Les nouvelles affaires de François Fillon

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce mardi sur les versements des enfants Fillon sur les comptes de leurs parents.

Ce matin en Une de vos journaux on a une barbe, des cheveux péroxydés et des sourcils.

La barbe, c’est en Une de l’Humanité : Face aux impostures libérales, Marx, Penseur capital.

Le blond péroxydé, c’est Geert Wilders en Une de Libération : Pays-Bas : facho devant.

Sinon, ailleurs, c’est plutôt François Fillon :
Le Parisien : Affaire Fillon, les dernières découvertes des enquêteurs.
Le Monde : Impôts, Retraites, État : les coupes de Fillon.

Turquie

Crise ouverte, titre Le Figaro. Mais suivant les journaux, on insiste sur le choix des Pays-Bas de refouler les ministres Turcs, c’est le cas du Monde et de Libération, ou sur les provocations de Recep Erdogan, accusant de nazisme l’Allemagne et la Hollande, ça, c’est pour Le Figaro. Mais c’est L’Opinion qui rappelle ce qui musèle l’Europe : l’accord sur les réfugiés. Alain Dusart résume dans l’Est Républicain : "En accueillant le meeting turc à Metz, la France ne s'affranchit-elle pas au nom de la liberté de réunion d'une vaine solidarité européenne ? En la matière, l'Europe a par le passé déjà mis deux pieds dans la tombe face à Erdogan. Ce dernier a exigé et obtenu en 2015 six milliards de dollars pour retenir les réfugiés syriens et irakiens. L'été dernier, il doublait cette somme. Un marché de dupes car au moment où les candidats populistes montent dans les sondages, il menace implicitement et avec un cynisme suprême d'ouvrir les vannes de ses camps de migrants".

Campagne électorale

Le spectacle continue. C’est au tour du Parisien de publier des révélations, les versements des enfants Fillon sur le compte de leurs parents. Cruellement, le journal ressort des extraits d’interviews datant de 2012, François Fillon regrettant de ne pouvoir rouler dans une belle bagnole : "les électeurs ne le comprendraient pas". François Fillon, méditant sur le fait que sa vie aurait été plus simple en cas de réélection de Nicolas Sarkozy : "J’aurais fait des conférences à travers le monde et gagné beaucoup d’argent. Je suis toujours très épaté de voir ce qu’ont réussi à faire Blair et Schröder". C’est curieux, cette fascination des élites françaises de droite comme de gauche, pour des politiques qui ont libéralisé le marché du travail et prôné la modération salariale avant d’aller faire fortune auprès des grandes entreprises. D’ailleurs, à gauche, les héritiers du blairisme sont dans les affres du doute. Le Parisien nous annonce que Manuel Valls s’apprêterait à rejoindre Emmanuel Macron. Démenti immédiat. Mais comme l’explique Le Monde, ça ne se bouscule pas autour de Benoit Hamon. Le grand élan démocratique de la primaire fait pschitt.

Clause Molière

Le sujet est surgit dans la campagne. Comme nous le racontent Le Monde et Les Échos, certains élus mettent en place sur les chantiers une clause rendant obligatoire l’usage de la langue française, ou, à défaut, l’embauche d’un traducteur. Une façon détournée de lutter contre l’abus de travailleurs détachés. Mais une députée européenne LR, Elisabeth Morin-Chartier, co-rapporteur du projet de révision de la directive sur les travailleurs détachés, prévient contre "le piège du repli nationaliste". Dans son éditorial, Jean-Francis Pécresse s’en prend à ce "protectionnisme honteux". Certes, il admet qu’il est "de la responsabilité de nos dirigeants de protéger l’emploi local lorsqu’il est menacé par le dumping social". Mais le seul problème, c’est l’abus et la fraude. Et d’ailleurs, une carte d’identité professionnelle électronique sera bientôt en vigueur. Et un jour, la directive sera révisée. Manuel Valls promettait au mois de juin que la France refuserait de l’appliquer en l’état. Mais c’est loin, le mois de juin. Quelques pages plus loin, Les Échos consacrent une pleine page à la pénurie de main-d’œuvre dans les pays de l’Est. Le taux de chômage est de 3,4 % en République Tchèque, mais le taux d’emplois vacants est de 3,1 %. En 2016, le nombre de travailleurs partis à l’étranger a augmenté de 17 % par rapport à 2015. Pour les multinationales qui ont délocalisé à la recherche de salariés bon marché, c’est un problème. Ne reste que l’immigration. Hélas, le sujet est sensible en Europe de l’Est. Mais si la Turquie ouvre les vannes.

LGV

La LGV Ouest est célébrée par la presse. Mais il faut lire Libération pour comprendre que si les voyageurs gagneront un peu de temps, Vinci gagnera beaucoup d’argent, parce que les voies appartiennent au groupe privé qui percevra un droit de péage, et qui a obtenu de l’État la garantie de 33,5 allers-retours par jour. La SNCF a prévu de perdre 90 millions d’euros, d’ici au mois de décembre. D’autant que pour aider Alstom, elle a également commandé 15 rames duplex. Le contribuable renflouera.


C’est une nouvelle mode, paraît-il. Mais ça vaut tout de même une double page dans Libération. Des anonymes montent sur scène pour lire des extraits de leur journal intime. Ces quelques phrases pathétiques griffonnées sous le coup du premier émoi amoureux, puis du deuxième une semaine plus tard. Le but ? Faire rire. Tout en s’abîmant dans la contemplation de son petit moi, puisque rien d’intime ne doit le rester. On appelle ça des soirées Mortified. Cela dit, quand c’est réécrit par Gérard Davet et Fabrice Lhomme et que c’est titré un Président ne devrait pas dire ça, ça fait un tabac en librairie. Et la mortification est pour les électeurs.