L'opération survie de François Fillon

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient évidemment ce mardi sur la conférence de presse de François Fillon hier.

Ce matin en Une de vos journaux c’est toujours vivant, toujours debout.
Midi Libre : Fillon : Des excuses et toujours candidat.
Le Populaire du centre : Il reste.
La République du Centre : Candidat malgré tout.
Le Télégramme : Plus que jamais candidat.
Le Figaro : "Je suis debout" : Fillon repart en campagne.
Sud Ouest : Fillon abat sa dernière carte.
L’Union : L’opération survie de François Fillon.
La Nouvelle République : François Fillon joue son va-tout.
L’Opinion : Fillon fait son mea culpa pour se relancer.
Libération : Fillon l’acharné.

Malgré toutes les précautions d’usage, on peut estimer à la lecture des éditoriaux ce matin que François Fillon a plutôt réussi son exercice. Bien sûr, Libération marque son scepticisme, L’Humanité dénonce la victimisation mais pour le reste, le ton n’est plus le même. Un mot revient sous toutes les plumes : contrition. Dans Paris Normandie : "Catholique pratiquant, François Fillon sait mieux que quiconque que pour recevoir l’absolution, il faut faire acte de contrition". Dans Le Télégramme : "Il a eu ce geste de contrition sans lequel aucun rebond n’était possible". Dans l’Est Républicain : "Il aura donc fallu que François Fillon ait le couteau sous la gorge pour que le fauve blessé redevienne animal politique et fasse son opération contrition". Certes, comme le souligne Daniel Muraz dans le Courrier Picard, "il ne risque de convaincre surtout que les convaincus. Au-delà, la séquence d’hier pourra apparaitre à la fois insuffisante et tardive". "Tous les étrangers qui s’intéressent au cas Fillon, rappelle Jean-Louis Hervois dans la Charente Libre, notent que dans des pays civilisés, l’affaire aurait été réglée dans l’heure suivant les révélations. Au pays des mille fromages, la politique aime à passer et se repasser les mêmes plats jusqu’à vous en dégoûter. Reste à savoir comment les Français vont apprécier celui du chef de la droite. Ils ont le droit de vote pour cela".

Bulles économiques

On va peut-être enfin pouvoir parler politique dans cette campagne. Et pour cela, il faudrait commencer par lire l’interview de Jean-Philippe Naulot dans Libération. L’ancien régulateur de l’Autorité des Marchés Financiers met en garde contre les risques de voir éclater une nouvelle fois la bulle financière. "Le capitalisme sans un État qui protège et sans un minimum de gouvernance internationale, rappelle-t-il, c’est un système qui sécrète la pauvreté, la violence et la confrontation. Certains se laissent impressionner par les chiffres du chômage dans la société anglo-saxonne, mais la réalité est différente des statistiques officielles. Si le taux de chômage américain est de 5%, c’est parce qu’il est régulièrement nettoyé. Il faudrait le multiplier par trois. Les dirigeants occidentaux nous ont vendu, voici 30 ans, le rêve du tout libéral qui dope la croissance. Ce rêve n’était qu’une chimère, comme l’était un fédéralisme européen reposant sur la monnaie unique". D’ailleurs, il faut aller chercher les dernières pages des journaux pour trouver quelques articles célébrant les 25 ans du Traité de Maastricht. Les tribunes publiées dans Le Monde nous racontent que le sujet n’est toujours pas tranché, certains constatant que Berlin aura été le principal bénéficiaire de la monnaie unique, imposant son obsession de la vertu budgétaire et délaissant totalement la question de l’indépendance européenne.

Logiciels libres

C’est aussi Libération qui signale le rendez-vous annuel, à l’Université libre de Bruxelles, des défenseurs des logiciels libres, qui tentent de nous donner les moyens d’échapper au monopole d’Apple et Microsoft. Tous s’étonnent de l’absence totale de volonté politique des dirigeants européens. Le stockage des données est un enjeu crucial et nous acceptons de nous laisser enfermer dans le cloud américain. Un chiffre dans Le Parisien : la réserve de trésorerie d’Apple s’élève à 230 milliards de dollars, l’équivalent du PIB de l’Irlande ou de quoi s’offrir 200 fois Air France.

Le vrai visage de la Chine

On se souvient des applaudissements après le discours de Xi Jinping à Davos. La Chine nous donnait des leçons de liberté commerciale. Le Figaro nous raconte le sort de Xie Yang, avocat dissident arrêté il y a près de 19 mois avec 200 autres. Il est le seul à avoir pu entrer en contact avec un défenseur à qui il a raconté les 20 heures par jour en haut d’une pile instable de tabourets, menacé d’être battu s’il perdait l’équilibre. "Je vais te torturer jusqu’à ce que tu deviennes fou, lui lançait son geôlier. Ne crois pas que tu pourras continuer à être avocat quand tu sortiras. Tu seras un déchet humain". Mais la Chine défend le libre-échange, alors ça va.

Albi, ville pionnière

Non seulement Albi est une ville magnifique, mais on y trouve désormais des potagers. Le maire DVD a décidé d’organiser l’autosuffisance alimentaire en bio. En 2020, les 52.000 habitants pourront se nourrir de denrées produites dans un rayon de 60kms. "Notre message est de dire aux habitants "Servez-vous". Qu’ils sachent à quoi ressemble une vraie tomate sans produit industriel". Même si l’objectif n’est pas atteint, le maire a l’espoir que les modes de consommation et de production auront changé et c’est l’essentiel. Parce que c’est la liberté.


Dans sa rubrique On nous prend pour des quiches, Causette salue une merveilleuse initiative proposée aux enseignants : "une expérience pédagogique inoubliable" et bien sûr "des projets créatifs". Apple invente les sorties scolaires à l’Apple Store pour "permettre aux enfants un premier pas dans l’univers numérique". C’est innovant, ça devrait plaire. Et puis, Microsoft a déjà signé un partenariat à 11 millions d’euros pour équiper les élèves français : il ne faudrait pas se laisser distancer. Le dessin de Gros, à côté : un garçon raconte à sa mère : "c’était comme une visite de musée avec la boutique à la fin, sauf qu’il y avait que la boutique".