Loi Travail : l'heure des négociations a sonné !

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce lundi sur la loi Travail et sur le second round des négociations qui s'ouvre cette semaine.

Ce matin en Une de vos journaux, il y a les perdants :
Le Figaro : Après une débâcle historique, le PS en voie de disparition.

Et puis il y a les gagnants, à qui tout sourit.
Aujourd’hui en France : Emploi : Cette fois, c’est vraiment reparti !
L’Opinion : Réformes, la majorité dans le dur.

Et puis, Libération nous alerte sur un mal qui détruit l’Amérique et gagne l’Europe : Les overdoses liées aux psychotropes de synthèse vendus sur ordonnance : Opioïdes : et cette citation d’un malade : "Je commence à aimer la drogue plus que mes enfants".

Loi travail

La Croix y consacre un cahier spécial. Un résumé de toutes les notions clés : accord d’entreprise, flexisécurité, plafonds et seuils. Mais Aujourd’hui en France nous raconte comment le deuxième round des concertations s’ouvre dans un climat étrangement feutré. La raison ? Selon le journal, si la réforme devait se faire avec des complications, s’il prenait aux syndicats l’envie d’engager un bras de fer, l’exécutif aurait laissé planer la menace d’une loi de moralisation étendue à la vie syndicale. Aujourd’hui en France donne la parole à Nicolas Perruchot, ancien député et auteur d’un rapport sur les dérives du financement des syndicats. Il souligne que, comme chez les politiques, 95% sont parfaitement honnêtes. Mais il prône pour les dirigeants des syndicats salariés et patronaux une déclaration de patrimoine obligatoire, et une limitation du cumul des mandats. Le journal décrit aussi la sale ambiance à la direction générale du travail, chargée de la rédaction du projet de loi. Après les fuites des dernières semaines dans la presse, une plainte officielle a été déposée avec enquête administrative de l’IGAS. Du jamais vu ! Pour éviter toute fuite, une plate-forme spéciale garantissant la traçabilité des opérations effectuées a été mise en place avec un accès réservé à une dizaine de personnes chargées de travailler sur les ordonnances. Cela s’appelle mettre toutes les chances de son côté.

Environnement

L’image du week-end est dans Libération : le selfie d’Emmanuel Macron avec Schwarzy ! Mais Christian Losson prévient : "Un selfie ne suffira pas". Il cite Laurent Fabius qui, lui aussi, a voulu faire sa com en anglais : "Less talk, more action". Dans La Croix, le philosophe Dominique Bourg estime que le pacte mondial pour l’environnement, initié par le président du Conseil Constitutionnel, relève du déni de réalité. "Nous continuons à afficher des principes d’il y a 20 ou 30 ans, autrement dit d’un autre temps, totalement décalés par rapport à la réalité du monde. Cela n’a plus de sens de parler du droit à vivre dans un environnement sain alors que le changement climatique est déjà à l’œuvre, que 58% des populations de vertébrés sauvages ont disparu en quelques décennies". Il cite la Suisse, qui a voulu revenir à une empreinte écologique à une planète à l’horizon 2050 (ne pas prélever plus de ressources que ce que la planète peut produire en une année). Un tel projet aurait imposé une refonte complète des systèmes économiques et des comportements. Autant dire que tous les pactes ne sont que des symboles.

Une question

Elle est posée sur le site Atlantico : Pourquoi le paysan victime d’un assaillant radicalisé est-il oublié des médias ? Lundi 19 juin, la France entière avait les yeux tournés vers les Champs-Élysées et l’attentat manqué contre une camionnette de gendarmes.  Mais le jour même, dans le Lot-et-Garonne, un agriculteur était interrompu dans sa moisson par deux hommes. L’un d’eux sort un couteau et le poignarde au cri de "Allah Akbar". L’homme était assigné à résidence pour apologie du terrorisme. Mais la seule mention dans les médias nationaux évoque une altercation. Pour Antoine Jeandey, cette agression "signifie tout de même que la radicalisation concerne désormais chacun, où que l’on soit, quelle que soit son activité". Mais il s’interroge : rat des villes et rat des champs, ça continue ?


Le sourire est à la mode. Le Monde nous le dit, les mines sombres, des mannequins qui tirent la tronche et des photomatons qui nous expliquent qu’il ne faut pas sourire sur le passeport, c’est ringard. D’accord, le sourire, ça n’a réussi ni à Hillary Clinton, ni à Marine le Pen. Mais le smiley, ce sourire virtuel et universel, se répand. En analysant les clignés Instagram, des chercheurs ont établi que la ville la plus souriante était Bangkok, devant Sao Paulo et New York. En France, Monoprix avait lancé cette pub à l’adresse des touristes : "French people don’t say cheese, they eat it". Mais, c’est fini, même les syndicats sont priés d’être positifs et de penser printemps. Sinon, ils risquent, non une leçon de morale, mais une loi de moralisation.