La peur de la communauté chinoise sera-t-elle récupérée par le FN ?

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Les Chinois qui vivent sur le territoire français sont de plus en plus nombreux à se plaindre de violences ciblées.

Ce matin en Une de vos journaux il y a d’abord les constats.

Le Figaro : "Immigration clandestine : les expulsions en chute libre." Nord Littoral, "Jungle : les annonces de Cazeneuve en exclusivité."

Alors on se rassure. L’Opinion : "Marine le Pen : la stratégie du trou de souris." Avec le dessin de Kak, Florian Philippot brandissant ses sondages : "Si j’ai bien compté, tu as autant de chance de gagner le second tour que Hollande de passer le premier".

Mêmes causes, mêmes effets ? Le Monde : "Etats-Unis : Trump campe sur sa ligne anti-immigration."
Gabon
C’est la Une de L’Humanité : Les soubresauts d’un régime né de la Françafrique. Mais le site Slate nous raconte que la bataille s’est aussi déroulée sur Wikipedia. La page francophone consacrée à la province du Haut Ogooué qui, d’habitude, n’attire pas les foules, a fait l’objet de 108 modifications le 31 août. En cause, les chiffres de la population. Après une farouche bataille éditoriale, un internaute s’est finalement appuyé sur un recensement officiel. Mais on y apprend que la province a vu sa population augmenter de 140% en 20 ans alors que la moyenne du pays est de 78%. La famille Bongo soigne son réservoir de voix depuis déjà longtemps.
Chinois à Paris
Comme régulièrement, Libération fait une place aux photographes. Laurent Troude a donc promené son objectif parmi les boutiques et les étals des quartiers chinois de Belleville et d’Aubervilliers. L’article nous raconte l’amertume de ces immigrés ou descendants d’immigrés qui se sentent oubliés. "Nous voulons que nos femmes et nos enfants n’aient pas peur de rentrer seuls. La sécurité pour tous, ça veut dire que l’on souhaite vivre comme n’importe quel Français."Un sexagénaire raconte : "Lorsqu’on porte plainte, on nous fait attendre encore et encore. Parfois, notre agresseur sort avant nous du commissariat." L’article décrit un calvaire : les humiliations, les rackets, le racisme permanent. Et cette phrase édifiante du maire d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui : "Ce que l’on redoute, c’est que les agressions tournent au conflit communautaire. Il ne faudrait pas que la communauté asiatique en vienne à se rebeller ou à pointer du doigt d’autres communautés." Parce que le problème est là, nous dit Libération : certains commencent à nommer les agresseurs. Et le FN serait en embuscade. Et c’est visiblement ça le plus grave, bien plus que des gens qui vivent dans la peur.
Taxe obésité

Axel de Tarlé l’évoquait tout à l’heure dans Le Kiosque, Les Echos et L’Opinion nous racontent les initiatives de la Direction du Trésor pour lutter contre l’obésité. Comme on est à Bercy, on calcule les coûts. 22,1% de la dépense de santé, 12,8 milliards de coût social (une fois qu’on a pris en compte les économies que peuvent représenter pour les retraites les trois à huit ans d’espérance de vie en moins). Et comme on est à Bercy, la solution envisagée, c’est une taxe. Mais cette fois, on ciblerait un nutriment plutôt qu’un produit (comme les sodas ou le Nutella), on fixerait un taux suffisamment élevé et on y adjoindrait une prestation sous condition de ressources pour restaurer le pouvoir d’achat des plus modestes, proportionnellement plus touchés par l’obésité. "Voilà une mesure qui irait dans le sens de la simplification", ironise L’Opinion. Bref, Bercy fourmille d’idées. Malheureusement, ce n’est pas le cas de la Rue de Grenelle. Eduquer les enfants au goût, leur apprendre à nommer leurs sensations, à décrire ce qui, dans une pomme, nous parle d’histoire et de géographie, leur donner la culture qui permet de résister aux injonctions publicitaires, ça ne vient pas à l’idée des penseurs du ministère de l’Education Nationale.
Révolution dans le couple
Le Parisien lance un titre en forme de provoc' : "Oui, les femmes aiment les jeunots, et alors ?" 13,9% des femmes de 30 à 59 ans vivent avec un compagnon plus jeune. Et la proportion grimpe à 16,2% au sein des unions nées dans les années 2000. Mais fallait-il nous ressortir le mot "couguar" ? D’autant que ce sont les plus âgées, celles qui, devenues veuves, se remettent en couple, qui sont les plus nombreuses à choisir un compagnon plus jeune. A 92 ans, c’est une sur deux. Alors, si elles veulent rêver un peu, il y a la Une du Parisien Magazine avec Pierre Niney.
Society nous propose une nouvelle liste de 100 bonnes raisons. Cette semaine, 100 bonnes raisons de devenir président. Parce qu’on a changé. Parce qu’on est soutenu par Doc Gyneco. Pour abolir la Fête de la Musique. Parce que notre coiffeur veut gagner plus. Parce qu’il paraît qu’Alain Minc fait une superbe blanquette. Pour pouvoir raccrocher le téléphone et dire : non rien, c’était Jean d’Ormesson qui nous réinvitait à dîner. Ça doit être pour ça qu’ils sont aussi nombreux. La blanquette d’Alain Minc, ça motive plus que la qualité de ses intuitions politiques.