chercheraient à renouer avec les vieilles lunes. Alors, pour comprendre comment on en arrive à un tel état de ruine à gauche, mieux vaut lire les interviews d’Aquilino Morelle dans Le Monde et Le Parisien. Dans les déclarations de l’ancien conseiller de l’Élysée, pas de vengeance, mais une histoire de la gauche. À travers, notamment, le rappel du parcours politique de François Hollande, ce jeune conseiller qui, en 1984, écrivait sous pseudonyme un manifeste libéral intitulé "La gauche bouge". Si François Hollande a renoncé à gouverner, c’est parce qu’il appartient à ce courant politique qui estime que l’économie aurait définitivement pris le dessus. La politique ne pourrait plus grand-chose, sinon agir à la marge. "Tant que la gauche ne renouera pas avec le message de clairvoyance de Mendès-France qui, en 1957, refusa de voter le Traité de Rome en décrivant avec précision l’engrenage libéral qui allait se mettre en œuvre, la social-démocratie européenne sera toujours en crise. Les citoyens ne veulent plus voter ceux qui leur disent "on va vous défendre" et qui ne le font pas". La question est finalement : Comment avoir cru que François Hollande pourrait devenir le contraire de ce qu’il était ?

Erasmus

Quand il s’agit de convaincre les citoyens que la construction européenne est une réussite,  l’argument massue, c’est Erasmus. Le dispositif fête ses 30 ans et le film de Cédric Klapisch, l’Auberge espagnole, en a construit la mythologie. 20 Minutes célèbre "la génération Erasmus" mais Le Figaro tempère, en rappelant que les notes des étudiants sont quelque peu surévaluées. "Pour les professeurs les plus critiques, le programme permettrait à une minorité d’étudiants nantis de voyager en partie aux frais du contribuable et de revenir avec un diplôme pas toujours mérité". Mais peu importe, les étudiants se rencontrent, célèbrent des systèmes tellement plus ouverts et, d’après Direct Matin, le résultat le plus concret, c’est un million de bébés.


Le site rue89 consacre un article à un film, Shazaam, l’histoire d’un génie un peu bête qui exauçait les vœux de deux enfants. Le génie était joué par un comédien de stand-up nommé Sinbad, David Adkins de son vrai nom. Sauf que ce film n’a jamais existé. Pourtant, sur internet, des gens partagent leur souvenir sans se connaître, sans s’être concertés. Ce phénomène d’hallucination collective porte même un nom : effet Mandela. Baptisé ainsi parce qu’une blogueuse s’est aperçue qu’elle n’était pas la seule à s’être construit des souvenirs extrêmement précis de la mort de Nelson Mandela en prison et des obsèques qui avaient suivi. On la tient, l’explication. Des millions d’électeurs sont sûrs d’avoir entendu "mon ennemi, c’est la finance". mais non.