Loi Travail : pour Emmanuel Macron, il faut aller plus loin

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce mardi matin sur les propos polémiques d'Emmanuel Macron.

Ce matin en Une de vos journaux on cherche :
Paris Normandie : La course à l’or noir continue.
Midi Libre : En région, la psychose de la panne sèche.
Nice Matin : L’affolement.

Du coup, il y a ceux qui tentent de dédramatiser :
L’Echo Républicain : il en reste.

Et ceux qui se permettent d’ironiser :
Le Parisien : De mieux en mieux…
Libération : la CGT peut-elle faire le plein ?
Le Figaro : face aux surenchères de la CGT, le gouvernement hésite.

CGT

Les mots qui reviennent ce matin : fuite en avant, va-tout, cynisme, dernier grand baroud, coup de bluff permanent. Un syndicat minoritaire réveille l’imagerie classique d’une France bloquée. Dans les Echos, Jean Francis Pécresse s’interroge sur ce mouvement de panique chez les automobilistes, que l’exécutif n’a pu empêcher malgré sa communication. "Quand, ayant proclamé l’état d’urgence,  un pouvoir se montre incapable de déloger quelques dizaines de manifestants occupant une place en plein Paris, impuissant à interdire les débordements violents, comment imaginer qu’il aura la force d’aller déloger de gros bras de la CGT barrant l’accès de raffineries ? La pénurie d’essence n’est pas sans lien avec la pénurie d’autorité".

Macron

Cela n’a rien d’anodin, quelques pages plus loin, dans les Echos, Emmanuel Macron se paye le luxe de nouvelles embardées. Tout le monde aura noté ces quelques mots sur le fait qu’il faudrait aller plus loin que la loi El Khomri. Au moment où le pays est bloqué par un texte vidé de sa substance, Manuel Valls et François Hollande apprécieront la leçon. Quant aux salaires, ils doivent être contenus. Là aussi un message qui devrait passer facilement. Pourtant, on comprend l’idée : une préférence pour l’investissement et l’emploi-formation plutôt que pour les dividendes des salaires. Mais le plus intéressant, ce sont ces remarques sur la souveraineté : une souveraineté que l’État doit défendre dans les secteurs de la défense et de l’énergie. "Nous devons avoir une politique volontariste et défensive pour les filières indispensables à notre économie, comme l’acier. Les États-Unis ont imposé des droits de douane de 500 % sur certains aciers laminés chinois. L’Europe s’est contentée d’à peine 20 %. Nous devons moderniser les règles anti dumping en Europe. Il ne s’agit pas de s’opposer à la concurrence mais d’être intraitables contre la concurrence déloyale". Ça sonne un peu réactionnaire souverainiste mais c’est Emmanuel Macron : il peut, il est moderne. Cependant, quand il explique que ce qui sauve l’attractivité française, c’est une recherche académique efficace, on est tenté de lui opposer la Une du Monde et la tribune de sept Prix Nobel dénonçant les coupes claires dans le budget de la recherche. Mais Emmanuel Macron ne se sentira pas forcé à la solidarité gouvernementale sur le budget de la recherche.

Mineurs isolés

C’est un reportage dans le Figaro auprès de l’aide sociale à l’enfance du Val d’Oise. Des salariés de la Croix Rouge chargés de décortiquer le récit de jeunes étrangers pour déterminer s’ils peuvent prétendre au dispositif mineurs isolés. En 2011, le département en prenait en charge une petite centaine. Ils sont aujourd’hui 266, principalement venus du Pakistan et d’Afrique de l’Ouest, 433 avec les jeunes majeurs suivis jusqu’à 21 ans. Une facture passée de 4 à 17 millions d’euros pour le département. "Certains jeunes arrivent avec un plan de nos locaux pour savoir à qui s’adresser ou sont déposés en voiture, raconte le président du conseil départemental. Des groupes de jeunes pakistanais venus de la même région ne tapent pas par hasard à la porte du Val d’Oise". Ceux qui sont passés par la Libye ont un parcours chaotique, des blessures. Mais on peut ensuite les insérer, les orienter vers des métiers dits sous-tension. D’ailleurs, certains patrons s’adressent directement à l’aide sociale à l’enfance. En attendant, les départements craquent.


C’est aussi dans le Figaro qu’on trouve cet article sur une étude de chercheurs néozélandais. Leur sujet : l’explosion du nombre d’armes dans les boites de jeux Lego depuis la première apparition d’une épée en 1978. 30 % aujourd’hui. Parce que les lego, ce ne sont plus seulement des briques, ce sont des univers, des personnages, des récits, et aussi des licences comme Stars Wars. Violence ? Non, conflits, "opposition comme stimulant narratif", répond un professeur en science de l’éducation. C’est un peu comme les pneus, les engins de chantiers, ça peut servir à de la construction, mais ça peut aussi servir à exprimer une opposition. Il suffit de les mettre devant une raffinerie et ça devient un stimulant narratif.

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