Les bons comme les mauvais côtés de Noël sont à la une des quotidiens

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Ce qui occupe la plupart des Unes ce matin, c’est… Noël.

Pas de scoop, évidemment, mais à 48 heures du 24 décembre, on vous met doucement dans l’ambiance. L’Ardennais vous parle du repas, la Charente Libre de "Noël au boulot", La Voix du Nord vous emmène dans les relais-colis où "c’est la folie" et l’Humanité dans les entrepôts d’Amazon en Italie. Reportage à Piacenza, près de Milan, "avec les forçats de Noël d’Amazon". Alors, on se dit que "forçats", c’est exagéré, mais il faut lire les témoignages : celui d’Illaria par exemple, qui, à force d’emballer les articles dans des cartons, s’est vu diagnostiquer deux hernies cervicales et de graves problèmes articulaires.

D'autres parlent d’opération du canal carpien, mais aussi de malaises, de crises d’angoisses, de consommation d’antidépresseur, et surtout de démission à la pelle. Une autre image des lutins du père Noël. Sinon, pour ceux qui regardent la télé en attendant leurs cadeaux, Les Echos nous apprennent que les fictions de Noël cartonnent : 6,4 millions de téléspectateurs pour "Coup de foudre à Noël" sur TF1. Un succès que le directeur des programmes s’explique très bien : "parce que dans un monde perturbé, les téléspectateurs ont envie d’avoir des choses feel good et bienveillantes". Voilà, pas d’aigreur, que de la bienveillance.

On la trouve en Une du gratuit 20 minutes sur "ces bénévoles qui vont consacrer leur réveillon aux plus démunis" La Croix titre également sur "un Noël simple et sobre". "Certains feront don de leur présence et de leur attention aux plus isolés", écrit Dominique Greiner dans son édito, un cadeau bien dérisoire dira-t-on (…) mais raisonner en ces termes, c’est rester prisonnier d’une logique de performance et d’efficacité, la même qui relègue dans les marges les plus faibles. Pour être vraiment humaine, conclu La Croix, une société a besoin de personnes capables de gratuité…" Certes, c’est un journal ouvertement chrétien qui vous le dit, m’enfin pas besoin d’être croyant pour entendre ce message.

Et puis, l’autre titre ce matin, ce sont les indépendantistes catalans qui vont passer de bonnes fêtes puisqu’ils sortent majoritaire des élections.

En Une du Télégramme, de la Dépêche du Midi, du Huffington Post ou encore du Figaro : "Catalogne : le choc indépendantiste", "la victoire des séparatistes replonge l’Espagne dans la crise", ajoute le journal… De l’autre côté des Pyrénées, on sent l’angoisse dans l’édito du quotidien madrilène El Pais, qui parle "d’un futur incertain", mais qui se rassure en insistant sur le fait que "la communauté internationale, et en particulier l’Europe, a clairement fermé la porte à un projet sécessionniste".

Dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, Pascal Coquis parle, lui, de "fractures ouvertes, d’une Catalogne plus divisée que jamais, et engagée dans une voie sans issue". "Mais, paradoxalement", dit-il, "c’est peut-être cette configuration qui poussera le gouvernement espagnol à entamer un dialogue". Une analyse qui va dans le même sens que celle du catalan La Vanguardia En témoigne les mots de son édito, plaidant pour "une nouvelle culture politique, basée sur le dialogue et la transversalité. À certains, cela parait impossible", écrit le journal, "mais ça ne l’est pas… Il faut assumer : la priorité absolue, c’est de restaurer une coexistence. Et ça, ça ne se fera pas à coup d’injonction, mais avec un accord." Manière de tendre la main au Premier ministre, Mariano Rajoy… L’esprit de Noël peut-être, la lucidité face à l’impasse très certainement.

Et puis, à Noël, on envoie des lettres, des listes de souhaits. On en trouve une ce matin dans Libération, adressée au président de la République.

Oui, c’est celle de Raphael Pitti, médecin urgentiste et humanitaire reconnu qui proteste contre l’accueil des migrants, indigne des valeurs de la République. "La réponse de l’État n’est pas à la hauteur des enjeux", dit-il. "À qui fera-t-on croire que seules les personnes susceptibles d’obtenir un asile peuvent prétendre à recevoir un traitement non dégradant. Car les agressions que subissent ces gens sur notre sol sont dégradantes, tout comme ces besoins fondamentaux qu’on leur refuse : accès à l’eau, aux toilettes, à un couchage… On préfère les reléguer au statut d’ombre, dans les forêts et les montagnes, allant jusqu’à condamner ceux qui auraient la bienveillance de les secourir." Raphaël Pitti qui rappelle que le Président l’a promu, le 14 juillet dernier, officier de la légion d’honneur. "Vous m’aviez écrit, 'Félicitation, on continue', mais pour continuer, je ne peux accepter cette promotion et vous la restitue. Pour un bon Noël", conclut-il, je vous demande de suspendre toutes mesures coercitives et de mettre à l’abri les personnes en situation de fragilité. Il s’agit d’honneur."

Enfin, un nom fait la couverture de plusieurs magazines…

Oui, celui de Jésus. En Une par exemple de l’Express, avec un dossier de 32 pages sur le Christ vu par "les juifs, les musulmans, les athées et les francs-maçons". Le Figaro Magazine vous emmène également "sur les pas du Christ". On le trouve aussi en Une du supplément Livres du journal Le Monde : "qui était le Christ ? Jésus donne des nouvelles", titre le journal qui décortique une encyclopédie et plusieurs livres d’histoire qui viennent de paraître.

Et puis je vous conseille le dernier numéro du magazine National Géographic : "nouvelles révélations archéologiques : la véritable histoire de Jésus". 33 pages autour des dernières fouilles effectuées en Terre Sainte, des fondations d’anciennes synagogues à la découverte d’un cimetière sous le Saint-Sépulcre.

Mais, si vous voulez vraiment prendre du champ, on peut signaler aussi le vertigineux dossier de Science & Vie sur les trous noirs : "big bang, espace-temps, galaxies, ils sont à l’origine de tout", nous dit le mensuel… Imaginez deux secondes, d’après les dernières hypothèses, "le big bang pourrait être le fruit d’un trou noir primordial situé dans un autre univers d’où le nôtre aurait émergé". Ce qui veut dire qu’il y aurait, non pas un, mais plusieurs univers, reliés par un tissu de micro-trous noirs. L’exercice m’oblige à synthétiser mais Science & Vie vous explique tout ça sur neuf pages… Pour ceux qui n’ont pas peur de lever fébrilement la tête vers les étoiles et de se poser les questions qui hantent l’humanité : "que sommes nous, où sommes-nous, et quand sommes-nous ?". C’est pas forcément "feel good" mais ça vous fera un bon sujet de débat pour le réveillon… Bonnes fêtes à tous.