Législatives : la chambre aérée

  • A
  • A
La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

La presse quotidienne revient ce mardi sur l'arrivée des nouveaux députés à l'Assemblée nationale.

Bonjour Thomas, bonjour Julie et bonjour à tous

Ce matin en Une de vos journaux on accueille les petits nouveaux. Le Figaro : Le nouveau visage de l’Assemblée nationale. Libération : Législatives : la chambre aérée. La Dépêche du midi : Et maintenant à Macron de jouer. Mais le Parisien nous rappelle que le réel revient en force : Terrorisme : menaces à répétition. Où l’on se demande à quoi servent les fiches S puisqu’elles n’interdisent pas un permis de détention d’armes.

Législatives

A J + 2, les éditorialistes triturent encore et toujours les résultats. Chaque journal y va de son portrait de nouveaux députés, la start-uppeuse, le vétéran rocardien, l’ex-patron du raid, la responsable aux restos du cœur. Mais un peu de lucidité colore les jolis portraits. "Ils sont d’une fragilité jamais vue jusqu’ici, juge Jean-Marc Chevauché dans Le Courrier Picard. Ils ne savent pas si le peuple les a choisis."  Certes, comme l’estime Nicolas Beytout dans l’Opinion, "les conditions dans lesquelles la plupart d’entre eux ont été élus leur auront fait toucher du doigt ce que peut être l’efficacité en politique", mais au-delà d’une diversité qui risque d’inciter quelques défricheurs à tenter les chemins de traverse, Denis Daumin, dans La Nouvelle Répubique, identifie une autre faiblesse qui "tient à la sociologie de cette Assemblée où les cadres et décideurs éclipsent le reste de la société. Miroir, mon beau miroir. Ce visage souriant et lifté est-il la représentation du pays réel ou le portrait d’une France photoshopée ?" Dans Libération, Laurent Joffrin célèbre l’esprit managérial, ce mélange de pragmatisme libéral et d’optimisme tolérant, attaché d’abord aux résultats concrets. Certes, il évoque le risque de voir cette victoire du modernisme triomphant se changer en gouvernement impérieux des sachants, en une forme de tyrannie éclairée, masquée par le paravent de la compétence. Mais la tyrannie éclairée permet la défaite du "déclinisme lugubre", celui qui a le mauvais goût de se demander où sont les classes populaires.

Loi travail

Parmi les portraits de nouveaux députés, l’Opinion a choisi de mettre en avant ces patrons députés qui veulent tout dépoussiérer. Sur le dessin de Kak, Philippe Martinez, patron de la CGT, fait un malaise. Jean-Claude Mailly, de FO, glisse à Laurent Berger, de la CFDT : "Philippe vient de réaliser combien de chefs d’entreprise ont intégré l’Assemblée". 46 affichent sur leur CV le fait d’avoir créé une entreprise ou d’en être aujourd’hui encore le dirigeant. Dans ses plus beaux rêves, l’Opinion espère qu’ils vont, certes apporter un regard neuf aux politiques, mais surtout faire passer la réforme du Code du travail. Le site Bastamag rappelle que ladite réforme a un modèle : les réformes Hartz de Gerard Schröder. Un petit graphique permet de visualiser la proportion de travailleurs pauvres dans les plus grands pays d’Europe : 8,8% en France, 21,3 au Royaume-Uni et 22,5 en Allemagne. Mais bien sûr, un taux de chômage qui fait rêver. Peut-être aussi parce que les chômeurs de longue durée sont rayés des statistiques après 58 ans jusqu’à leur retraite à 67 ans.

Congélation d’ovocytes

Le Monde et Le Figaro expliquent que l’Académie de médecine vient de se prononcer pour son autorisation en dehors de toute prescription médicale. L’idée est de permettre à des femmes de congeler leurs ovocytes au moment où elles sont encore fertiles en prévision de la baisse de cette fertilité après 35 ans. Alors que la technique était jusqu’à présent réservée à des besoins médicaux, par exemple pour des femmes devant subir un traitement contre le cancer. Mais c’est le site Slate qui soulève un léger détail. Ces techniques de ponction et de congélation d’ovocytes après des piqûres d’hormones pour stimuler les ovaires sont non seulement très pénibles mais surtout très chères. Qui va payer  pour ce qui relève d’une problématique sociale et non pas médicale ?

On exerce le droit de suite dans cette revue de presse. Le journal 20 Minutes nous annonce que le cerveau de Saint Jean de Bosco, relique volée récemment avec son petit pot en or, a été retrouvé dans la cuisine du voleur, caché dans une théière. Un cerveau retrouvé, on ne peut que se réjouir, il y a tellement de nécessiteux.