GoodYear : les syndicalistes condamnés comme des criminels

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce mercredi sur la condamnation des anciens salariés de GoodYear.

Ce matin en Une de vos journaux on réveille la lutte des classes.
Les Echos : Séquestration de patrons : la justice frappe fort.
Et l’Humanité qui s’insurge : Syndicalistes de Goodyear : condamnés comme des criminels !

Et derrière la lutte des classes, la compétition mondiale :
Le Figaro : Commerce : l’Europe face à la nouvelle menace chinoise.

Et face aux enjeux, l’Express montre un François Hollande les lèvres pincées, comme après une grosse boulette : déchéance : la confusion ; emploi : de qui se moque-t-il ? Afrique : le traquenard. Le grand n’importe quoi.

Mais la plupart des journaux se concentrent sur le voisin de l’Europe :
La Croix : la Turquie dans le piège syrien.
Libération : Turquie : la poudrière de l’Europe.

Turquie

"Rôle ambigu", "jeu sur plusieurs tableaux"... Le bilan du président Erdogan ne fait plus l’objet d’aucune complaisance.
Dans La Nouvelle République, Denis Daumin souligne combien la cible importe : "trop longtemps, semble-t-on nous dire, nous avons vécu dans l’insouciance, l’indifférence et l’hédonisme massifié. C’est un peu cela aussi qu’accessoirement les porteurs de bombes et d’armes automatiques entendent nous faire payer. Cette quête de bonheurs ensoleillés par vols Charters leur est insupportable".
Mais tous les commentateurs soulignent combien cette attaque contre les intérêts économiques de la Turquie ne suffiront sans doute pas à déciller un président islamo-conservateur qui ne semble pas voir que le nationalisme turc est aujourd’hui, comme le souligne Raymond Couraud dans l’Alsace, "beaucoup plus atteint par la campagne d’attentats islamistes que par les revendications identitaires kurdes".
Mais dans l’Est Républicain, Alain Dusart nous rappelle que celui qu’on qualifiait en Europe d’islamiste modéré a eu le temps de marquer la Turquie de son empreinte. "Le jour où les terroristes frappent la Turquie au portefeuille, sort dans ce pays un sondage où 10 % des personnes interrogées ne considèrent pas Daech comme une organisation terroriste. Pire : 21 % estiment qu’elle représente l’Islam". Le cancer étend ses métastases.

L’état de la jeunesse

Évidemment ce qui ferait du bien aux jeunes, c’est une inversion de la courbe du chômage. Mais pas forcément à n’importe quel prix, nous dit l’Opinion à sa Une : au secours, l’emploi public revient, avec un dessin de Kak montrant un François Hollande occupé à cacher sous le tapis le gros tas poussiéreux du chômage avec une balayette en soupirant : faut tout faire soi-même dans ce pays. Dans son édito, Olivier Auguste s’adresse à la jeunesse : "tu as moins de 25 ans, ton revenu est trois fois plus faible que celui de ton voisin de plus de 60 ans (jamais ce niveau n’a été si bas en 30 ans). Évidemment, l’état providence te vient en aide : il finance tes études, te verse des allocations logement, et peut être une indemnisation chômage, tout comme il rembourse les soins de ton voisin et assure sa pension de retraite. Cela nécessite que vous subissiez, lui et toi, quelques menus prélèvements. Au final, revenus et transferts inclus, tu perçois chaque mois 6 fois moins que ton voisin".
Est-ce que ce sont ces données qui expliquent l’étude publiée dans le Parisien et le Figaro : nos ados sont nettement moins insouciants qu’il y a 10 ans. 47% se sentent sous pression contre 35% il y a dix ans, 30% mal dans leur peau, c’était 17%.
Dans le Figaro, une psychologue souligne la pression sociale, la difficulté de jeunes considérés par leurs parents comme des petites merveilles et qui ont du mal à accepter de perdre ou ne savent pas négocier. "La recherche d’ivresse, dit-elle, peut être un moyen pour eux de dépasser ce sentiment d’incompétence à aller vers l’autre". Elle rappelle que nos jeunes sont les premiers consommateurs de cannabis et sont en passe de devenir les champions de la beuverie express.

Bienfaits de la nature

Une piste pour ces jeunes : National Geographic publie une étude scientifique inédite expliquant comment la nature nous fait du bien. Elle soulage le stress et la fatigue mentale, elle améliore la créativité de 50 %. Bref, il serait temps de s’apercevoir qu’une petite promenade en forêt fait beaucoup plus pour notre détente qu’une séance de shopping ou un avachissement devant la télévision.

Robinson Crusoé

La nature peut aussi être hostile. Pourtant, cet ilot en photo dans Télérama est beau, avec ses longues plages. Mais il est désertique. C’est pourtant là, au large de Madagascar qu’un navire s’est échoué en 1761 avec sa cargaison de 160 esclaves noirs. Une vingtaine de membres d’équipage et 72 esclaves meurent dans le naufrage. Les autres construisent une embarcation de fortune et les Blancs embarquent dessus en promettant d’envoyer des secours. Ils ne viendront que 15 ans plus tard et trouveront huit survivants, sept femmes et un bébé de huit mois.
Entre temps, certains se sont émus, dont Condorcet, de ces êtres humains abandonnés à leur sort et qui ont survécu en se nourrissant d’œufs, de poissons et de tortues. Aujourd’hui, sur les plages de l’ilot, on trouve surtout des milliers de tongs en plastique échouées, là. Une autre monstruosité humaine.

Avis de recherche

C’est un article bouleversant sur le site Rue 89. Le récit d’Hisham Terrak, dont le père de 80 ans, sans doute frappé d’un début d’Alzheimer a disparu en juillet dernier. Sur une page Facebook, Hisham raconte sa quête, les gens qui le contactent avec des photos d’hommes qui ne sont pas son père. "Tu te dis que pendant que tu regardes ailleurs dans la rue, il est peut-être passé juste à côté de toi. Comme dans les films". Restent les mots pour dire cette insupportable incertitude.



C’est un papier du Canard Enchainé qui célèbre la nouvelle année à sa façon, en révélant le prix de la carte de vœux de Manuel Valls, une Marianne entourée de confettis bleu, blanc, rouge avec la mention : l’exigence et l’espoir, c’est la République : 36.480 euros à l’agence Publicis. En deux fois, parce que les premières idées ne convenaient pas. En tout, 66 projets. Et puis, les vœux à la jeunesse et aux forces de l’engagement lancés par François Hollande à la Maison de la Radio avec location de l’amphithéâtre et l’orchestre : 250.000 euros. Payés par le Ministère de l’Education Nationale. Alors oui, nos ados ont des raisons de boire pour oublier.