Front national : pourquoi c'est toujours "Non" !

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce mardi sur le refus du Front national qui s'est manifesté dans les rues le 1er mai.

Ce matin en Une de vos journaux on dresse le bilan :
Paris Normandie : Un 1er mai très politique.
Le Courrier Picard : un 1er mai tendu mais sans élan.
La Voix du Nord : Divisé et politisé.
La Dépêche du Midi : Deux visions pour la France. 
Le Parisien : La France déchirée.
L’Humanité : Défilés du 1er mai : le refus de Le Pen, l’avertissement à Macron.
La Provence : Cinq jours sous tension.
L’indépendant Catalan : Macron et Le Pen se rendent coup pour coup.
Mais le Figaro le rappelle : Second tour : Macron fait la course en tête.
Libération réédite pourtant sa Une de 2002 contre le FN en précisant : Pourquoi c’est toujours Non.

Enfin, La Croix donne la parole aux jeunes : Ulysse, 22 ans, compagnon charpentier, qui rêve de rigueur dans les apprentissages, Emmanuelle, 25 ans, qui voudrait voir comptabiliser les votes blancs, Sandrine, 28 ans, qui voudrait replacer la ruralité au centre des préoccupations. Ils représentent la diversité française : Baptiste, 28 ans, qui veut promouvoir les négociations d’entreprise, Mohamed, 26 ans, qui plaide pour le contrat de travail unique et Audrey, 24 ans, qui prône la préférence nationale. Chez les jeunes, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête, devant Marine le Pen .

La tension monte

Ce qui s’est vu lors des défilés d’hier se retrouve dans la presse ce matin. Libération consacre donc plusieurs pages au Front National, aux identitaires, à la fachosphère, et à la critique du programme économique de Marine Le Pen. Dans Les Échos, ce sont des patrons qui expriment leur inquiétude. Le PDG de Veolia, celui d’Atos, Thierry Breton, Michel Edouard Leclerc. On lit leurs textes et on s’interroge sur ce qui revient à prêcher pour des convaincus. Les mises en garde de Michel Edouard Leclerc auront-elles la moindre efficacité sur les habitants de ces villes et villages désertés par les petits commerces. Dans Le Figaro, Guillaume Tabard s’interroge sur le choix tactique d’Emmanuel Macron. "Oradour-sur-Glane, le mémorial de la déportation et, ce 1er mai, la mort de Brahim Bouarram, en marge d’un défilé du Front National il y a plus de 20 ans. Avant son grand meeting parisien, Emmanuel Macron a introduit l’histoire dans la campagne. Pour dramatiser l’enjeu de son duel avec Marine Le Pen. L’histoire, brandie comme un épouvantail anti Le Pen, peut surprendre de la part du candidat d’En Marche, dont l’irruption dans le paysage et le succès tiennent précisément à son refus d’endosser les recettes les plus usées de la gauche. Or, voir en Marine Le Pen le prolongement de Pétain et de sa complicité avec les monstruosités du nazisme est le vieux logiciel dont la gauche a usé et abusé pendant trois décennies avec l’efficacité électorale qu’on a vue". L’éditorialiste rappelle combien les scores de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont pourtant souligné que le sujet était cette fracture sociale et territoriale que creuse la mondialisation. C’est sur ce sujet-là qu’il faut répondre.

Protectionnisme

Répondre, c’est ce à quoi s’emploie le chroniqueur des Échos, Jean-Marc Vittori. Il veut démontrer que le protectionnisme pénaliserait d’abord les plus démunis. A l’appui de sa démonstration, l’exemple des droits de douane sur les pneus chinois brutalement relevés par Barack Obama en 2009. Les autres pays exportateurs en avaient profité pour relever leurs tarifs. Les 4/5èmes des échanges mondiaux se font d’ailleurs au sein des chaînes de valeurs des entreprises multinationales, nous dit-il, ce qui interdit que l’on rompe ce système. Pour les plus pauvres, il est vital de payer leurs chaussettes le moins cher possible et donc de choisir les paires fabriquées en Chine plutôt qu’en France. Dernier argument, le revenu dépend de moins en moins de la production et de plus en plus de l’État providence. Ce serait donc un tort de défendre le producteur au détriment du consommateur. C’est sans doute oublier que le consommateur est aussi un contribuable qui paye des impôts pour compenser le chômage. Le protectionnisme par les droits de douane serait une solution simpliste. Mais le chroniqueur n’envisage pas de réformer la fiscalité des entreprises pour favoriser les investissements en France, ni de reconstruire des filières pour relocaliser la production. Le statu quo peut-il être une réponse ?

Jobs de robots et jobs de rêve

Le site Slate dresse la liste des jobs que les robots nous prendront dans les années à venir : camionneurs, ouvriers du bâtiment, conseillers juridiques, personnels médicaux, comptables, rédacteurs de rapports divers, et vendeurs. Heureusement, il en est d’autres que les robots ne nous prendront jamais, et le site Ulyces nous les fait découvrir à travers des récits en forme d’épopée : voyant pour chat, enquêteur paranormal à Delhi, rouleur de joints professionnel, organisateur de funérailles spatiales, chercheur d’extraterrestres pour la Nasa, trayeur de venin de serpent.


Alors que les Échos nous racontent les grands débats de second tour de présidentielle, le magazine GQ, dans sa rubrique de style au masculin, "jurisprudence de la vie élégante", répond cette question : Comment faire mine que le monologue de votre interlocuteur ne vous impressionne pas le moins du monde ? Pour feindre une semi-indifférence, il faut une astuce. Le rédacteur de l’article cite son propre cas : un briquet pris à l’auteur dudit monologue et une cigarette allumée nonchalamment, pour éviter la faute de goût qui consiste à boire les paroles du narrateur avec les yeux écarquillés. Comme on évitera de conseiller le tabac, d’ailleurs interdit sur les plateaux, il va falloir inventer autre chose face à la variante 2017 de "Moi, président".