Loi travail : ce que Matignon est prêt à lâcher

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient de nouveau ce lundi sur la loi Travail de Myriam El Khomri à quelques heures de la rencontre de Manuel Valls avec les partenaires sociaux.

Ce matin en Une de vos journaux, Manuel Valls trouve un certain soutien. Pas en Une des journaux de gauche, bien sûr.
Le Figaro : code du travail : tiendront-ils bon ?
Les Echos : Loi travail : ce que Matignon est prêt à lâcher.

Mais les regards sont plutôt tournés vers le nord.
Vers Calais, d’abord, avec un numéro spécial de Libération : La vie après la Jungle. Des reportages sur le quotidien des migrants comme sur celui des Calaisiens.
Et puis vers Bruxelles et son énième sommet de la dernière chance. L’Opinion : Migrants : l’Europe du chacun pour soi.
Ouest France : Migrants : l’Europe en appelle à la Turquie.
Sud Ouest : L’Europe à la dérive.

Migrants

Aucune illusion dans les éditoriaux ce matin. Aucune illusion sur l’Europe et sa capacité à mettre en place une politique cohérente. Aucune illusion non plus sur la Turquie : "Comment faire confiance à un régime policier qui met sous tutelle le plus grand journal d'opposition, qui ferme les yeux sur les milliers de passeurs sévissant dans son pays, qui bombarde les Kurdes syriens et qui ménage Daech ?", se demande Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute Marne. Raymond Couraud va plus loin dans l’Alsace : "Il est évident qu'Ankara veut, comme ses alliés du Golfe, établir un régime sunnite, le plus intégriste possible. Cette volonté passe également par la marginalisation des Kurdes et l'affaiblissement chiite. Tout cela explique que les réfugiés ne sont pas seulement des victimes. Ils sont réduits à l'état de pièces que l'on manipule sur l'échiquier régional. L'Union européenne n'a pas suffisamment pris en compte ce qui s'apparente à une gigantesque prise d'otages. La Syrie vidée de ses intellectuels, de ses chrétiens ou des Kurdes deviendra un pays sunnite, dominé par des puissances régionales à la conception réduite en matière de droits de l'Homme". La crise est humanitaire, elle est aussi géopolitique. Un double échec.

Échec scolaire

Une spécialité française : l’empilement de dispositifs dont on ne mesure jamais l’efficacité. Une fois n’est pas coutume, l’Opinion nous signale qu’un rapport vient de se pencher sur les parcours de réussite éducative mis en place sous le gouvernement Raffarin. De quoi donner un peu de recul. Et le résultat est sans appel. Il s’agissait de répondre aux besoins d’élèves en grande difficulté en les aidant sur les plans scolaire, social, sanitaire, culturel et sportif. Concrètement, une séance de sport hebdomadaire dans un club, des vacances dans un centre de loisirs… Résultat, 100 millions d’euros par an pour 100.000 jeunes et in fine, un effet même pas nul mais négatif sur les résultats des enfants. Alors que faire ? Le Parisien consacre une page à un rapport de l’Institut Montaigne, d’obédience libérale mais qui plait autant à la gauche qu’à la droite. Il préconise les tablettes dès la maternelle, avec cette phrase merveilleuse : "La France a su démocratiser le savoir en mettant une école dans chaque village. Il faut maintenant démocratiser la réussite". C’est beau, non ? Bon, l’étude PISA montre qu’il n’existe aucun lien entre les performances des enfants et le taux d’équipement numérique. Comme le résume une institutrice : "Une tablette ne lutte pas mieux qu’une agrafeuse contre l’échec : ce qui compte, c’est ce qu’on fait, pas l’outil". Une autre trouve pourtant que l’usage des tablettes a amélioré non pas le niveau de ses maternelles mais leur motivation et leur estime de soi. C’est dommage, c’est surtout le niveau qui pose problème.

Un exemple de réussite

La crise française vient sans doute du fait que sans diplôme, sans l’école, rien n’est possible. Alors, il faut aller regarder dans le cahier Essonne du Parisien. On y voit une jeune femme à la peau noire, sweat à capuche, rayonnante au milieu des vignes. Marie-Inès Romelle est originaire de la Guadeloupe. Elle a grandi à la Grande Borne, une cité peu riante de Grigny. Après un BEP Vente Action marchande, Marie-Inès a fait l’impasse sur le baccalauréat pour travailler dans une épicerie fine de l’aéroport d’Orly. Et tout à coup, elle a découvert la beauté des produits qu’elle vendait. Elle s’est prise de passion pour le goût au point de rêver avoir sa propre marque de champagne. A force de volonté, c’est gagné. Sa marque, Marie Césaire, sera commercialisée en métropole, et l’an prochain aux Antilles.

Lutte contre les déchets

D’habitude, les urbains sont plutôt portés sur le bichon ou le chihuahua. Mais Le Monde nous apprend que la nouvelle mode en ville, c’est d’avoir sa poule. Bon, il vaut mieux avoir un petit jardin ou une terrasse. Mais une poule peut absorber jusqu’à 200 kg de restes alimentaires par an. Or, nous en jetons environ 150 kg chacun. Il y a même des villes qui en distribuent à leurs administrés. La poule correspond à l’époque : un changement de comportement sans trop de contraintes, couronné par une récompense : un œuf. Évidemment, ça ne suffira pas. Christophe Denève, responsable de la cellule environnement d’une ville belge pionnière en matière de placement de poules, conclut : "Il faudrait aussi un cochon".


Il y en a dont le travail est de faire adopter des poules, d’autres de se déguiser en poule. Le magazine Néon nous raconte le quotidien de ces gens, beaucoup plus nombreux qu’on ne croit, qui passent leur vie déguisés. Laurent, 23 ans, incarne la mascotte du Valenciennes Football Club : Valencygne. Il lui arrive même de jouer du Air guitar sur du ACDC déguisé en cygne pour animer la tribune. Et puis il y a Lucie, qui incarne Niglo, le hérisson mascotte du Parc d’attractions Nigloland, près de Troyes et qui parle de la chaleur sous le costume, du poids sur les cervicales. Enfin, Ludivine qui organise des anniversaires pour des enfants et qui passe sa vie habillée en fée. Et le plus dur à assumer, c’est le regard des parents qui veulent offrir de la magie à leur enfant mais qui trouvent que, quand même, à 27 ans, ça n’est pas très sérieux. Mais finalement, dans un monde où la précarité est un modèle vanté par un gouvernement de gauche, autant y ajouter un peu de gaité.