Faut-il écouter les Cassandre ?

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce mardi matin, faut-il écouter les Cassandre ?

Là-dessus, le président est catégorique : "Il ne faut jamais céder aux Cassandre." Emmanuel Macron l’a dit lundi à ses ministres lors du conseil de rentrée. Problème, note Cécile Cornudet dans les Echos : "la voyante de la mythologie n’avait-elle pas toujours raison ?"  Et effectivement "Cassandre disait toujours la vérité mais personne ne l’écoutait, jusqu’à causer la perte de la ville de Troie, rappelle Maurice Bontinck dans la Charente Libre, qui ajoute "attention aux bonnes résolutions qui peuvent se retourner contre son auteur."

Alors Emmanuel Macron écoutera-t-il Pierre Gattaz ? Difficile en tout cas de le contourner. Le patron du Medef, dont l’université d’été à Jouy-en-Josas commence mardi, fait la Une de nombreux journaux. La Croix publie "les attentes des patrons" et le Figaro dresse la liste des indicateurs "qui inquiètent Gattaz"… Gattaz, Pierre… qui accorde une interview au Parisien, "Surtout ne lâchez rien !", lance-t-il à Emmanuel Macron, "la réforme, c’est maintenant", insiste celui qui redoute semble-t-il que l’exécutif recule. Il égrène les points capitaux : notamment ne pas restreindre le dialogue dans l’entreprise à la présence d’un représentant syndical et aller plus loin sur les prérogatives entre branche et entreprise."Et si le compte n’y est pas ?" demande le journal : "un patron ne fait pas grève, répond Gattaz, mais ce serait terrible ! Je recevrais tous les jours des plaintes de patrons me disant ‘non, Pierre, je n’investis pas, non, je n’embauche pas, j’ai peur'." La voilà la prophétie de Cassandre…

Des craintes que le journal l’Opinion dédramatise avec ce titre : "Medef-Macron, l’amour en douce", et Cyrille Lachèvre d’expliquer que "le thème, en off, de l’université d’été de l’organisation patronale c’est la positive attitude." "Nous sommes à fond derrière Emmanuel Macron", confie un grand patron qui regrette de ne pas pouvoir le dire au grand jour… A la veille de la présentation des ordonnances, il ne faut pas crier victoire trop fort…" Pourtant de l’avis des économistes, écrit le journal, ele texte est moins fait pour réduire le chômage que pour redonner une forme de liberté aux chefs d’entreprises.e A noter le dessin de Kak où l’on voit un Pierre Gattaz très sobre, trahit par un bouchon de champagne volant au-dessus de sa tête et cette bulle de texte : "nous observons le travail du gouvernement avec un optimisme prudent."

Voilà pour le patronat, mais le vrai Cassandre est peut être celui qui fait la Une de l’Humanité

Oui, puisqu’il s’agit du secrétaire général de la CGT, "loi travail XXL : l’avertissement de Philippe Martinez." Photo en gros plan, grosse moustache, gros froncement de sourcil… gros scepticisme surtout : "on voudrait nous faire croire qu’il s’agit d’un projet nouveau et qu’il est la seule solution pour réduire le chômage mais c’est un mensonge d’Etat", prévient le représentant de la CGT, "on reste dans la continuité des lois Hollande-Macron (…) la pseudo-reprise économique profite aux actionnaires ! La France est championne d’Europe de la distribution de dividendes mais le chômage ne baisse pas et les radiations de chômeurs continuent." Esprit chagrin la CGT, esprit chagrin…. Comment ne pas céder, donc, ne pas écouter les Cassandre ?

En lisant le billet de Michel Schiffres dans l’Opinion par exemple, qui nous parle de Némo, le nouveau chien du président, «"l’Elysée a confirmé l’adoption, un animal qui obéit parfaitement aux critères macroniens puisqu’il est croisé labrador et en même temps griffon noir." Sur son site, l’Obs nous précise que "Le chef de l’état a choisi son nom en référence au capitaine Némo du roman de Jules Verne  Vingt mille lieues sous les mers.  Bon, en grec, "nemo" signifie aussi "partager, distribuer"… et donc en prolongement "redistribuer". Comme quoi Emmanuel Macron ferait bien de se méfier. Le conseil CéGéTiste de Cassandre se niche peut être dans le nom de son chien…

De l’autre côté de l’Atlantique, aux Etats-Unis, le mauvais présage du jour est donné par le gouverneur du Texas…

Oui, Greg Abbott, dont l’avertissement figure en une du site du New York Times : "après la Tempête tropicale Harvey, la convalescence sera lente et longue". "Houston au défi d’une très chère reconstruction" titre le quotidien suisse Le Temps, les dégâts pourraient se compter en dizaine de milliards de dollars, et pour cause "les industries du pétrole et du gaz, touchées en plein cœur, inquiètent", "la moitié de l’activité se trouve paralysée", ajoute le Figaro…  Le Figaro qui rappelle utilement une prédiction que l’on connait déjà : "la montée du niveau des océans va aggraver les inondations". "Le changement climatique a eu un impact sur l’intensité de l’ouragan Harvey", assure le climatologue américain Michael Mann. "Aujourd’hui les zones développées comme Houston sont déjà protégées par des infrastructures mais ces défenses sont conçues pour un certain niveau de la mer", or les océans devraient monter de 20 centimètres d’ici 2050. Un défi incontournable pour les Etats-Unis qui compte 8 des 20 villes dans le monde listées comme étant les plus menacées. Entre autres New York, Miami et La Nouvelle Orléans.

Sur le même thème, enquête dans Libération : "pétrole et climat, un secteur menteur par essence". "L’industrie pétrolière connaissait les effets néfastes des énergies fossiles sur le climat mais a préféré entretenir le doute, avec l’appui des administrations américaines." Aude Massiot explique comment les experts au service des pétroliers ont eux-mêmes produits des études alarmantes, études enfouies sous 50 ans de com’ climatosceptique. Enfin, hasard de calendrier… Dans sa série sur les grands discours de la République, l’Humanité republie ce matin celui de Jacques Chirac en 2002 à Johannesbourg. "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. " Nous ne pouvons pas dire que nous ne savions pas…

Et puis, évidemment le sourire de Mireille Darc en Une de nombreux journaux…

A commencer par La Provence, qui parle du "dernier saut de la grande sauterelle." "La mort d’une icône" pour le Midi Libre, d’une "dame de cœur" pour La Nouvelle République qui retient la "réalisatrice engagée", tout comme la Croix qui insiste sur les nombreux documentaires qu’elle a réalisés, "une série de films où l’émotion et la rigueur s’allient en toute subtilité, écrit le journal, elle a suivi le quotidien de détenus, de religieuses, de malades du cancer, de prostituées, de sans abri, ou encore de femmes victime d’excision."

Mireille Darc qui prétendait, rappelle La Croix, "e pas être intelligente mais instinctive et sincère." Un peu comme Cassandre peut être, une femme d’une très grande beauté qui avait le don de parler vrai…