Macron et le Congrès de Versailles au cœur de la presse

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Les éditorialistes s'interrogent et décryptent les enjeux du discours du Président devant le Parlement, à Versailles. 

Bonjour Thomas, bonjour Julie et bonjour à tous

Ce matin en Une de vos journaux, il est là, tout puissant, il a notre destin entre ses mains : Le Figaro : Macron, le rendez-vous de Versailles. L’Opinion : Macron en surplomb du jeu politique. En Une de Libération, il est sur son nuage, poitrail body-buildé et toge sur l’épaule, la foudre dans ses mains : Manupiter à Versailles.

Congrès

Il y a ceux qui commentent l’effacement du Premier Ministre : Libération titre : A Matignon, le premier déclassé. Il y a ceux qui s’interrogent sur la bonne dénomination : "Hyper-présidentialisation ? Césarisme ? Pharaonisme ?" se demande Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne. Dans l’Union, Sébastien Lacroix s’agace : "Ne soyez pas dupes, braves gens, le bon Emmanuel est tout simplement en train d’organiser son règne. Tout contradicteur est écarté. L’Assemblée est à sa botte, jusqu’à la questure. L’interview du 14 juillet est annulée car les journalistes sont trop bébêtes pour saisir la pensée complexe du Président. Et le Premier Ministre ? Ah, oui, le Premier ministre. Samedi, il a eu le droit de réunir ses ministres à Nancy. Nancy, ça fait sérieux pour un séminaire, il n’y a aucune plage et le ciel est gris. Thomas Pesquet est venu "inspirer le gouvernement". Sans doute leur expliquer comment ne pas se faire oublier après avoir été mis sur orbite." Pour ce qui est de l’opposition, l’Opinion nous raconte comment doit se dérouler sa prise de parole au Congrès, après le départ du Chef de l’Etat. "Signe que rien n’a été laissé au hasard, écrit Nathalie Segaunes, l’exécutif a veillé à ce qu’un parlementaire, le sénateur de l’Aube Philippe Adnot, s’enregistre très rapidement pour parler au nom des non-inscrits (le premier d’entre eux qui se manifeste est celui qui a droit à la parole) afin de ne pas laisser Marine Le Pen bénéficier de cette tribune." Seule ombre au tableau, la remarque d’Emmanuel Macron, devant des entrepreneurs du numérique, à propos "des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien". Qui détermine le critère du succès, se demande Laurent Bodin dans l’Alsace ? Quant aux gens qui ne sont rien, ce serait donc ceux qui n’ont pas réussi. L’éditorialiste y ajoute les accusations d’hyper-présidence. "Le Président ne saurait moderniser le fonctionnement des institutions en transformant le clivage gauche-droite en un nouveau qui serait "pour ou contre Macron."

Migrants

C’est un des sujets de l’en même-temps présidentiel. Le Monde et Le Figaro reviennent sur cette menace de l’Italie de désormais fermer ses ports pour obliger ses voisins à porter un peu le fardeau. Depuis trois ans, Rome a accueilli 500.000 migrants et réfugiés. En France, nous dit Le Figaro, on s’inquiète : "Comment la France va-t-elle s’organiser à compter du 11 novembre prochain, quand elle aura épuisé son droit à bloquer ses frontières en vertu d’une dérogation au principe de libre circulation des accords de Schengen ?" De son côté, La Croix se demande quel est le rôle des ONG dans cette mécanique. Entraînées dans l’engrenage d’un système non maîtrisé, elles sont accusées de collusion avec les passeurs. Certains plaident pour l’ouverture de moyens légaux et sécurisés d’arrivées de réfugiés en Europe, notamment pour les Erythréens, les Syriens et les Sud-Soudanais, éligibles au droit d’asile. C’est là que politique et humanitaire se mêlent.

LGV

C’était une des images du week-end, l’ouverture triomphale de deux lignes à grande vitesse. Mais Le Monde nous explique comment le modèle TGV est à bout de souffle. Libération précise : quand la première ligne, Paris-Lyon, a été lancée en 1982, il fallait compter 10 millions d’euros du kilomètre. Nous en sommes à 30.000. A ce niveau-là, impossible de dégager des recettes suffisantes pour payer le coût de l’infrastructure. Mais surtout, Libé nous raconte l’inquiétude des Bordelais qui voient déjà augmenter les prix de l’immobilier. Ils craignent de voir changer leur mode de vie. "Déjà qu’il y a une médiatisation et une hype autour de la ville" se plaint un étudiant. Entre retombées économiques et préservation d’un bonheur serein.

La Une du Parisien sonne comme un appel au crime : Vacances : Et si vous partiez sans vos enfants ? Imaginez le bonheur. Un hôtel interdit aux moins de seize ans. Pas de cris, pas d’enfants qui jettent du sable. Bref, ce que ne vous dit pas l’article, c’est que le vrai bonheur, c’est certes de ne pas avoir ses propres enfants, mais surtout de ne pas subir les enfants mal élevés des autres. Vous savez, ces enfants-rois, ces petits Jupiter.