François Fillon : la démonstration de force

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient évidemment ce lundi sur les derniers évènements de l'affaire François Fillon.

Ce matin en Une de vos journaux il y a la foule, mais il est tout seul :
La voix du Nord : Fillon s’accroche.
Le journal du Centre : indéboulonnable.
La Dépêche du Midi : Le candidat Fillon n’en démord pas.
Le Télégramme : Le bras de fer avec les siens.
L’Union : Fillon met son camp au défi.
Libération : Sans Sourciller.
L’Opinion : Fillon : le bras de fer. Sur le dessin de Kak, il est à la proue du Titanic, Pénélope les bras en croix, et comme Léonardo Di Caprio, il hurle "I’m the king of the world". Derrière, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont enfilé les bouées.

Fillon

L’expression court les éditos : démonstration de force. "La place du Trocadéro était tout sauf vide, constate Didier Rose, dans les Dernières nouvelles d’Alsace, l’ambiance loin d’être funèbre et Fillon s’est montré d’une pugnacité à l’épreuve des giboulées". Il ne se laissera pas débrancher, puisque tel est l’autre mot du jour. Dans la Dépêche du midi, Jean-Claude Souléry résume : "Au lendemain du coup de force de François Fillon, plutôt réussi compte tenu de son improvisation, et malgré toutes les manœuvres qui s'organisent en coulisses avec la bénédiction des chefs, personne ne sait encore comment les Républicains pourront se sortir grandis de cet extraordinaire foutoir. Suite du feuilleton dans les heures (ou les minutes) qui viennent. Avec une certitude : le forcené n'est vraiment pas disposé à se rendre". Bref, la droite est dans une situation inextricable, mais le pire n’est pas là. Comme l’estime l’Humanité : "La déliquescence d’un débat politique ramené au niveau du choix entre terre brûlée ou vote par défaut n’est pas supportable". Alors, il serait temps de parler programme.

Pays-Bas

Aux Pays-Bas, on s’apprête à voter pour les législatives. Et les élections du 15 mars pourraient mettre en tête le parti d’extrême-droite. Mais le Monde publie un intéressant entretien avec le sociologue Paul Scheffer. "Il faut cesser, comme le font beaucoup d’observateurs, de psychologiser en évoquant la colère ou la peur des gens qui ne comprendraient pas où se situent leur intérêt. Des électeurs votent pour des choses auxquelles ils croient et qu’il faut prendre au sérieux : la souveraineté, la reprise du contrôle sur leurs destins ou un protectionniste social qui, selon moi, est la principale caractéristique du populisme. La protection de l’État providence et des droits sociaux contre la globalisation, cette valeur traditionnelle de la gauche, est, chez Geert Wilders ou chez Marine Le Pen, associée à un élément traditionnel de droite : le protectionnisme culturel, à savoir la sauvegarde de l’identité face à une immigration vue comme le signe de cette globalisation qu’on refuse". Pour lui, le qualificatif d’extrême-droite brouille la compréhension d’un phénomène qui bouscule la géographie politique traditionnelle. Face à Geert Wilders, le Premier Ministre libéral sortant, Mark Rutte a l’intuition que, dans un paysage politique aussi fracturé, on ne peut réussir en explicitant trop. Ça nous rappelle un duel annoncé.

Misère de la culture

C’est un autre sociologue qui s’exprime dans La Croix. Il s’interroge sur la place de la culture dans la société française, alors que la pratique de l’anglais est devenue plus discriminante que le fait d’avoir lu Stendhal ou Balzac. La démultiplication de l’offre culturelle et le fait que le temps de travail des cadres est devenu depuis 40 ans supérieur à celui des employés, ont abouti à détourner les catégories privilégiées des formes les plus exigeantes de la culture, celles qui réclament du temps, comme la lecture. Ne se maintiennent que les pratiques culturelles les plus démonstratives, visibles socialement. D’où la faible place de la culture dans cette campagne.

L’Équateur face au désastre écologique

Le Monde nous raconte comment les petits fermiers équatoriens continuent de payer le prix du cynisme d’une multinationale. En 1967, commence l’exploitation par Texaco de plus de 350 puits de pétrole. Pour chacun d’entre eux, 4 à 5 bassins de rétention de déchets toxiques jamais décontaminés. En 2011, Texaco, devenue Chevron, est condamnée à payer 9,5 milliards de dollars. Mais, l’entreprise fait durer la procédure. En attendant, animaux et hommes meurent et la glue noire s’accroche.


Nous ne sommes pas les seuls à nous intéresser à la présidentielle. Nos enfants nous écoutent. Le Parisien est allé les interroger. Timothée, en CM2, a entendu sa maman traiter son papa de vieux con réac. Pour ces enfants, la lutte contre la pauvreté vient en deuxième position, à égalité avec la protection de la nature derrière la grande priorité, à 52% : la lutte contre le terrorisme. Et puis, à 90%, les 6-12 ans savent que François Hollande est Président. 8% avouent leur ignorance et 2% répondent : un monsieur avec des lunettes, François Marcosi, ou monsieur Patate. Mais au moins, eux, ils parlent programme.