La fierté espagnole défile à Barcelone

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, la vague de drapeaux rouge et jaune dans les rues de Barcelone.

Avec la manifestation hier de ceux qui ne veulent pas de l’indépendance. Tous brandissent deux drapeaux, tous deux rouge et jaune, celui du royaume d’Espagne et celui de la Catalogne.
On les retrouve en Une de Ouest France, du Télégramme ou encore de La Croix qui donne la parole à cinq artistes et écrivains espagnols sur la question.

"Les antis se réveillent" titre Libération.
"La fierté espagnole défile à Barcelone" ajoute le journal de Perpignan, l’Indépendant Catalan.

Pour le Figaro, c’est "Le sursaut des partisans de l’unité", le journal qui prend parti sans hésiter pour Madrid : "basta !" lance Arnaud De La Grange dans son édito, espérant que "le cri d’alarme des milieux économiques puissent calmer les ardeurs indépendantistes".

Dans Midi Libre, on est plus prudent. Reportage dans les Pyrénées Orientales, en Catalogne du Nord où la population hésite entre sympathie et inquiétude pour leur voisin.
Jean-Luc Pujol, fondateur du parti "oui au pays Catalan" résume : "une bonne partie des gens ici sont prêt à défendre leur identité, mais sans pour autant vouloir sortir de l’état français".
Une explication peut être : "Si la Catalogne est la région la plus riche d’Espagne, conclue le journal, les Pyrénées-Orientales comptent parmi les départements les plus pauvres de France".

Autre thème en Une de la presse : le mal-être au travail.

Oui puisque la semaine du bien-être au travail commence aujourd’hui et de nombreux journaux s’emparent du sujet… C’est le dossier du Progrès et de l’Alsace.
Pour l’illustrer, en Une du Dauphiné Libéré, on voit un homme en chemise cravate derrière un bureau rempli de dossiers, il a enlevé ses lunettes et se frotte les yeux, tête basse. Mais à lire la légende de la photo, ce n’est pas tant le mal être des salariés qui est au cœur du sujet.
"Absentéisme, maladie, burn-out. Ces symptômes coutent cher aux entreprises", écrit le journal.
Même chose en Une du Républicain Lorrain qui titre sur « la facture salée du mal être au travail", "un salarié démotivé, c’est d’abord un salarié moins productif". En page 2, le quotidien explique que pour l’entreprise, le cout du mal-être par salarié et par an est de plus de 10.000 euros.
Interview de l’économiste, Jean-Claude Delgenes qui rappelle que c’est surtout sur la Sécurité sociale que cela pèse. "Il faudrait que les entreprises s’engagent sur la qualité de vie au travail, dit-il, mais on en est encore loin la première urgence des managers, ça reste l’hyper-concurrence".

Sinon, pour être en bonne santé et avoir la super-pèche, essayez d’être chef. C’est le conseil de Science &Vie qui explique, graphique à l’appui, que plus l’on est haut placé dans la hiérarchie, mieux on se porte.
"Les études Whitehall menées en Grande Bretagne depuis 50 ans sur des milliers de fonctionnaires l’attestent, écrit le mensuel, le directeur est en général en meilleure santé que le chef de département, lui-même en meilleur santé que le chef d’équipe, et ainsi de suite jusqu’en bas".

Pourquoi ? Principalement à cause du stress explique l’épidémiologiste, Cyrille Delpierre : "quand vous avez une hiérarchie très forte au-dessus de vous, une pression pour rendre des rapports à telle heure et que vous n’avez pas le choix, vous êtes en situation de stress, avec un rythme cardiaque plus élevé, ce qui finit par user l’organisme et affaiblir le système immunitaire".

Un processus que confirment de nombreuses études, toutes recensées donc dans ce dossier de 4 pages de Science & Vie.

Enfin, un visage fait la Une de plusieurs quotidiens, celui D’Ernesto Guevara.

Oui, puisque le compagnon de guérilla de Fidel Castro est mort il y a 50 ans tout juste, le 9 octobre 1967.
Hier, Cuba lui a rendu hommage. C’est l’image du jour retenue par la Voix du Nord, où l’on voit un groupe de cubaines agitant toutes la même photo du Che devant le complexe où sont enterrés ses restes, à Santa-Clara.

Guevara en noir et blanc en Une de l’Humanité ce matin. Cahier spécial de huit pages pour retracer "le parcours mythique d’un homme qui a consacré sa vie à la justice sociale et à la solidarité".

Avec ça, "Que reste-t-il du Che ?", demandent en Une les Dernières Nouvelles d’Alsace.
"Que reste-t-il de la révolution cubaine", préfère Le Monde Diplomatique, qui propose un reportage éclairant sur Cuba aujourd’hui. Renaud Lambert raconte les conséquences de "l’actualisation du socialisme" voulu par Raul Castro.

Il décrit ces restaurant privés, bourrés de touristes, où le mojito coute la moitié d’un salaire cubain, La Havane qui découvrent ses premiers embouteillages, ces pancarte "à vendre" sur les fenêtre des immeubles depuis que la vente est autorisé.
Un chiffre résume tout : 30% de la population travaille dans le privé.
"On ne compte plus le nombre de titulaires d’un diplôme d’ingénieur qui travaillent comme serveur ou qui émigre, écrit le journal. Commentaire de Javier, ingénieur en physique nucléaire devenu chauffeur de taxi : « hier c’est l’URSS qui finançait nos conquêtes socialistes, aujourd’hui ce sont les touristes et les auto-entrepreneurs ! Il nous faut donc encore plus de marché pour sauver notre révolution".

"Ernesto Guevara reconnaitrait-il sa terre d’accueil ? se demande le journaliste qui conclue qu’à Cuba, « socialisme ou pas, le combat continue".
Comme un clin d’œil un peu las à ce que disent tous les t-shirts et autre tasse à l’effigie du Che, jusqu’à la victoire, "Hasta la victoria siempre".