Fillon revendique la radicalité de son projet

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce mercredi sur l’essoufflement de la campagne de François Fillon.

Ce matin en Une de vos journaux on s’inquiète de l’engorgement dans les hôpitaux :
Le Parisien : Grippe, l’état d’urgence.

Mais ce n’est pas le principal motif d’inquiétude :
Les Échos : La course aux armements est relancée dans le monde.

Et puis, on s’inquiète pour la primaire :
Le Canard enchaîné s’en amuse : le slogan des soldes que redoutent les socialistes : Tout doit disparaître !

Fillon

Les commentateurs commençaient déjà à gloser sur un essoufflement. Alors, il est de retour. En Une du Figaro : Fillon revendique la radicalité de son projet. Radicalité pour répondre à l’accusation de brutalité. Rémi Godeau s’en agace dans L’Opinion : "À ce rythme, on se demande si avec rudoyer, molester et cogner, réformer ne va pas aussi devenir un synonyme de brutaliser". Et pour parfaire son image, il a ouvert ses vœux à la presse par un peu de provocation, nous dit Libération: "Bienvenue dans l’insondable". Et ça marche puisque Libé, comme Le Parisien et le Figaro, a mis en exergue ses mots : "Vous devrez faire avec ma réserve et mes sourcils broussailleux". Mais dans Le Figaro, Guillaume Tabard a surtout retenu une phrase, adressée non pas au microcosme journalistique mais aux électeurs : "Je veux incarner l’orgueil d’une nation qui ne se laisse pas abattre". Tel sera sans doute l’enjeu de l’élection, plus que le nombre de fonctionnaires à supprimer.

À gauche

En Une de La Croix, la gauche en quête d’idées. Une famille de pensées, nous dit La Croix, qui a longtemps eu la haute main sur l’imagination de l’avenir, selon la formule du philosophe Marcel Gauchet. Les idées qu’aligne le journal, approfondir la démocratie, repenser la solidarité, semblent pourtant en-dessous de la main. Peut-être parce qu’elles ne cherchent qu’à faire renaître la social-démocratie agonisante. Alors autant aller se promener du côté de la revue Books, d’abord pour sa Une, Que reste-t-il de Marx ?, ensuite pour son article sur George Orwell. "Tout ce que j’ai écrit de sérieux depuis 1936, affirmait-il, a été écrit, directement ou indirectement contre le totalitarisme et pour le socialisme démocratique". Un socialisme démocratique qui lui faisait considérer Jean-Paul Sartre comme une outre pleine de vent, une gauche patriote et respectueuse de ceux qu’il appelait "les gens ordinaires". Anarchiste conservateur, comme l’a qualifié le philosophe Jean-Claude Michéa, qui est dans Le Monde, à l’occasion de la sortie d’un livre. On l’y accuse de populisme, de nostalgie, on s’insurge de sa critique de la gauche taubirienne. On lui reproche l’ironie de ce slogan : "Cours moins vite, camarade, le nouveau monde, celui du réchauffement climatique, de Goldmann Sachs et de la Silicon Valley, est devant toi". Surtout, Ariane Chemin consacre une enquête à ces nouvelles revues confidentielles fondées par de jeunes gens pas encore trentenaires qui se réclament de lui. Le Comptoir, Philitt, Limite… Et quelle horreur, ces jeunes sont conservateurs, anticapitalistes et décroissants. Une lecture pour ceux qui sont en quête d’idées.

Conflit d’intérêts

Le Monde et Le Figaro s’intéressent à une étude qui démontre que les facultés de médecine sont totalement investies par les laboratoires pharmaceutiques. Un lobbying permanent, sous-couvert de formation des jeunes médecins, et gagnant : il détermine largement les prescriptions des médecins une fois en exercice.

La France, empire maritime

Connaissez-vous Tromelin ? C’est un îlot perdu dans l’océan indien. Sur le Figarovox, Philippe Folliot, député LR du Tarn, et Irène Frain s’insurgent contre le fait qu’il pourrait être cédé sans contrepartie à l'Ile Maurice par un vote des députés le 18 janvier. Philippe Folliot a en commun avec Jean-Luc Mélenchon de s’intéresser aux extraordinaires ressources que la France pourrait tirer de son domaine maritime. Encore faudrait-il ne pas le brader par indifférence.


Il paraît que le Salon mondial de la high-tech de Las Vegas est l’endroit où il faut se montrer quand on est candidat à la présidentielle. Alors, qu’y trouve-t-on ? Dans le Canard Enchaîné, Jean-Luc Porquet nous décrit la première brosse à cheveux intelligente de l’histoire de l’humanité, présentée par L’Oréal. Bourrée de capteurs, elle évalue la qualité de vos cheveux, la force de votre brossage et enregistre le son qu’il génère, et bien sûr elle transmet à votre smartphone qui vous suggère les produits L’Oréal à acheter pour que vos cheveux vous remercient. Et compétitive, en plus : elle ne coûtera que 200 euros, c’est donné. Dans le livre de Jean-Claude Michéa, "Notre ennemi le capital", on trouve, nous dit Jean-Luc Porquet, ce rappel : l’élément clé de notre monde est "la nécessité inhérente à toute économie libérale de poursuivre à l’infini le processus de mise en valeur du capital" et ce, "quand bien même la plupart des marchandises ainsi produites se révèleraient tout à fait inutiles". "D’où vient cette impression bizarre, conclut Jean-Luc Porquet, qu’il y a plus d’intelligence dans ce livre que dans une brosse à cheveux intelligente ?".