Emmanuel Macron tente de ne pas perdre l'équilibre

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce jeudi sur le soutien annoncé de Bertrand Delanoë à Emmanuel Macron qui pourait le faire basculer à gauche.

Ce matin en Une de vos journaux, c’est alerte rouge :
Les Échos : commerce extérieur : l’état d’urgence : 7,9 milliards de déficit commercial en janvier : le tissu industriel français est en lambeaux.
Et le Figaro prévient, pour ceux qui seraient tentés : Sortie de l’euro : un scénario noir pour la France.
Libération lance des propositions pour la transparence de la vie politique, interdiction d’employer sa famille : Tous s’engagent sauf un… Comment, François Fillon l’aurait pris contre lui ? Mais seul Jean-Luc Mélenchon précise à Libé que ce serait un sympathique replâtrage de la Ve République, mais que la vraie transparence devrait aussi concerner les oligarques, les puissants, les patrons de presse.
Et l’Humanité titre : Conflits d’intérêts : comment expulser le Cac 40 du Parlement.
Sinon, le Monde compare les programmes sur l’école primaire. Pas un candidat pour évoquer sérieusement la question des méthodes d’apprentissage et de la formation des maîtres. Ce serait peut-être un peu trop transgressif.
D’ailleurs, le Monde juge ces questions ringardes et regrette plutôt le manque d’innovation.

Présidentielle

Dans les éditoriaux ce matin c’est la pesée. Le ralliement de Bertrand Delanoë à Emmanuel Macron fait-il pencher la balance à gauche ? En Une de l’Opinion : Macron tente de ne pas perdre l’équilibre. Le Parisien est plus explicite : Macron va-t-il manger le PS ? Mais Le Figaro montre certains ressorts insoupçonnés du vote. Si 2/3 des électeurs sont convaincus par leur candidat et n’envisagent pas d’en changer, les hésitants balancent : 8% de centristes,  entre Fillon et Macron. 8% de gauche indécise, entre Mélenchon et Hamon. Et 8% d’anti système, entre Le Pen et Macron. Reste 10% qui n’ont pas choisi de candidat. Certains pourront peut-être choisir l’invité surprise de la présidentielle. Il est dans Le Parisien et il a déjà 480 parrainages. François Asselineau, plus connu sur les réseaux sociaux, revendique son pédigrée d’énarques diplômés d’HEC pour expliquer que son projet de sortie de l’Union Européenne n’a rien de farfelu. Son parti, l’UPR, qui se veut mouvement de libération national aurait 17.000 adhérents issus de toutes les professions "sauf celles de directeurs généraux des grandes banques".

Whirlpool

C’est Libération qui en parle. Mais le journal Fakir avait déjà alerté. L’usine de sèche-linge d’Amiens va être délocalisée en Pologne, laissant 286 employés sur le carreau. trois plans sociaux depuis 2002. À l’époque l’usine comptait 1.300 employés. "Electrolux, Bosch, tout est là-bas" déplore une salariée. En 2016, le groupe Whirlpool a réalisé 900 millions de dollars de bénéfices. Les salariés, eux, ont accepté les salaires gelés, le sacrifice des RTT. Pas assez pour empêcher la délocalisation : les sèche-linge feront donc 1.500 kilomètres pour revenir en France à la vente et pour grever encore la balance commerciale. "On a l’impression d’être les Kleenex de l’Europe" lance un délégué CFDT. Lors de la cérémonie des César, le journaliste François Ruffin, patron de Fakir, récompensé pour son film "Merci patron", avait évoqué Whirlpool. "Cela fait 30 ans que ça dure. Ce sont les ouvriers qui sont touchés et les ouvriers, on n’en a rien à foutre. Dans ce pays, il y a des sans dents mais surtout des dirigeants sans cran. François Hollande pourrait interdire les produits Whirlpool sur le territoire français, sortir de l’impuissance et se bouger le cul". Mais ce serait contrevenir aux règles européennes. Dans Le Figaro, Jean Claude Junker, patron de la Commission, signe une tribune pour vanter une politique industrielle européenne ambitieuse. Il n’a jamais mis les pieds à Amiens. Étonnant, tous ces candidats critiques de l’Europe qui émergent dans la présidentielle.

Ne pas oublier

Ça semble tellement loin, mais il y a deux ans, le crash des deux hélicoptères de l’émission Dropped en Argentine faisait 10 victimes. Et une dizaine d’orphelins dont sept de moins de 10 ans. Le Point nous raconte comment les familles sont obligées d’interpeller la secrétaire d’état chargée de l’aide aux victimes, Juliette Méadel. Une enquête compliquée, de nombreuses compagnies d’assurances, plusieurs experts en aéronautique, et un enjeu financier qui explique la lenteur des procédures.

Colette

À la fois journaliste, écrivain, grande amoureuse, et grande amie. Le Figaro littéraire célèbre la galaxie féminine qui entourait Colette, des amazones qui arboraient fièrement ce pantalon interdit aux femmes. Cheveux courts, divorcée. Une journaliste styliste à l’égal de Kessel ou de Giono et c’est ce style qui est sa plus grande liberté.


Voilà qui aurait sans doute fait rire Colette, le magazine Causette nous présente une nouvelle appli de copietonnage. Pour les femmes qui cherchent un chaperon pour leur trajet solitaire. Ces galants messieurs fixent eux-mêmes le prix de la course, de trois à cinq euros pour les 10 minutes de trajet. Bien sûr, la créatrice de l’appli précise que des femmes peuvent être chaperonnes et des hommes chaperonnés. En théorie. D’ailleurs, on aurait dû citer cet article hier : c’est la journée pour proclamer qu’on est féministe. Le reste du temps, on parle de choses sérieuses. Alors juste une chose. Colette n’était pas féministe. Elle était. Et c’est pour ça que son écriture est sublime.