Le Président est occupé, il parle à la presse

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce mercredi sur les extraits du livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme sur François Hollande, publiés dans Le Parisien.

Ce matin en Une de vos journaux il y en a sept d’un côté et un de l’autre.
Les sept sont en Une de Libération : Primaire à droite, le jeu des 7 différences.
Dans l’Express, c’est Petits meurtres en amis.

En face, François Hollande.
Aujourd’hui en France nous parle de ses confidences explosives,
Le Figaro de sa politique étrangère pas vraiment explosive : Paris-Moscou : Le coup de froid.
Le Canard Enchaîné résume : Poutine propose un accord secret à Hollande : Toi bomber le torse, moi bomber Alep.

France / Russie

"J’te disais que cette démarche ne s’imposait pas. Aujourd’hui, les diplomates prendraient plutôt le pas sur les hommes d’action". C’est Jean-Dominique Merchet qui cite, dans L’Opinion, l’immortel dialogue des frères Volfoni dans les Tontons flingueurs. "Entre François Hollande et Vladimir Poutine, nous sommes en pleine scène de la cuisine, mais cela ne fait rire personne. Évoquer, comme l’a fait François Hollande en visant le Kremlin, les crimes de guerre et la Cour pénale internationale, c’est un discours de directeur d’ONG, pas de Chef d’État. La diplomatie ne consiste pas à dialoguer uniquement avec ses amis : sa raison d’être est de parler avec tous ceux qui comptent, fussent-ils peu aimables". Le résultat, Patrick Saint-Paul l’expose dans Le Figaro : "Voici Vladimir Poutine poussé un peu plus loin dans sa propre logique", celle d’une entente au sein d’un nouvel axe du mal, Syrie, Iran, Turquie, et tout au bout, la Chine. "Pendant que Paris joue aux dames, Moscou joue aux échecs".

François Hollande

Le Président est occupé, il parle à la presse. Le Parisien publie des extraits du livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Comme le résume cruellement Donat Vidal Revel : "Napoléon convoquait David pour immortaliser son sacre. François Hollande se rend chez des journalistes pour soigner sa sortie". Un Président obsédé par la peur qu’il ne reste rien de son mandat et qui ose : "J’aimerais que l’on dise de moi, puisque c’est la vérité, que j’ai été courageux". Mais ce sont plutôt les preuves de son impudeur qui transparaissent à travers ses épanchements sur ses femmes. Et puis il y a les inévitables méchancetés. Les Verts ? "Des cyniques et des emmerdeurs". Nicolas Sarkozy ? Il en est obsédé au point d’être intarissable sur "sa grossièreté, sa méchanceté, son cynisme". L’équipe de France ? Il lui donnerait bien des cours de musculation du cerveau. Les juges ? Une institution de lâcheté. Et puis il y a cette façon de parler si légèrement de sujets cruciaux : "Qu’il y ait un problème avec l’Islam, c’est vrai, nul n’en doute". "Je pense qu’il y a trop d’arrivées, d’immigration qui ne devrait pas être là". Il y a quelque chose de gênant à voir ce Président préférer se répandre auprès de journalistes plutôt que de prononcer ce genre de phrases devant les citoyens. Courageux, vraiment ?

Mourir pour renaître

C’est une pratique qu’on découvre dans Néon et qui est en vogue en Corée du Sud : simuler ses propres obsèques, mettre en scène sa propre mort pour devenir le héros de sa vie. Des couples, des groupes de collègues se lancent dans cette étrange cérémonie. On rédige ses dernières volontés, un message à ses proches et on prend place dans un cercueil. Un quart d’heure durant lequel certains craquent et demandent à être délivrés. Mais un businessman en costume-cravate constate que c’est là qu’il a oublié tous ses soucis. Visiblement, c’est plus efficace que de s’épancher auprès des journalistes.


Libération nous raconte l’histoire de ces jeunes gens du Val de Marne soupçonnés de quatre braquages. Samedi, ils ont été placés en détention. Ce qui les a perdus ? Un clip de rap mis en ligne sur Youtube qui mettait en scène des munitions, des billets de banque, et une des armes utilisée lors d’un des braquages. Il a suffi aux enquêteurs d’identifier les sympathiques artistes. Quand on en est à voir le Premier Ministre promettre aux policiers des tenues ignifugées et des grilles anti-caillassages pour leur éviter de se faire massacrer, finalement, la seule chose qui nous protège c’est la stupidité et le narcissisme de certains voyous.