Karim Benzema contre son camp

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

La presse quotidienne revient de nouveau ce jeudi matin sur les propos concernant le racisme français de Karim Benzema après sa non-sélection en équipe de France pour l'Euro 2016.

Ce matin en Une de vos journaux, on s’empoigne de tous les côtés. Il y a nos voisins qui menacent de nous quitter :
Le Figaro : Brexit : les Britanniques sous pression internationale.

Il y a Google, fâché avec le fisc et qui s’intéresse dangereusement à nos vies :
L’Obs : le vrai pouvoir de Google en France.

Et puis il y a le cas Benzema :
L’Équipe : la tempête.
Aujourd’hui en France : Jeu dangereux.

Benzema

On ne pensait pas que la France pût s’offrir le luxe de ce genre de polémique alors que le pays est déchiré par les grèves et patauge dans les crues. C’est le point de vue de l’Équipe : Benzema contre son camp. "Ni dans l’affaire de la sextape, ni dans cette interview à une semaine de l’Euro, il n’a su placer l’équipe de France au-dessus de tout, juge Vincent Duluc. Son message et son timing montrent, tout à la fois, un certain mépris pour les 23 joueurs qui sont en train de préparer l’Euro, son incapacité à faire face à ses propres responsabilités, et une volonté de diviser". Heureusement, il y a Libération. Libération qui titre son éditorial : suspicions et parle malaise, Libération qui donne la parole à Eric Cantona sur le thème "je n’affirme rien mais je me pose des questions". Les considérations sur la famille de Didier Deschamps, pas mélangée, comme les Mormons ? "Quand on insinue que je suis raciste et anti-Français quand je compare Deschamps à un Mormon, on insulte les Mormons et on fait preuve de discrimination envers eux ! J’ai juste dit qu’une grande majorité de Mormons se mariaient entre eux par conservatisme : beaucoup d’autres religions sans dans ce cas-là, la religion catholique par exemple". D’ailleurs, ces considérations sur ce nom trop français, c’était juste de l’humour. "Karim Benzema, c’est un nom français aussi, à consonance maghrébine". Bref, on a rien compris, mais tout de même, "on vit une période où on sanctionne une communauté… ou plutôt une période où on a envie de la sanctionner". Le plus intéressant dans Libération, c’est finalement le petit article, très loin derrière : à Bobigny, les ados balaient le procès en racisme. Et comme le résume un des entraîneurs : "Benzema fait surtout partie de cette génération de joueurs caractériels qui sont évincés progressivement. C’est plus une histoire de génération que de racisme".

Dépendance énergétique

En temps de grèves, on lira avec intérêt ce petit texte d’Etienne Klein en dernière page de La Croix : de la pédagogie des files d’attente. Pour bien fonctionner notre corps a besoin d’une puissance de 100 watts. A partir de là, il calcule l’énergie consommée chaque jour par un homme au travail pour évaluer notre consommation globale d’énergie. On compte donc en esclaves énergétiques. Une ampoule de 60 watts, c’est un demi-esclave. 50 kilomètres par jour en voiture, cela mobilise 17 esclaves énergétiques. En moyenne, un Français dispose de 150 esclaves énergétiques. Formidable libération, mais que nous devons aux énergies fossiles et qui renversent le rapport maître-esclave : les blocages et les files d’attente nous montrent notre servitude énergétique. La réponse ? Elle se trouve dans le magazine La Décroissance et ce constat : la liberté et l’égalité exigent d’affronter la finitude.

Juppé et Sarkozy

Ils sont partout ce matin, dans Le Figaro, dans Les Échos, profitant du Salon des Maires de France pour faire les yeux doux aux élus locaux. D’un côté Nicolas Sarkozy qui leur promet l’abrogation des réformes de la gauche (les promesses…), de l’autre Alain Juppé qui parle pragmatisme, brosse dans le sens du poil à coup de : "j’ai bien compris que vous voulez qu’on vous lâche les baskets". Alain Juppé qui est en Une de Causeur avec ce titre : le pire d’entre nous ? Retour sur l’affaire des emplois fictifs et la condamnation de celui qui est présenté comme un bouc-émissaire de la chiraquie, analyse de cet art de plaire à la gauche, et d’incarner la province apaisée après avoir symbolisé l’arrogance parisienne. En résumé, cet homme passé par une crise mystique, c’est Thérèse d’Avila convertie au notariat.


Sur le site de Causeur, certains lecteurs ont été inspirés par la Une. Le magazine, un peu taquin, livre donc aux lecteurs les différentes propositions alternatives. Où l’on voit qu’Alain Juppé inspire : il y a les classiques : le péril vieux, l’énergie fossile. L’anti-Une de L’Express : et si ce n’était pas lui ? Le souverainiste : droit dans les bottes… de Junker. Le prochain vice-Chancelier ? Le généalogiste : on a retrouvé le père de Macron. Assez joli aussi : le meilleur d’entre mous. Et puis : Toujours vivant, toujours la banane, toujours debout. Mais non, les Français ne sont pas moroses !