La droite resserre les rangs derrière François Fillon

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient une nouvelle fois ce mercredi sur l'affaire Fillon réenclenchée par la sortie du Canard Enchaîné.

Ce matin en Une de vos journaux c’est reparti pour un tour.

Le Canard Enchaîné poursuit son feuilleton : Il repart au combat après avoir pris un coup dans l’estomac : une preuve de plus que Fillon sait encaisser.
Le Figaro : La droite resserre les rangs derrière François Fillon

Pendant ce temps, Le Parisien est allé à la rencontre de Théo, agressé par des policiers, et qui lance, depuis son lit d’hôpital, un appel à la paix. Avec ce dessin de Ranson : deux policiers qui lancent : "Tous les policiers ne sont pas des brutes". Deux élus qui renchérissent : "Tous les hommes politiques ne sont pas corrompus". Deux garçons qui ajoutent : "Tous les jeunes ne sont pas des délinquants". Et un couple qui observe : "Tout n’est pas faux là-dedans".

Fillon

La routine. "Nous sommes mercredi, c’est le jour du Canard", ironise Denis Daumin dans la Nouvelle République. "Le tremblement de terre qui secoue la vie politique est si violent, ajoute Jean-Louis Hervois dans la Charente Libre, que le renvoi devant la justice d’un ancien Président de la République passerait presque inaperçu". Mais on s’intéresse surtout aux journalistes. Jouent-ils le jeu d’officines ? Le Canard publie une chronologie pour prouver que personne ne lui a apporté, clés en main, le dossier Fillon. Les journalistes se seraient spontanément penchés sur la déclaration de revenus du candidat de la transparence. "La théorie du complot ne tient pas", écrit Laurent Joffrin dans Libération. En revanche, pas un mot sur la publication dans Le Monde de lundi des PV d’audition censés relever du secret de l’instruction. Dans l’Union, Sébastien Lacroix s’amuse : "Pour les plus fins observateurs de la vie politique, Fillon s’est trumpisé. Dire qu’un homme politique s’est trumpisé, c’est, d’un mot, l’exclure du champ des gens bien, tout en exprimant son dégoût pour le Président américain. Non seulement François Fillon a évacué les faits qui l’embêtaient lors de sa conférence de presse, mais il a cogné sur les médias et les juges, ce qui est sacrilège dans notre démocratie et procède d’une trumpisation manifeste. Il mise sur le retournement de l’opinion face au pilonnage dont il est l’objet. Aussi vrai que les bons comptes font les bons amis, l’ordre moral reste acceptable tant qu’il ne vire pas à la tyrannie. Encore quelques casseroles, et Fillon peut sauver sa peau".

Gauche plurielle

Pendant ce temps, Libération se prête à rêver. Photo de Benoit Hamon, Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron : Si la gauche voulait… Libération plaide pour la reconstitution de la gauche plurielle, époque Jospin, et regrette les fins de non-recevoir de Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. Libé oublie de rappeler que le gouvernement Jospin, entre 1997 et 2002, a davantage privatisé que n’importe quel gouvernement de droite et qu’il a signé en 2000 le Protocole de Lisbonne ouvrant la voie à la libéralisation des services publics en Europe. Étonnant que Jean-Luc Mélenchon ne signe pas un tel programme.

Déficit commercial

Les Échos y consacrent leur Une : Déficit commercial : Les raisons d’un mal français. Alors que la baisse du prix du pétrole a permis d’alléger la facture énergétique de plus de 8 milliards, la France a vu son déficit commercial atteindre 48,1 milliards d’euros en 2016. Pendant ce temps, nous rappelle Le Figaro, l’excédent commercial allemand est à plus de 8% du PIB. Curieusement, ce sont la Chine et l’Allemagne, toutes deux en excédent commercial, qui plaident pour le libre-échange. Le Monde résume : les entreprises tricolores sont écartelées entre des concurrents allemands mieux positionnés sur la qualité et des Espagnols moins chers. Traduction : dans un monde de compétition, si les consommateurs choisissent les produits les moins chers, ils poussent à l’alignement sur les normes sociales les moins protectrices. La solution : les niches qualitatives. Bref, comme les classes moyennes sont tirées vers le bas, les pays qui font du moyen de gamme sont laminés.

Le goût des tomates

Ce n’est pas sans lien, Le Figaro revient sur l’étrange phénomène qui veut que les tomates n’aient plus aucun goût. La raison : pendant des années, on a sélectionné en fonction des capacités de résistance aux maladies, de la durée de conservation et du rendement parce que c’était la demande de la grande distribution. Aujourd’hui, des généticiens s’arrachent les cheveux pour sélectionner des variétés plus savoureuses. Mais une tomate cueillie verte pour qu’elle mûrisse pendant son transport et conservée ensuite dans un frigo, ce qui empêche la libération des molécules volatiles, n’a pas la moindre chance d’avoir un semblant de goût.

Guerre oubliée

La Croix nous le rappelle, une guerre sanglante est en train de détruire le Yémen. Dans l’indifférence générale, l’Arabie Saoudite bombarde. Une Arabie Saoudite, dont Pierre Conesa, expert en sécurité, nous rappelle l’histoire dans un entretien avec L’Opinion. Il explique comment l’Occident a laissé se développer une diplomatie religieuse au service d’un projet planétaire d’expansion du totalitarisme wahhabite. Ce qui apparaissait comme un rempart face aux régimes arabes socialistes, est devenu une menace pour l’ensemble de la planète.


Ouest France nous raconte que l’entreprise de livraison UPS a investi dans un logiciel de GPS un peu spécial : il supprime les virages à gauche. Parce que tourner à gauche oblige à s’arrêter avant de couper la ligne de trafic opposée, et parce que les risques d’accident sont accrus. Donc, même si le trajet est plus long, gain de temps, gain d’essence, et limitation des risques. Virer à droite, ça rapporte. Et non, ce GPS n’équipe pas les gouvernements socialistes avec leurs fameux tournants libéraux.