Le bal des débutants à l’Assemblée nationale

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce mardi sur la rentrée attendue des nouveaux députés à l'Assemblée nationale.

Ce matin en Une de vos journaux on n’en finit pas de s’extasier sur la nouveauté :
Le Figaro : Assemblée : baptême du feu pour les marcheurs.
Aujourd’hui en France : Le bal des débutants à l’Assemblée.
La Croix : Mesdames les députées.

Et puis, on découvre à quoi peut ressembler un journal dont la direction n’a pas su arbitrer entre deux sujets. Il y a le tollé provoqué par l’instauration du tirage au sort pour continuer à ne pas sélectionner selon le niveau scolaire à l’entrée des facs, et le cafouillage gouvernemental autour des pesticides tueurs d’abeilles. En Une de Libération, ça donne : Tirage au sort à la fac : bad buzzzz, avec des petites abeilles autour.

Néonicotinoïdes

Certes, les éditorialistes soulignent à quel point l’arbitrage est tombé rapidement. "Les abeilles n’auront frôlé le pire qu’une heure à peine", constate Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées. Mais les plus lucides préviennent, comme Christophe Lucet dans Sud-Ouest : "Derrière ces braves abeilles, se profilent aussi quelques belles couleuvres qu’il faudra bien avaler sans s’étrangler". D’autant que certains en profitent pour fustiger le combat lui-même. Dans l’Opinion, Nicolas Beytout, par un étrange retournement, oublie que l’interdiction pour 2018 relevait d’un compromis remis en cause en sous-main par la FNSEA et l’industrie chimique et fait de Nicolas Hulot un intransigeant qui ne comprendrait pas le principe de synthèse nécessaire à la politique. Dans Les Échos, c’est David Barroux qui nous explique qu’il est urgent de ne rien faire : "Si les pesticides sont mauvais, les interdire sur notre territoire ne règle rien ou presque. Les méfaits qu’ils peuvent causer arriveront par les airs ou sous forme de produits bruts ou transformés dans l’hexagone. La France donne des leçons de morale à l’Europe et pénalise ses agriculteurs. Les interdire seulement à Paris, c’est vouloir faire croire que la France est un exemple et que nous avons souvent raison seuls quand tous les autres auraient tort ensemble". Conclusion, continuons à empoisonner les abeilles et les paysans puisque les autres le font. Le Monde, de son côté, publie la feuille de route transmise par Nicolas Hulot à Matignon et dans laquelle il propose au gouvernement un projet de société articulé autour de l’écologie. Ambitieux programme. Et qui nécessitera de fâcher quelques lobbies. Pour l’instant, un départ de Nicolas Hulot serait trop coûteux politiquement.

Financiarisation de l’économie

Derrière les arbitrages politiques, il y a le système économique. Les Échos et Le Figaro nous annoncent que le géant de l’agroalimentaire Nestlé est sous la menace d’un fond activiste. Un fond d’investissement qui a racheté pour 3,5 milliards d’actions, soit 1% du géant suisse, et qui fait désormais pression pour modifier la politique du groupe en réclamant un retour sur investissement plus substantiel pour les actionnaires. Il exige des ventes d’actifs et une amélioration sensible des résultats. Son directeur, Daniel Loeb, voit en Nestlé une belle endormie qu’il s’agirait de réveiller. Traduction : lui faire cracher du cash. Dans le cas d’une entreprise agroalimentaire, cela signifierait augmenter les marges, donc payer moins les producteurs et faire baisser la qualité. Dans Les Échos, Guillaume Maujean qualifie ce genre de fond de nouveaux barbares. Toutes les entreprises sont des cibles.

Un cycliste philosophe

C’est un portrait dans Libération, celui d’un jeune coureur qui sera en juillet sur le Tour de France. Guillaume Martin, 24 ans, est également l’auteur d’un mémoire de Master 2 en philosophie intitulé : Le sport moderne : Une mise en application de la philosophie nietzschéenne. Une mère comédienne, un père prof d’aïkido qui transformait chaque situation de la vie courante en défi : "Il faut scier plus vite ce bout de bois ! Les frères Pétochin ont déjà 30 secondes d’avance sur nous". L’existence des Pétochin est une pure invention mais Guillaume Martin les défie avec beaucoup d’abnégation. A travers Nietzsche, il retrouve le plaisir de la confrontation, le désir d’affirmation de soi qui font l’essence du sport et incite, contre le dopage, à retrouver les limites naturelles du corps humain. Mens sana in corpore sanum.


Les chercheurs sont des farceurs. Le Figaro nous raconte que certains fêtent Pâques tous les jours. En récoltant toutes sortes d’œufs, ils ont pu étudier leur forme et comprendre enfin pourquoi ils ont cette forme si particulière. En fait, c’est une question d’aérodynamique. Comment avoir le plus grand volume tout en n’entravant pas le vol ou la course de l’animal. Conclusion, l’œuf et la poule sont nés en même temps. Un peu comme le lobbying et l’impuissance politique, l’économie financiarisée et la crise démocratique. En même temps.