Il y a 60 ans, les bips du Spoutnik

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

"Nous sommes le 4 octobre 1957, et sur la rampe de lancement de Baïkonour, la nuit est tombée.

Dans le bunker de commande où les officiels ont pris place, Sergeï Korolev guette la moindre anomalie. À 22h38 et 34 secondes, heure de Moscou, les boosters s’allument, dégageant une épaisse fumée. Le moteur principal de la fusée s’éteint une seconde trop tôt mais l’étage principal se sépare parfaitement : pour la première fois, raconte  Science & Vie, l’humanité met un objet en orbite autour de la Terre". Et au sol, les radios captent ça.

Voilà, c’était il y a 60 ans, les bips du Spoutnik.
Avec eux, "une nouvelle ère technologique s’ouvre", et depuis, rappelle Science & Vie, les satellites ont envahis l’espace… Ils ne coutent presque rien et la miniaturisation permet de les lancer par centaine : "le 15 février dernier, par exemple, l’agence spatiale indienne en a lancé 104 d’un coup".

Interview de Thomas Pesquet dans l’Humanité : "Spoutnik, c’est mythique, dit-il, pour nous spationautes, c’est un peu comme la naissance du christ, le 4 octobre 1957, c’est l’année zéro, celle où l’aventure spatiale commence".

Et effectivement, c’est parce qu’il y a eu Spoutnik que l’on peut aujourd’hui, entre autre, partager comme Pesquet l’a fait des photos sur Instagram et Twitter, des données qui passent toutes par de multiples satellites.
L’astronaute en profite pour rappeler le message que portent toutes les photos qu’il a envoyé depuis la station internationale :
"le changement climatique est réel, dit-il, de là-haut, on voit l’effet global que cela produit sur Terre : la pollution des fleuves, de l’air, les déforestations. Je l’ai beaucoup dit mais il faut le répéter : la Terre, nous n’en avons qu’une, il faut s’en occuper".
Et la prochaine étape, demande le journal ? "Aller sur Mars, dit-il, mais ce ne sera pas avant 2030 ou 2035".

Ça, c’est pour dans 20 ans, en attendant, ce qui fait la Une, aujourd’hui sur Terre, c’est la visite d’Emmanuel Macron à Amiens.

Tous vos journaux reviennent sur le déplacement présidentiel à l’usine Whirlpool. Et de l’avis général, l’opération est réussie :
"Ce Whirlpool ‘acte 2’ tient lieu de reconnexion avec le terrain social, écrit Didier Rose dans les DNA, les ateliers sont sauvés et Macron se présente en avocat des capitaux productifs".
Dans Sud-Ouest, Bruno Dive souligne que "la visite tombait à pic pour un homme que ses adversaires tentent de faire passer pour le président des riches".

Cette histoire de président des riches ne serait qu’une image, une accusation. "Une étiquette qu’on lui colle", précise le Figaro, "une étiquette qui lui colle à la peau", ajoute le Parisien. "Fâcheuse étiquette, note Libération, qui lui est collée avec insistance".

À croire que tout ça n’est pas du tout lié à la politique menée, ce n’est qu’une affaire de communication. On aurait mal compris. C’est d’ailleurs ce que dit en substance le premier Ministre Edouard Philippe envoyé faire de la "pédagogie" dans Libération.

"Nous nous inquiétons pour votre jambe gauche", lance le journal. "C’est parce que vous me regardez de profil", répond Philippe. Ambiance détendue et bon enfant.
Il le répète plusieurs fois : "nous redistribuons 7,5 milliards de pouvoir d’achat, dont 1,3 milliards de minima sociaux (…) le budget est équilibré, mais évidemment, si on ne parle que de l’ISF, ça devient difficile à voir".

Un appel entendu par Les Échos qui font leur Une sur "les gagnants de la politique Macron" : "les ménages les plus modestes gagneront 3% de pouvoir d’achat".
Précision en pages intérieures : ce sera 2,9% et pas avant 2022.
Vivement le futur.

Justement, dans vos journaux, on trouve de nombreux sujets sur les technologies du futur.

Oui, il y a d’abord "l’intelligence artificielle qui arrive dans les secteurs de la banque", on en parlait dans le journal de 8h et le phénomène fait la Une des Échos.
Mais il y a aussi ce titre du Parisien : "mon smartphone m’a trouvé un job". Dossier sur ces applis de recherche d’emploi qui passent les annonces en revue à votre place et qui vous sonnent dès qu’il y en a une à prendre. Grâce à la géolocalisation, vous pouvez trouver un travail dans les 24h selon l’endroit où vous êtes. Ce qui réjouit un expert en stratégie RH : "cela correspond parfaitement à la nouvelle génération dont le rapport au travail est plus volatil".
Le jeune aime changer de job tous les jours, c’est bien connu.

Et puis, il y a ce reportage à lire dans le journal Le Monde :

"Ça se passe en Suède, à la gare centrale de Stockholm. Pour vérifier les billets électroniques des passagers, la contrôleuse du train de 14h20 utilise un smartphone. Jusqu’ici rien d’anormal, mais quand elle arrive devant Jens, un quadragénaire élégant, celui-ci lève la main droite et lui explique que son billet se trouve dans une puce électronique implantée sous sa peau, entre le pouce et l’index. La contrôleuse pose son téléphone sur la main tendue, et le billet s’affiche sur l’écran".

C’est qu’en Suède, explique le journaliste Yves Eudes, les puces sous-cutanées commencent à se répandent chez les start-uppers et les cadres de grandes entreprises. Dans les locaux de Epicenter par exemple, 200 salariés sur 3000 sont équipés de puces, et il y a des lecteurs partout : sur les imprimantes, les portes, les distributeurs de boissons. "J’en ai même fait installer un chez moi, sur ma porte d’entrée, rapporte une salariée, plus besoin de chercher mes clés dans mon sac !"
Elle ajoute que son mari hésite, parce qu’il n’aime pas les piqûres, mais qu’il va sans doute s’y mettre.

Vertigineux et totalement futuriste et pourtant ça se passe maintenant, en 2017…