Incendies et feu social chez les pompiers

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Pierre de Vilno revient sur ce qui fait la Une des quotidiens nationaux. 

Les incendies dans la presse ce matin avec ces photos tristement effrayantes de végétations parties en fumée et surtout ces flammes qui avancent, devant des pompiers impuissants. L'été de feux titre la Provence alerte rouge avec ce ciel enfumé des collines de La Bastidonne dans le Vaucluse et ce mot lâché par un lieutenant de pompiers aux sols, les yeux rivés vers le ciel, voyant s'échapper un Canadair pour une autre destination "ah merde, les gars, celui-là n'est pas pour nous. Le Luberon face aux flammes dans le Dauphiné,  650 hectares ravagés par le feu et en photo ces véhicules de pompiers : de lourds moyens ont été mobilisés. Le sud en alerte maximale dans Midi Libre, "Destructeur" dans Nice Matin

Tandis que l'Humanité revient sur le feu social qui couve chez les pompiers, les soldats du feu dénoncent le manque d'effectifs, les risques sanitaires. Ce métier ne fait plus rêver, note le journal, alors qu'un syndicat remarque lui que l'Etat va aider Areva, mais n'est pas capable d'assurer la sécurité civile. Les témoignages sur le manque de moyens sont légion, des véhicules pas équipés d'autoprotections, pas un seul bombardier d'eau dans le Sud-Ouest, lors des derniers feux, d'autre part, les pompiers sont mobilisables partout, pour n'importe quoi, on dénonce la multiplication de "malaises sans précision", ces appelles confus liés à des détresses psychiques. Les pompiers deviennent  une rustine au manque de service public et une béquille bien commode pour certaines entreprises privées.

Et c'est justement le risque social que met en avant l'Opinion ce matin. Macron, en tenue de pilote de chasse de l'armée de l'air, "multiplie les fronts", sur la réforme du code du travail, le gouvernement a, jusque-là, maîtrisé les oppositions. Mais en s'attaquant aux APL et en coupant dans les budgets, note Fanny Guinochet, l'exécutif allume plusieurs foyers d'incendie, un conseiller s'inquiète: "Darmanin met le feu aux poudres, on se retrouve avec des départs d'incendies mal contrôlés qui peuvent se transformer en un grand feu".

Le social justement et cette enquête du Parisien. Une dizaine de suicides chez Renault en quatre ans, un décompte réalisé avec les syndicats de 4 des 11 sites du groupe en France, dix suicides, 6 tentatives liées aux conditions de travail depuis 2013. Dix ans après la vague de suicides qui avait défrayé la chronique entre 2006 et 2007, le quotidien de certains employés semble toujours aussi pénible. Le dernier cas remonte au 3 avril à Sandouville. Un père de famille a tenté de se pendre dans un atelier, sur une pancarte autour du cou, il avait inscrit les noms de ses chefs d'atelier avec cette mention "ils m'ont tué". Un autre papa qui s'est tué a laissé une lettre à Carlos Ghosn lui disant: tu expliqueras ça à mes filles, Carlos. Les syndicats pointent du doigt les accords de compétitivité de 2013, 8.000 emplois supprimés sur 34.000. Et outre les passages à l'acte, 136 burnouts ont été signalés au technocentre. La direction répond dans l'article: pas question de mettre les suicides sur le compte des conditions de travail, le groupe met en avant la relance du dialogue social, des commissions, pour discuter de la qualité de vie au travail.

Et même si l'hommage est demain, nos journaux déjà aujourd'hui, se souviennent du Père Hamel, assassiné le 26 juillet 2016 à St Etienne du Rouvray. Au nom du Père Hamel, en une du Parisien, un an après, la France se souvient dans le Figaro et ce titre pacificateur dans Ouest France: "ni haine, ni colère".