François Fillon est-il un justiciable comme les autres ?

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient évidemment ce matin sur la journée médiatique de François Fillon.

Ce matin en Une de vos journaux les mots sont les mêmes :
Dans Ouest France, l’Indépendant catalan, c’est "coûte que coûte".
La Montagne, La Dépêche du Midi, Sud Ouest : "jusqu’au bout".
Dans l’Est éclair, il est "enfermé dans sa stratégie".
La Nouvelle République : Fillon, le juge, le mur.
Libération : le forcené de la Sarthe.
Pour Le Figaro il y a l’appel au peuple
Mais l’Opinion constate : la Droite craque.

Fillon

Le ton est sévère ce matin. Dans La Montagne, Bernard Stephan est un des plus mesurés : "toute cette affaire pose une question fondamentale : François Fillon est-il un justiciable comme les autres ? La réponse est double : oui et non". Pour les autres, on ne met pas en cause la justice et les médias. "La contestation des institutions, en particulier par ceux qui en sont les garants, est dangereuse pour l’état de droit", tranche Michel Urvoy dans Ouest France. "Le plus grave, estime Jean Marcel Bouguereau dans la République des Pyrénées, ce sont les dégâts que Fillon cause à la démocratie. En faisant une campagne à la Sarkozy, en mettant en cause la justice, la presse, ne mesure-t-il pas les conséquences délétères". Bien sûr, Le Figaro défend la stratégie du candidat de la droite et parle d’élection confisquée. Mais Guillaume Tabard que sur le plan sémantique, après le climat de quasi guerre civile et l’assassinat politique,  il ne pourra plus monter d’un cran. C’est maintenant ou jamais qu’il doit provoquer ce sursaut de révolte et d’orgueil d’un électorat qui ne voudra pas laisser la décision politique entre les mains des juges. Le journal raconte la folle journée d’hier, celle de la débandade. Le sursaut ne viendra pas de ses amis.

Macron

Lui aussi est partout. En Une du Parisien : Macron nous dit tout. Il décline ses propositions sur le chômage, la transparence, la banlieue, l’éducation. Causeur résume à sa façon : au secours Hollande revient. Des articles délicieusement sarcastiques sur le mariage du modèle californien et de la solidarité française, du Christ et de Julio Iglesias. Un écho à la tribune de Pascal Bruckner dans Le Monde, sur ce jeune homme qui confond le goût du pouvoir naturel à tous les candidats avec le pouvoir de l’amour. Mais un autre personnage occupe la presse : Jean Pisani Ferry, le concepteur du programme économique d’Emmanuel Macron. Portrait dans Libération et dans Les Échos de celui qui préparait en 2011 l’avènement de Dominique Strauss Kahn. Dans Causeur, l’économiste Jean Luc Gréau décrypte les choix de France Stratégie, ce think tank public longtemps dirigé par lui : entre allègement de charges sur les bas salaires et imposition des loyers fictifs pour les propriétaires. Sa conclusion : le candidat préféré des business men dans le vent multiplie les appels du pied aux assistés des banlieues sensibles. Aucune contradiction, c’est la pure logique de la mondialisation.

Un chiffre

10,4%. C’est un chiffre, dans Le Parisien, qui  devrait être au cœur de la campagne : c’est le taux de commerces inoccupés dans les villes françaises en 2015, contre 6,1% en 2001. Derrière, la dévitalisation des territoires et la destruction du lien social.

École

Comme tous les candidats Emmanuel Macron martèle : le cœur de la bataille c’est l’école primaire. Ce n’est pas gagné. Parce que dans Libération, un sympathique linguiste belge explique qu’il vaudrait mieux ne pas enseigner la grammaire avant 14 ans. Du coup, pas sûr que l’enseignement de l’orthographe soit plus simple. Dans Le Figaro, c’est une enquête sur les difficultés croissantes des enfants à écrire à la main. Parce que le temps passé à enseigner la bonne tenue du stylo et la formation des lettres a largement diminué en maternelle et au CP et que les professeurs ne sont quasiment plus formés à cet apprentissage éminemment technique. Pourtant, le lien entre écriture et lecture est crucial : la reconnaissance des lettres passe autant par la mémoire du geste que par la mémoire visuelle. Bien écrire pour bien lire.

Un peu de poésie

La Croix et l’Humanité nous rappellent que s’ouvre aujourd’hui Le Printemps des Poètes, projet d’éducation populaire. L’occasion de rendre hommage à ces orfèvres de la langue qui tentent de rendre par les mots le mystère de la vie.


20 Minutes nous met en garde contre la modernité cool. Prenez Google Maps : on y voit tout. Même les piscines non déclarées, cette passion française. 300 rien qu’à Marmande. La commune espère recouvrer 100 000 euros de taxe foncière. Quand l’inventivité de l’administration fiscale croise les nouvelles technologies, on tremble.