France : le terrorisme marque les esprits

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce matin sur l'angoisse des Français concernant les risques d'attaques terroristes.

Ce matin en Une de vos journaux, on se penche sur les angoisses des Français :
Le Parisien : inquiétudes des Français : le terrorisme marque les esprits.
Même si le chômage reste en tête des préoccupations, ils sont 17,7% à classer en premier le terrorisme, contre 2,6% il y a un an.

Et pendant ce temps, l’amendement Ayrault secoue la majorité :
Le Figaro : Impôts, les socialistes bousculent Hollande et Valls.
Les Echos : Baisse de CSG : le nouveau cafouillage fiscal.
L’Humanité : Pauvreté des retraités : les faux-semblants de l’amendement Ayrault.

Valls et le FN

Il en a été question dans cette matinale, les déclarations de Manuel Valls sur une éventuelle fusion des listes de droite et de gauche aux régionales nourrissent les conjectures.
Libération s’inquiète à sa Une : Régionales : Faudra-t-il voter à droite ?
Dans L’Alsace, Raymond Couraud s’amuse : "Manuel Valls est plus prudent que le capitaine du Titanic : il appelle tous les passagers à évacuer le navire avant d’avoir heurté l’iceberg".
Dans La Voix du Nord, Hervé Favre n’y croit pas plus : "Manuel Valls sait qu’il a autant de chances d’être entendu par Xavier Bertrand que le LOSC n’en a d’être champion de France cette année". Mais alors, pourquoi diable le Premier ministre prend-il le risque de donner raison au FN et à son UMPS ?
Sur le site Causeur, le blogueur David Desgouilles se souvient de 1985 et de la démission du ministre de l’Agriculture. Michel Rocard, le mentor de Manuel Valls, avait saisi l’occasion de l’instauration de la proportionnelle pour démissionner avec fracas en reprochant à François Mitterrand son instrumentalisation du Front national. Son disciple chercherait-il des coupables à fustiger au lendemain des régionales pour justifier un départ et une mise sur orbite à l’horizon 2017 ou 2022 ?
Laurent Joffrin, dans Libé, ne croit pas au calcul cynique. Il voit là les prémices d’une recomposition autour d’un clivage fermeture-ouverture, France fermée-Europe Unie, tout en reconnaissant qu’il constituerait un cadeau idéologique au Front national. Quel casse-tête pour le camp du bien et de l’ouverture.

Macron

L’incarnation du casse-tête, c’est lui. Et cette semaine, on ne peut pas le rater.
La Une du Parisien Magazine : Révolution numérique, les visions de Macron.
Celle du Monde : Enquête sur la start-up Macron.
Et sur Marianne, il apparaît avec un crâne totalement hypertrophié et un sourire satisfait : Moi président. Bien sûr, Marianne souligne combien le brillant jeune homme a visiblement un problème : le peuple. Mais peu importe, « retracer le parcours du jeune Macron, écrivent Joseph Macé-Scaron et Hervé Nathan, c’est véritablement mettre ses pas dans cette nouvelle comédie humaine qui se met en place depuis une quinzaine d’années, ce mélange d’expertise mufle, d’élitisme cool et de cuistrerie décomplexée. Cet alliage si délicieux pour le système d’une ultra-légitimité et d’une petite différence. »
Ce que résume dans l’enquête du Monde un habitué des dîners du Siècle : "Il est celui dont le Siècle a toujours rêvé : homme de gauche faisant une politique de droite, jeune rassurant pour les vieux". Et qui sait si bien y faire, nous racontent Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, avec cet art de se trouver des mentors qui se transforment en mécènes. Mais très lucide, il constatait dans son bureau de l’Élysée en 2012 : "Ici, on a moins de pouvoir que chez Rotschild".

Relativité

En cette période de relativité de la droite et de la gauche, l’hebdomadaire Le Un nous rappelle un centenaire oublié mais crucial. Il y a un siècle, Albert Einstein élaborait la théorie de la relativité générale. Nous souvenons-nous que notre quotidien est totalement nourri de ce bouleversement majeur pour la science occidentale ? "Je ne me lasse pas de contempler le mystère de l’éternité de la vie", écrivait Albert Einstein qui constatait aussi : La majorité des imbéciles reste invincible et satisfaite en toute circonstance. C’est la seule chose qui ne soit pas relative.

Expérimentation animale

Le magazine Marianne est allé interviewer une philosophe qui publie un livre sur les animaux de laboratoires. Parce que dans l’indignation actuelle contre les souffrances animales, on semble oublier que l’action des laboratoires pharmaceutiques ne se fait pas forcément pour le bien de l’Humanité. Avec, en arrière fond, la surmédicalisation ou même, dit-elle, le fait que les recherches soient orientées vers une médicalisation de tous les états dans l’espoir de créer une dépense envers certains médicaments. Des médicaments qui pendant 10 ans auront été inoculés à des animaux que l’on rend dépressifs ou myopathes dans le seul but, bien sûr, de soulager nos maux.

Discrimination

Le site Slate se penche sur une discrimination généralement oubliée. Écoutez cette matinale, entendez-vous un seul accent ? Évidemment, si vous attendez Europe Midi, vous serez comblés, mais c’est l’exception. La question de savoir s’il faut abandonner un accent pour réussir se pose de façon très sérieuse, et plus encore en France qu’en Angleterre ou ailleurs. Pire, des études montrent que si les accents sont considérés comme charmants, avec une palme pour l’accent toulousain, quand il s’agit de sonner intelligent, rien ne vaut l’accent parisien. Alors proposons une marche des fiertés accentuées.


Le ministère de l’Education nationale ne s’est pas encore penché sur la question. Il est trop occupé à développer les enseignements interdisciplinaires censés sortir les enfants de l’ennui et donner du sens aux apprentissages. Le Parisien nous apprend donc quels sont les premiers exemples de sujets suggérés par le ministère : Pour marier les Lettres et les SVT : Gargantua, Emma Bovary mangent-ils équilibré ? On imagine ce que l’ironie ravageuse de Flaubert aurait fait de cette bouffonnerie à la Bouvard et Pécuchet. Mais comme les élèves ne sauront plus qui sont Bouvard et Pécuchet, peu importe. Comment disait Einstein déjà ? La majorité des imbéciles reste invincible et satisfaite en toutes circonstances.