Le socialisme dans tous ses états

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce matin sur les socialistes qui s'engagent comme Bernard Cazeneuve ou Manuel Valls.

Ce matin en Une de vos journaux, le socialisme est dans tous ses états.
Dans Libération, un ministre de l’Intérieur en mode fermeté et humanité : terrorisme, Calais, Sivens, Cazeneuve se met à table.
Dans Le Monde, un Premier ministre en premier opposant au Front national : le plan Matignon contre le FN.
Dans Les Echos, le même sur la réforme de la CSG : impôts : Valls cède aux pressions de la gauche.
Et L’Opinion : les socialistes européens sans boussole.

                                     

Migrants

C’est la Une du Figaro ce matin : la France en panne de solutions face à l’afflux de migrants.
Certes, il y a les pétitions de principe de Bernard Cazeneuve dans Libération expliquant que sur la question du droit d’asile, la situation est maîtrisée et que les procédures d’éloignement d’étrangers en situation irrégulière sont en hausse par rapport à 2014. Mais à lire les éditoriaux ce matin, on entend une autre musique.
Il y a ceux qui pointent la situation à Calais, comme Alain Dusart dans L’Est Républicain, expliquant que "des altermondialistes excitent les candidats à l’exil qui, pour la première fois, agressent la police".
Il y a ceux qui s’intéressent au Sommet de Malte et à la volonté de limiter l’immigration en provenance d’Afrique. "Pour ceux-là, écrit Didier Rose, dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace, un chèque doit inciter des pays à faire tampon. Au risque de bloquer des migrants dans des zones instables.
Et sur le plan éthique, de poser question. Les immigrés africains peuvent donc faire antichambre, tandis que passent des vagues de demandeurs d’asile syriens".
Dans La Nouvelle République, Bruno Bécard s’insurge : "Pourtant, la méthode d’une solution à long terme est connue : les riches doivent payer pour les pauvres en les aidant massivement à décoller au plan économique".
Mais dans Ouest France, Laurent Marchand exprime ses doutes sur cette externalisation par  l’Europe du problème migratoire : "La Commission Européenne met 1,8 milliard sur la table et espère être imitée par les États. A l’échelle d’autant de pays, ce type d’enveloppe a plus de chance de servir la logistique policière de régimes autoritaires que de traiter à la source la grande question du développement".

Politique étrangère

C’est bien notre diplomatie qui est en cause, en Afrique ou au Moyen-Orient. Un article la décrypte dans le dernier numéro de Causeur. Pour ceux qui veulent revenir sur le débat autour des intellectuels réactionnaires, la Une est un hommage aux nostalgiques de Trust : anti raciste, tu perds ton sang-froid. Mais un article nous raconte comment de Nicolas Sarkozy à François Hollande, c’est la même politique néo-conservatrice qui prévaut depuis une décennie en France. Un dogmatisme, nous dit Hadrien Desuin, qui a poussé Laurent Fabius à enfiler les chaussons du couple Sarkozy-Kouchner, lequel avait brandi la menace d’une guerre contre l’Iran. Des positions qui lui ont attiré les faveurs de Benyamin Netanyahu et celles de l’Arabie Saoudite mais qui ont fini par gêner même les Américains. Bilan des courses, Hassan Roani a accepté que Laurent Fabius se rende à Canossa, c’est-à-dire à Téhéran, mais il n’a pas été autorisé à emmener dans ses bagages un seul grand patron français. Laurent Fabius se concentre donc sur la COP21. Vive la COP21.

Accident du travail

C’est un article dans Libération qui alerte sur de récents accidents du travail chez Arcelor Mittal. Quatre morts en un an. Trois d’entre eux étaient des intérimaires. Il y en a 3.000 sur les 6.000 employés du site de Fos-sur-Mer, classé Seveso. Des employés ultra-précaires, peu formés dans des usines où l’on côtoie en permanence le danger, mais qui acceptent les missions par peur du chômage. On se souvient alors des témoignages de ces ouvriers des aciéries de Lorraine racontant la solidarité dans les hauts fourneaux née de l’habitude de côtoyer la mort ensemble.

Standardiste de l’Elysée

Lui, il est tout seul, mais vous pouvez l’appeler, il répondra. Il s’appelle Gérard Duboisset, et Le Parisien lui consacre une page. Il est le standardiste de l’Elysée. Et depuis 32 ans, il répond toute la nuit aux appels, des plus officiels aux plus farfelus. Il y a ceux qui veulent protester, ceux qui se plaignent d’une coupure d’électricité, ceux qui finissent une soirée un peu éméchés. Et puis il y a sa hantise, les imitateurs et autres spécialistes des canulars. Du coup, il est méfiant et vérifie les numéros. Gérard Duboisset a les 06 du gratin de la République et des dirigeants étrangers. Mais quand Mohamed VI change de numéro de téléphone, il patiente comme tout le monde le temps de faire les vérifications nécessaires. Mais ces derniers temps, nous dit l’article, François Hollande doit réconforter ses standardistes : matraquage fiscal, chômage record, ils sont en première ligne, et visiblement, la courtoisie se perd.

Mission to Mars

Pour retrouver un peu de sérénité, on peut choisir la planète Mars. VSD consacre un portrait à Kellie Gérardi. Elle a 26 ans, elle est jolie, impeccablement maquillée, et elle s’est mariée en septembre dernier. Pourtant, elle espère bien quitter son mari dans une dizaine d’années. D’ailleurs, il est d’accord. Ils sont tous les deux fascinés par l’exploration spatiale et elle a postulé auprès d’une entreprise privée, Mars One, qui prétend organiser la colonisation de Mars. Un voyage sans retour dont elle rêve parce que le Soleil disparaîtra, parce que nous serons détruits avec des armes nucléaires, que des maladies infectieuses nous auront éliminés… Son mari, lui, est trop grand et trop claustrophobe pour envisager le voyage, mais peu importe, c’est la dernière frontière qui reste à l’humanité. Alors il faut bien des pionniers.

Entreprise : performance ou pur hasard ?

Le site Slate rend compte d’une étude publiée sur le site Forbes et consacrée à la performance des chefs d’entreprise. Le résultat est quelque peu perturbant. En fait, plus de 70% des performances d’une entreprise seraient dus au hasard. Le coup de bol par exemple d’un fabricant automobile qui bénéficie de la bourde de Volkswagen et de ses filtres trafiqués. Bref, rien à voir avec le flair ou la prise de risque. L’étude montre tout de même qu’un bon manager est celui qui installe une culture d’entreprise propre à profiter de ces hasards. Mais finalement, si l’on n’est pas très doué pour rassembler, fixer un horizon, il n’y a plus qu’à croiser les doigts en espérant l’inversion d’une courbe. Tous les dirigeants en sont là.