Le gouvernement se met au travail

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Le travail et la Loi travail sont au cœur des préoccupations des éditorialistes. 

Bonjour Thomas, bonjour Julie et bonjour à tous

Ce matin en Une de vos journaux le gouvernement se met au travail : Les Echos : Réforme du code du travail : les premières décisions. Le Figaro : Loi travail : Macron mise sur la neutralité des syndicats. Libération : Contrat de travail : ma vie en CDD.

Des réformes pour modeler la France.

Connaissez-vous le Fmic ? La fortune minimale pour intégrer le classement des Français les plus riches. On évoquait hier ce classement du magazine Challenges. L’Humanité nous rappelle qu’en 1 an, si le Smic a augmenté de 0,93%, le Fmic a bondi de 30%. En 20 ans, le patrimoine des 10 plus grosses fortunes françaises a été multiplié par 12 quand le PIB n’était multiplié que par 2. Pendant ce temps dans Les Echos, l'éditorialiste Jean Francis Pécresse s’insurge contre les mensonges du budget 2017 préparé par François Hollande et Michel Sapin. Il manque 8 milliards dans des comptes validés par Pierre Moscovici, commissaire européen.

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, annonce donc des décisions difficiles pour ramener le déficit à 3% du PIB mais, comme l’écrit l’éditorialiste : "Emmanuel Macron lui-même ne peut pas feindre d’être tombé de l’armoire en lisant l’audit de la Cour des Comptes. Il ne pouvait pas ignorer que les promesses fiscales de François Hollande seraient en partie infinançables." Il va donc falloir racler les fonds de tiroirs. Certains s’inquiètent. Le Figaro publie un article sur le lourd chantier de modernisation de la dissuasion nucléaire. Pour rester crédible, la France doit engager des efforts sur 15 ou 20 ans. Très loin du temps médiatique et politique.

Unanimité

On ne parle pas de l’accueil réservé aux premières ébauches de la loi travail même si, dans Le Monde, Jean Claude Mailly juge que "la concertation va dans le bon sens." Les témoignages, dans Libération, de ces Français vivant avec des contrats saisonniers, à durée déterminée, traités comme des variables d’ajustement, suffit à relativiser l’unanimité en la matière. D’ailleurs, plus qu’unanimité, le mot du jour serait absolutisme. C’est celui qui revient pour qualifier non seulement la volonté d’Emmanuel Macron de prononcer un discours devant le Congrès la veille du discours de politique générale du Premier ministre, mais aussi l’attitude du parti présidentiel à l’Assemblée.

Pour le Congrès : "Manque de politesse et de respect", tacle Stéphane Siret dans Paris Normandie, "humiliation", pour Michel Urvoy dans Ouest France. "Emmanuel Macron veut faire de Versailles un rendez-vous solennel annuel, copie conforme du discours sur l’état de l’Union prononcé chaque année devant le Congrès par un président des Etats Unis où la fonction de premier ministre n’existe tout simplement pas", résume Dominique Garraud dans La Charente Libre.

Mais Aujourd’hui en France s’intéresse surtout au hold-up à l’Assemblée Nationale. L’élection de Thierry Solère au poste de questeur pose problème. La tradition veut que l’un des 3 questeurs soit choisi parmi l’opposition. "Parmi les groupes minoritaires", rectifie l’intéressé. Les Constructifs sont bien minoritaires, mais totalement acquis au pouvoir majoritaire. La véritable opposition est effarée par l’absence de respect des règles. Pendant ce temps, l’Opinion analyse les futurs statuts de LREM et conclut : Macron se taille un parti à sa mesure. Histoire qu’il n’y ait pas non plus d’opposition interne.

Misère de la police

Les restrictions budgétaires, Aujourd’hui en France les incarne dans  le témoignage d’un officier de police judiciaire sous couvert d’anonymat. "J’en ai ras la casquette. Si j’étais jeune flic, je ferais autre chose. Avant, on était sur le terrain en permanence, à chasser le voyou, aujourd’hui on est dans un bureau. La moitié de notre activité est consacrée à la paperasse. La charge procédurale a triplé, et, du même coup, le risque de vices de forme. Vous passez votre temps à notifier à un individu ses droits comme si vous vous excusiez de l’avoir placé en garde à vue. Le reste du temps, on le passe à la recherche d’un stylo, d’une ramette de papier, d’une voiture."

Au départ, c’est un jeune rappeur qui tourne au stade Vélodrome une vidéo de promotion d’un festival avant le concert prévu le soir à Marseille. Mais Slate nous raconte que Vald est un provocateur. Sur la vidéo, il chante vêtu d’un tee-shirt du PSG. Le concert se passe sans problème mais la mairie proteste et la société de gestion du stade menace de porter plainte. La vidéo est supprimée. On censure un artiste, non pour des propos incitant à la haine, mais pour un vêtement qu’il porte. La volonté d’hégémonie se porte bien: une seule couleur dans un stade, un hémicycle.