François Fillon, envers et contre tout !

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce mercredi sur la polémique qui continue autour de la candidature de François Fillon suite aux révélations du Canard Enchaîné.

François Fillon, envers et contre tout !

Ça, on a bien compris, il ira jusqu’au bout. Il n’en démord pas, c’est lui ou le chaos, pas de plan B. Quelques phrases glanées dans vos quotidiens ce matin sur le constat, oui, tout le monde est d’accord.
Sur l’analyse en revanche, ce n’est plus la même tisane.
"Certes, il y a toujours un pilote dans l’avion mais c’est un avion sans ailes", écrit Denis Daumin dans la Nouvelle République. "François Fillon s’arcboute au manche", dit-il, "sauf que la campagne reste clouée au sol, le sablier s’écoule, le temps s’émiette et la confiance aussi".
Manifestement, Hubert Coudurier n’a pas du tout la même pendule. Pour lui, au contraire, chaque jour qui passe est un jour de gagné pour François Fillon. "Il se renforce", dit-il dans le Télégramme. Hier, le vainqueur de la primaire a survécu à une deuxième tentative de putsch grâce à un discours empreint d’humilité.
Humilité ou uppercut plutôt pour Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute-Marne. "François Fillon a renvoyé dans les cordes les frondeurs. Officiellement, les parlementaires ont fait à nouveau allégeance mais il y a aussi la réalité du terrain", dit-il. Les militants qui répugnent à distribuer des tracts sous les quolibets ou les insultes. Vérité du soutien à Paris, vérité de l’esquive en province, François Fillon n’est sans doute pas dupe de ce soutien d’obligation plus que de conviction.
Évidemment, vos journaux évoquent aussi la nouvelle livraison du Canard Enchainé qui s’attaque maintenant au porte-parole, Thierry Solère, sur fond de fraude fiscale, tout cela à quelques heures d’un déjeuner Fillon-Sarkozy. Signalons un dessin savoureux de Chaunu dans l’Union. Les deux hommes sont au restaurant et regardent le menu, sourire narquois de Sarkozy : "T’as vu, y a du canard ?" et sourcils levés au ciel de Fillon : "Je digère pas !".

Également dans la presse : "ils s’engagent pour Adama et pour Théo".

C’est la Une de Libération qui publie plusieurs tribunes et un appel ce matin, signés par une foule de personnalités. D’Omar Sy à Patrick Bruel en passant par Iam, Christine and the Queens, Anne Roumanoff, Yannick Noah, Eric Cantona ou Bertrand Tavernier, ils réclament justice : "Si on se tait, c’est toute notre société qui se salit".
Ce genre d’initiative agace parfois sur le thème "on se donne bonne conscience à peu de frais". N’empêche, c’est aussi et surtout, l’occasion de se confronter à un pénible constat.
"Impunité", c’est le titre de l’édito de Johan Hufnagel qui met les choses au point. Ce n’est pas une charge contre la France et la police, au contraire, c’est une exigence de république irréprochable.
Libération fustige le rendez-vous raté de la gauche avec les quartiers populaires. Il y a cinq ans, on parlait de lutter contre les contrôles au faciès, de rapprocher la police de la population, d’investir massivement dans les collèges ou les lycées. "Ce n’est pas l’échec qui désespère, écrit Hufnagel, mais plutôt que rien n’a été fait ou si peu". Ceci est un appel au réveil.
Retenons aussi cette phrase d’un élu de banlieue à propos des forces de l’ordre : "on est sur une ambivalence, il y a la condamnation des déviances mais aussi un besoin dans ces quartiers populaires. Les habitants ne veulent pas qu’on les abandonne en pensant qu’ils sont anti-police", c’est à lire ce matin dans Libération.

Tout autre chose maintenant, des puces implantées sous la peau.

C’est une histoire belge mais c’est une histoire vraie, nous avions été parmi les tout premiers à vous en parler sur Europe 1 et le sujet monte puisqu’on le retrouve sur le site de L’Obs.
En Belgique, donc, une petite entreprise spécialisée dans le numérique a proposé à ses employés de leur implanter sous la peau une petite puce, comme celle que l’on peut mettre sur les chats, les chiens ou les brebis.
Une puce électronique, de la taille d’un grain de riz, placée entre la base du pouce et l’index.
Mais à quoi ça sert ?
Ça sert à ouvrir les portes de l’entreprise. Avant, nous dit l’Obs, les employés avaient des clés toute simples mais ils les perdaient. Alors, ils ont fait des badges mais ils les ont perdus aussi.
D’où cette réflexion commune et cette idée "remplaçons la clé par une puce sous la peau". Bon, certains salariés ont refusé (après tout, eux, ne perdaient pas leur badge) mais la majorité a dit oui.
En allant jusqu’à améliorer le système, vous raconte Emilie Brouze dans l’Obs. Ainsi, un développeur a bidouillé un programme qui lui permet d’avoir instantanément sur son ordinateur de bureau sa musique préférée et les temps de transport pour rentrer chez lui. Il lui suffit d’appuyer sa main, et donc sa puce, sur un petit boitier.
Met-on toutes les informations que l’on veut sur cette puce ?
Le patron de la société explique qu’il adore l’innovation et toutes ses applications possibles, mais il sait aussi que cette idée dérange parfois "le côté flicage ou big brother". Sa réponse est simple : "je comprends les questions éthiques et de sécurité mais ne soyez pas naïfs non plus, ou alors partez vivre sur une île et jetez votre iPhone, parce que oui, ça existe déjà".

On termine avec du foot et l’exploit du PSG, 4-0 hier soir face au Barça.

"Magique", titre en gros caractères le Parisien-Aujourd’hui en France. "Prodigieux" pour le journal L’Équipe.
"Un vertige absolu" sous la plume de Vincent Duluc qui y va, carrément : "Entre ici, PSG-Barça, entre dans l’histoire des plus grandes soirées européennes du football français".
D’ailleurs, même si on avait placé une puce sous la peau des joueurs du Barça, pas certain qu’on les aurait trouvés sur la pelouse hier soir ou alors éparpillés façon puzzle aux quatre coins du parc des princes.