La décomposition politique est toujours en marge

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Libération remet également au centre de son édition du jour la question des migrants.

Bonjour Thomas, bonjour Julie et bonjour à tous

Ce matin en Une de vos journaux la décomposition politique est toujours en marge : L’Opinion : LR : Opération exclusions. Le Figaro : le FN prêt à renoncer à la sortie de l’euro. Et l’Humanité joue les vigiles : la transition écologique menacée par les appétits financiers.

Migrants

C’est une photo en Une de Libération : la mer bleue sur laquelle miroitent les rayons du soleil. Au milieu, le corps flottant d’un être humain. Qui prendra ses responsabilités, demande Libération. Non pas que le journal prétende trouver des solutions simples, mais entre le chaos libyen et l’absence totale de cohésion européenne, la situation est intenable. Le Figaro publie deux tribunes.  L’une d’elle plaide pour une véritable politique migratoire, arguant que l’embolie du système d’asile et l’explosion de l’immigration illégale vont de pair avec le dérèglement de l’immigration légale. L’autre réclame un véritable accueil de ceux qui sont là, des cours de langue, des structures fixes. "C’est ainsi que l’on construit l’unité et la prospérité d’une nation. Pas par l’ensauvagement de ceux que l’on ne veut pas voir". De l’autre côté de la Méditerranée, Libération nous présente Chamseddin Marzoug, volontaire du Croissant rouge, qui depuis 12 ans, offre une sépulture à ces anonymes morts en mer. Il parle de cet été 2015 où il a enterré 53 personnes en trois jours. "Il y avait le corps de cette mère qui serrait dans ses bras son bébé lui-même attaché à un bout de bois". Des malheureux qui hantent ses pensées : "Je sens que leurs âmes ne sont pas contentes". Et nous, elles nous tourmentent ?

Simone Veil

"Une grande Dame s'est éteinte, écrit Yann Marec dans le Midi Libre. Une autre grande Dame -la France- se réveille. Face à la dépouille de celle qui aura combattu l'ignominie du genre humain, c'est toute une Nation qui lui dit merci". Avec cette entrée au Panthéon, ajoute Gilles Grandpierre dans l’Union, "le chef de l'État redonne au geste la noblesse désintéressée qu'il semblait avoir perdue quand des polémiques stupides ou d'étranges soucis de parité accompagnaient les entrées de Dumas ou de quatre grands résistants". Mais sur le site Causeur, René Poujol appelle au respect de la grande dame dans toute sa complexité. Il regrette les commentaires autour de la présence de Simone Veil et de son mari en 2013 dans la Manif pour tous, des commentaires laissant entendre qu’elle n’avait plus toute sa tête. Là, comme dans la défense de sa loi, elle assumait, dit-il, la complexité du réel.

GPA : commentaire des arrêts de la Cour de cassation

Libération parle de demi victoire et réclame un droit de suite pour ces familles à qui la possibilité d’adopter ne suffit pas. Mais de son côté, La Croix, journal toujours profondément mesuré, adopte un ton inhabituellement tranché. Ces arrêts, même avec des précautions, estime Guillaume Goubert, entérinent le contournement de l’interdiction de la GPA. "La gestation pour autrui est une forme de barbarie, martèle-t-il. Elle instrumentalise le corps de femme qui, quasiment toujours, n’accepte cette insémination artificielle que par nécessité financière. Cette pratique revient à nier toute réalité à la relation qui se noue durant la grossesse. La GPA a été rendue possible par les progrès de la technique. Elle est une régression de civilisation". La Cour de cassation, par des arrêts divers, précis, a cherché elle aussi à assumer la complexité. Reste aux citoyens à définir ce qu’ils appellent progrès.

Il faut lire le dossier de Philosophie magazine sur la simplicité, Mais à côté de ce dossier passionnant sur la quête de l’innocence et de l’essentiel, le magazine s’intéresse à une question en apparence superficielle : pourquoi gribouille-t-on sur des bouts de papier ? Vous savez, ce que vous faites lors d’un coup de fil interminable. Pur gâchis, nous dit Platon qui récuse l’écriture et le dessin. Pour Hegel, c’est une façon d’imprimer son esprit sur la matière, de s’approprier le monde. Mais pour Gilles Deleuze, c’est une tentative de l’homme de survivre à sa propre mort, de s’inscrire dans l’éternité. Ce petit brouillon est la libération d’une puissance de vie hors des prisons que nous nous sommes construites. C’était avant qu’on invente les cahiers de gribouillage vendus en grande surface. La marchandisation est rarement un progrès. Celle des gribouillages, celle des corps des femmes.