La vague Macron épate le monde

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient évidemment ce lundi sur les résultats du second tour des élections législatives.

Ce matin en Une de vos journaux, le triomphe, mais…
Les Échos: Le pari gagné.
Le Figaro: Après l’Élysée, l’Assemblée.
Libération: L’emprise du milieu.
La Croix: la vague Macron épate le monde.
L’Humanité: Carton plein et urnes vides pour Macron.

Législatives

Nouveauté dans la langue française, ce scrutin voit apparaître le superlatif tempéré. La Croix : "Emmanuel Macron a enregistré un succès remarquable. Ce triomphe est pourtant en trompe-l’œil". L’Humanité : "Emmanuel Macron détient les pleins pouvoirs à l'Assemblée, mais le pays ne les lui a pas accordés". Dans Le Figaro, Alexis Brézet choisit aussi la réflexion en deux temps : "Jamais Président n’aura eu vis-à-vis de sa majorité les mains aussi libres. Ajoutons à cela qu’une large partie des médias est culturellement acquise au mélange de libéralisme économique et de progressisme sociétal qu’il a professé durant la campagne ; que pour les milieux économiques, son élection est une bénédiction ; qu’il bénéficie enfin d’un a priori favorable dans la haute administration. Attention cependant ! En dépit des apparences, il n’aura pas la tâche facile car si Emmanuel Macron a en main toutes les cartes du jeu institutionnel, il lui en manque une, décisive : l’adhésion populaire". Dans l’Opinion, Nicolas Beytout cite un dirigeant socialiste broyé au premier tour des législatives : "Le génie d’Emmanuel Macron a été de transformer la colère des Français en optimisme". Reste un défi redoutable, ajoute-t-il : "redonner à ceux qui ne s’estimeront pas légitimement représentés des raisons de croire que ce n’est pas un camp minoritaire qui a gagné contre le reste du pays".

Débat économique et débat sociétal

Dans Libération, Laurent Joffrin s’inquiète de voir à l’Assemblée la gauche ramenée au minimum. "La tentation se fait jour pour les macronistes de droitiser leur politique pour neutraliser leur principaux opposants. Ni droite, ni gauche : ce fut le mantra de la campagne. Le macronisme va-t-il se doter sans le dire d’un nouveau slogan : ni gauche, ni gauche ? Ce serait un détournement de votes". Il faut dire que dans Le Figaro, Nicolas Baverez, le contempteur du modèle français, condamné au déclin face au modèle anglo-saxon puis face au modèle allemand puis face à la mondialisation en général, ne cache pas sa joie : la libéralisation du marché du travail, la normalisation de l’environnement règlementaire, fiscal et social des entreprises sont en marche. Mais juste à côté, Gilles William Goldnadel fait entendre une autre voix. Lui qui penche très franchement à droite considère que son camp a perdu parce qu’il a abandonné les questions sociétales : immigration, terrorisme, notamment sous la pression des médias. "Cette idéologie optimiste qui voudrait faire croire que l’histoire est magique ne pouvait, dans ce contexte médiatique, que l’emporter sur ceux qui savent combien elle est tragique". Ce que la Une de Causeur résume à sa façon : le multiculturalisme contre les femmes.

Transhumanisme

C’est un autre domaine où le progressisme s’affiche optimiste. Vaincre la mort, améliorer l’homme. Causeur y consacre un dossier exposant les différents points de vue. Ceux qui rêvent d’un utérus artificiel libérant les femmes de la grossesse, source d’aliénation, et ceux qui rappellent qu’il n’est pas anodin que ce soient les multinationales du numérique qui se passionnent pour ces sujets. Des multinationales qui utilisent déjà les algorithmes pour anticiper nos goûts, nos choix, nos orientations politiques. "L’utopie technoprogressiste, écrit Daoud Boughezala, projette un monde aseptisé où les tics, la dépression et la colère deviendraient remédiables par des implants cérébraux. Là réside l’un des dangers majeurs du transhumanisme : considérer l’humain comme une simple matière". Une matière manipulable à l’envi.


Peut-on citer des films ou des chansons dans une copie du bac ? Que ceux qui ont tenté le coup aillent lire l’article de Louise Tourret sur le site Slate. Évidemment, le sujet d’imagination en français incite les élèves à toutes les audaces. Mais entre un prophète de Jacques Audiard et Star Wars, il y a un monde. Cette année, la question : pouvait-on citer les rappeurs de PNL, auteurs d’une chanson intitulée "Recherche du bonheur" ? Le sujet en série technologie était en effet : "Pour trouver le bonheur, faut-il le rechercher ?" Mais il paraît que le grand classique sur la question, c’est : "ll en faut peu pour être heureux", la chanson de l’ours Baloo dans Le livre de la jungle de Disney. Pour le coup, les professeurs estiment qu’il vaut mieux éviter. Cela dit, en politique ça marche très très bien.