L'onde de choc Macron frappe la droite et la gauche

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce mardi sur la défaite des candidats du Parti socialiste et des Républicains face à Emmanuel Macron.

Ce matin en Une de vos journaux il y a ceux qui choisissent le constat :
Midi Libre : gauche-droite : le big-bang.
L’Indépendant Catalan : Le grand chambardement.
Le Figaro : L’onde de choc Macron frappe la droite et la gauche.
Le Télégramme avec la carte des votes Macron et Le Pen : La fracture.

Ceux qui gonflent le suspense :
Le Parisien : Non, tout n’est pas encore joué.
Libération : Ne rien lâcher.
Et Marianne rejoue 2002 : visage d’Emmanuel Macron sur fond noir: Le rempart.

Rotonde

La presse adore les symboles. Elle vient d’en trouver un qui raconte ce que sera sans doute un mandat présidentiel dans une France fracturée. "Pas encore élu et déjà le couac, écrit Xavier Brouet dans Le Républicain Lorrain. Certes, la Rotonde n'est ni le Fouquet's de Sarkozy (période américaine), ni la Porsche de DSK. Tout de même, on s'étonne des erreurs de novice de ce pur produit marketing que constitue la candidature Macron. Séquence d'autosatisfaction heureuse pas franchement raccord avec la contemplation d'un pays fracturé". "On sifflait des binouses à Hénin-Beaumont dimanche soir en se balançant sur des variétés, remarque Denis Daumin dans La Nouvelle République. Les bulles fines servies à La Rotonde donnaient sans doute un surcroît d'esprit aux effusions des amis d'Emmanuel Macron entourant leur wonder boy. Deux France se croisent, sans vraiment se regarder. Elles ne sont pas face à face mais décalées et presque dos tournées". Même Libération titre La gloriole avant l’heure. Et Le Figaro égrène les convives, Eric Orsenna, Jacques Attali, et même l’éditorialiste de Challenges, Bruno-Roger Petit. Dans Les Échos, un sociologue constate que "les politiques et les média fonctionnent comme un couple sadomasochiste, et comme des coproducteurs. Jamais nous n’avons été autant dans la société du spectacle de Guy Debord".

Fracture française

Il y a d’abord les analyses de cartes électorales qui montrent la répartition du vote. L’Opinion titre Revoilà la fracture européenne. Dans nombre de départements, écrit le journal, Marine Le Pen arrive en tête en étant devancé dans la ville chef-lieu. Le vote Le Pen est davantage rural et périphérique. 34% des catégories populaires, 30% des chômeurs et 40% des ouvriers. Libération souligne tout de même que c’est Jean-Luc Mélenchon qui arrive en tête chez les 18-24 ans. Libé, qui se demande si la position du leader de la France insoumise n’est pas une faute. "François Hollande a mieux compris la situation, écrit Laurent Joffrin, lui qui appelle sans ambages à voter pour l’homme qui a contribué au premier chef à son empêchement". Avec François Hollande, Angela Merkel. Le Figaro nous dit qu’elle choisit Macron sans hésitation. Elle n’est pas la seule. Lundi de fête sur les marchés financiers, titre Le Parisien. Alors, dans L’Opinion, Nicolas Beytout, évite d’agiter un faux suspense et préfère se demander comment on en est arrivé là, à ces fractures, à cette colère, et si Emmanuel Macron saura affronter ces incroyables défis, la mondialisation, le libre-échange, la pression migratoire, la désertification rurale. "Le plus inquiétant serait que, dans quelques années, on se demande comment on a pu en rester là".

La ville sans voiture

Les Échos se demandent jusqu’où interdire la voiture en ville alors qu’urbanistes et collectivités locales imaginent des centre-villes apaisés, repensés autour des piétons et des vélos. De magnifiques concepts de voitures électriques en location, de zones autonomes pour l’énergie et l’alimentation, reliées entre elles par des autoroutes ferroviaires et cyclables. Petite limite, ce beau rêve oublie toutes les populations hors agglomérations, pour qui la voiture est indispensable, dans un monde où les commerces sont concentrés dans des zones commerciales auxquelles on accède en voiture. Une autre déclinaison de ces fractures qui se lisent dans le vote.

Mode éducative

Marianne s’intéresse à la vogue des écoles Montessori. Dans une époque où les parents valorisent l’individualité de leurs enfants, le côté massificateur de l’école publique n’est jamais assez adapté à Choupinet. Mais la pédagogie Montessori, pour l’instant, ce sont surtout des écoles hors contrat à 6 000 euros l’année ou bien une simple inspiration pour des enseignants qui en déduisent qu’il faut supprimer les notes et les contraintes. Alors que le véritable intérêt de cette méthode se situe dans les premiers apprentissages, lorsqu’il est essentiel de passer par les sens et la manipulation d’objets, ce que les pédagogues officiels ont totalement oublié.


Drame shakespearien, voire tragédie grecque. C’est ainsi que Dany Cohn-Bendit qualifie ce problème crucial soulevé par Le Parisien : le 3 mai aura lieu le débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Mais ce sera aussi la demi-finale de la Ligue des champions entre Monaco et la Juventus de Turin. Certains s’insurgent, sans rire, que le CSA ne change pas la date du débat. Pour les amateurs de suspense et d’adrénaline, il y aura sans doute peu d’hésitation.