Harcèlement sexuel : la honte doit changer de camp !

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, on parle du harcèlement sexuel : la honte doit changer de camp.

C’est en substance le message de nombreux journaux.
Comme Libération qui titre "Porc sur le grill", et appelle à "briser l’omerta dont nous sommes tous complices". L’Union de Reims pointe "la réalité silencieuse du harcèlement". "La parole se libère", lance en Une le Télégramme. Mais "il y a encore du boulot", tempère le gratuit 20 Minutes.

Le Parisien nous emmène, lui, dans les locaux du Collectif féministe contre le viol, où depuis quelques jours, le standard explose : "en 2011, après l’arrestation de DSK, les appels avaient doublé, explique la chargée de mission, Lucie Chabau, mais cette fois, une nouvelle étape est franchie, puisque ce sont des femmes connues qui racontent précisément la stratégie de leurs agresseurs, c’est ça qui fait écho pour d’autres".
D’autres, c’est par exemple, Françoise, qui a appelé le collectif pour mettre des mots sur ce qu’elle a vécu : un collègue de bureau qui a tenté de l’attirer de force dans les toilettes.
Et des témoignages comme celui-là, il y en a dans tous vos journaux.

L’Express, par exemple, donne la parole aux femmes journalistes, et l’Obs aborde le harcèlement dans le monde de la mode.

Détail curieux, mais est-ce vraiment un détail : les articles sur le sujet sont en très grande majorité écrit par des femmes et les éditos par des hommes.
Tous, sauf un, celui de La Montagne, où Florence Chédotal fustige les soi-disant "bonnes excuses", celles de ceux qui déplorent "la peste judiciaire » sur des réseaux sociaux devenus défouloir : "aussi civilisée se croit-elle, une société qui tolère le harcèlement et les viols est une société malade, dit-elle, il serait donc bon de se réveiller, parce que ce n’est pas qu’une affaire de femme mais d’humanité".
Édito à lire donc dans La Montagne.

Autre titre ce matin, les changements prévus par le budget 2018.

Oui puisque le projet de loi de finance arrive aujourd’hui à l’Assemblée.
Il fait notamment la Une du Figaro, de Sud-Ouest mais aussi du journal Les Échos qui fait le point sur ce qui change pour vous…
Qui gagne, qui perd : infographie limpide qui démontre en page 2 que les gagnants du budget sont les couples de salariés, avec 1 ou deux enfants, mais surtout "l’actionnaire d’une grande entreprise familiale", puisqu’il sort du champ de l’ISF. Tout comme le "cadre dirigeant", qui lui est le grand gagnant d’après Les Échos : plus d’ISF, moins de CSG, et flat tax : il gagnera 13.000 euros de plus.
À l’inverse, ceux qui perdent sont les couples de petits retraités : s’ils gagnent 54.000 euros par an, le budget Macron leur fait perdre 800 euros. Tout comme le couple de retraités qui possède un patrimoine immobilier.

Un budget à travers lequel on voit bien qui sont les premiers de cordée évoqués par Emmanuel Macron.

C’est justement le thème de l’édito de Guillaume Goubert dans La Croix : "la métaphore du premier de cordée de suffit pas, dit-il, il faut la compléter par une autre phrase trouvée sous la plume de Gaston Rébuffat, grand alpiniste de son temps : "la force d’une cordée se mesure à celle de son élément le plus faible". La notion même de cordée implique donc pour celui qui est en tête de se soucier de la progression de ceux qui le suivent. Sinon, conclu Goubert, cela s’appelle de la grimpe en solitaire".

Un appel qui fait écho au thème de ce 17 octobre, 30e journée mondiale du refus de la misère.

Et puis, plusieurs journaux reviennent sur un tout autre changement en cours, le changement climatique et ses conséquences.

Oui c’est le cas de Midi Libre qui alerte : "les champignons sont menacés par la sécheresse (…) ils ne vont pas disparaitre, explique le journal, mais des chercheurs du CNRS constatent que leur composition change".
Autre phénomène, toujours selon le même article de Midi Libre, "la truffe noire se fait rare depuis une quinzaine d’année, les récoltes de diamant noir sont à la baisse dans les départements du littoral. Les truffes se déplacent, on en trouve désormais en altitude, entre 600 et 900 mètres".
Et puis, ce qui inquiète vraiment, c’est surtout la châtaigne, "avec les sécheresses répétées, elle va devenir un produit rare, note Midi Libre, y compris en Ardèche !".
L’Ardèche, sans châtaignes. Tout fout le camp !

Justement, pour certain, le changement, c’est l’occasion d’innover et de créer.

Article à lire dans Les Échos à propos du vin : "De plus en plus de start-up se développent pour aider les vignerons à faire face aux aléas climatique", explique le journal qui donne l’exemple de "Celsius, une jeune pousse qui propose aux professionnels des compilations de données climatiques pour mieux gérer leurs vignes".

Puisqu’on parle de vin, plusieurs titres s’y intéressent de près :

Science & Avenir, qui vous explique pourquoi les vendanges se font plus tôt et comment le gout des cépages change avec le réchauffement.
Il y a aussi la très belle revue 12,5 degrés, qui nous apprend qu’en Picardie, les terrils, derniers témoin des mines de charbon, connaissent une nouvelle vie puisque des pieds de vigne, planté il y a sept ans, produisent du vin sur leurs pentes noires à Haillicourt. Le nom du cépage ? Le "Charbonnay".
Enfin, il y a le magazine Kiblind et son spécial bouteille qui rappelle qu’en plus du changement climatique, il y a le changement de consommation : la France est passée de 100 litres par habitants en 1975 à 44 litres en 2016, l‘équivalent de 60 bouteille de 75 centilitres.

Enfin, un mot sur le Hors-Série du Parisien et son dossier sur "le Paris des grands Rois".

Un numéro spécial, en partenariat avec Europe 1, qui nous ballade dans une période allant de Louis XIII à Louis XVI.
On y découvre un Paris qui "a faim", un Paris "écrasé d’impôts" et un Paris bloqué puisque le fléau de la capitale en 1710, c’était déjà les bouchons.
Il y a des choses qui mutent mais ne changent pas.
Entre les cavaliers, les fiacres, les berlines, les chaises à porteurs, les carrosses ancêtres des bus, ou encore les charrettes des paysans qui doivent livrer.
Paris était la "capitale des embouteillages", écrit Dominique de la Tour. Tout ça dans des rues boueuses et nimbées d’une odeur pestilentielle de crottin.
Certes, ça n’annule pas l’impatience et la lassitude que vous pouvez ressentir dans les bouchons, mais, à trois siècles d’écart, ça aide quand même à relativiser l’éventuelle peur du changement.