Gauche : le dilemme du vote utile

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce jeudi sur l'incertitude des électeurs de gauche entre le vote Hamon ou le vote Mélenchon.

Ce matin en Une de vos journaux on sent comme une crispation :
Libération : le sourire d’Emmanuel Macron en plan très serré : Gauche : le dilemme du vote utile.
Politis : Le piège du vote utile.

Mais on s’angoisse aussi à droite :
Valeurs Actuelles : La face cachée de Macron.
Seule nuance, 20 Minutes : Ça marche trop bien. L’afflux des socialistes risque de faire voiture balais.

Benoît Hamon, lui, est en Une du Parisien : Il dévoile son programme.

Pendant ce temps, la Croix nous annonce que les Français, sondage à l’appui, sont heureux au travail.

Travailleurs détachés

Pour ce qui est du travail, le Figaro retient le sujet qui monte dans cette non-campagne : Travailleurs détachés : la polémique enfle. Ils sont officiellement 286.000, mais il faut ajouter entre 200.000 et 300.000 travailleurs illégaux. Jean-Luc Mélenchon, hier, dénonçait l’hypocrisie de la clause Molière parce que c’est la directive qu’il faut attaquer de front. Bernard Cazeneuve parle de clause Tartuffe, mais pour dénoncer, comme Benoît Hamon le racisme sous-jacent. Et chez Emmanuel Macron, on défend carrément la directive au nom des 200.000 Français qui en bénéficient. Qui vaudraient, donc, qu’on sacrifie jusqu’à 600.000 emplois d’ouvriers sur les chantiers, sans compter les PME ruinées par des entreprises boîte au lettre qui n’ont qu’une domiciliation fictive en France.

Drôle de campagne

"La campagne de la présidentielle aura-t-elle lieu ?" se demande Philippe Marcacci dans l’Est Républicain. Les affaires, jugent certains éditorialistes. Mais surtout, comme l’écrit Laurent Joffrin dans Libération, "le centrisme glamour d'Emmanuel Macron séduit un peu par lui-même et, plus souvent, parce qu'il apparaît comme l'antidote le plus crédible à un second tour Fillon-Le Pen". Le journal interroge des militants de gauche qui ont bien intégré ce que tous les commentateurs leur ont expliqué depuis des mois : le danger FN justifie de voter contre ses convictions, pour le candidat du hollandisme décomplexé. Un militant pro Hamon qui n’avait pas rechigné à faire campagne pour Hollande en 2012 s’agace : "on prend vraiment mal de voir tous ces barons hésiter, nous qui avons fait leurs campagnes pendant toutes ces années. C’est là qu’on voit qu’au PS, finalement, il n’y avait pas tant de gauche que ça. On sent que ces gens voulaient faire du PS un parti centriste. Et maintenant qu’ils ont échoué, ils se barrent". L’unité, ça ne marche que dans un sens.

79%

C’est un chiffre à méditer dans le Parisien. C’est le pourcentage de Français qui ont utilisé Internet dans les 3 derniers mois. Traduction : 21% des Français peuvent passer trois mois au moins sans jamais aller sur Internet. On peut appeler ça fracture numérique ou résidu du monde ancien mais 21%, c’est beaucoup.

Enfants perdus

Un entrefilet dans Le Monde nous raconte que des enfants marocains âgés de 9 à 16 ans errent actuellement dans Paris. La mairie en a identifié 24 mais ils pourraient être une centaine. Toxicomanes, réfractaires à toute aide, les commerçants de la Goutte d’or les disent agressifs et dangereux. Ils seraient passés par Gibraltar et par l’Espagne et visiblement, personne ne sait comment les prendre en charge.

Bien manger c’est le début de la guérison

Le Parisien nous parle de ce dispositif en place depuis le mois de février à l’Institut Gustave Roussy. Un chef deux étoiles conçoit deux fois par semaine des menus pour les malades du cancer. Œuf cocotte au chou vert et fruits de mer, lasagnes de canard confit champignons, feta et cumin. Sans augmentation des coûts. Voilà des années que des médecins s’insurgent contre l’horreur des repas de la restauration collective. 2 millions de patients sont chaque année concernés par la dénutrition à l’hôpital, ce qui freine la guérison. Deux repas par semaine, c’est peu, mais c’est un début.

Arbres

On se met au vert. Libération nous présente Peter Wohlleben, écoforestier. Il évoque les travaux scientifiques démontrant que les arbres nouent des relations sociales et protègent les plus faibles d’entre eux. Ils stockent les connaissances acquises, par exemple le nombre de journées chaudes avant d’ouvrir leurs bourgeons. Hélas, l’époque est aux pesticides et à la monoculture. Moins d’emplois de forestiers et des forêts plus fragiles. Et puis, il y a ceux des villes, condamnés à la solitude et soumis à l’éclairage nocturne alors que les arbres ont besoin de dormir la nuit.


Mathieu Sapin avait suivi François Hollande à l’Élysée et signé une BD reportage. Le Parisien nous apprend qu’il a aussi collé aux basques de Gérard Depardieu pendant cinq ans. Éreintant, dit-il. Mais il en reste de la poésie et quelques saillies dont Gégé a le secret : "le seul endroit où j’aime être, c’est ailleurs". "Internet, c’est pour faire croire aux cons qu’ils sont intelligents". Gégé aime les cimetières, la solitude et les arbres. Les 21% de Français qui ne consultent pas internet sont peut-être des sages.