Emmanuel Macron : l'hyperactivité d'un président

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, l’hyperactif président Macron.

À regarder les Unes, le chef de l’État est sur tous les fronts en même temps.

Après la lutte contre la pauvreté des enfants mardi, hier c’était le discours sur la nouvelle police de proximité. Discours qui fait donc la Une du Dauphiné, de la Nouvelle République, de la Dépêche du Midi, du Républicain Lorrain ou encore des DNA. "Sécurité : Macron affiche sa fermeté pour rassurer les français", titre Le Figaro. Mais en Une des pages "Éco" du même Figaro, "Macron engage aussi le chantier de l’apprentissage". Et dans Challenges, c’est le "chômage : ce que prépare Macron", titre le magazine. Une démultiplication qui s’explique peut-être parce que "le gouvernement cherche à sortir du piège de l’ISF", c’est ce que relatent Les Échos qui parlent d’une "guérilla" et rapporte la mise en garde du porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, qui redoute une "chasse à l’homme" contre les plus riches. Dans Le Parisien, le patron des députés En Marche à l’Assemblée, Richard Ferrand l’affirme : "Macron n’est pas le président des riches, mais le président du risque". Mais tout le monde n’a pas la même notion du risque. Exemple avec ce titre du quotidien l’Alsace : "8.000 emplois aidés en danger (…) les associations sont les premières touchées", écrit le journal. Dans le Monde, le président du Samu Social, Eric Pliez alerte aussi sur un autre risque, celui de voir le nombre d’enfants dans la rue augmenter : "Chaque nuit à Paris, dit-il, 500 enfants sont sans domicile fixe. Qu’adviendra-t-il dans quelques semaines lorsque les températures vont baisser ?". Il rappelle que les hôtels utilisés pour l’hébergement d’urgence sont saturés et plaide pour la construction de logements sociaux. Et puis il y a aussi cette pub de l’Union Sociale pour l’Habitat, présente dans presque tous les journaux, de l’Opinion à Libération : "toucher aux APL, c’est toucher à la solidarité nationale". Autant de petits indices qui expliquent peut-être la "guérilla" autour de l’ISF.

Autre titre encore très présent en Une des magazines : le scandale Weinstein.

Et oui, encore, dossier dans Le Point, dans Marianne, mais aussi dans Paris Match qui rappelle la promesse du principal intéressé, celle "de se soigner", manière de dire que son comportement est une maladie, une addiction chronique dont il serait lui-même la première victime. Sur 12 pages, Paris Match parle de "la révolte des actrices", une liste sans fin de témoignages, tous similaires : des hôtels et des femmes seules face un ogre en robe de chambre ouverte. Autant de récits glauques illustrés paradoxalement par de très belles photos, de stars en costumes chics et robes magnifiques qui sourient, toutes dents dehors, sur les tapis rouges du monde entier. Toutes ces photos, où Weinstein a systématiquement une main sur la taille des actrices. "Silence on viole" titre l’Obs qui rappelle qu’il y en a d’autres comme lui, que ce n’est pas seulement un homme qui doit "se soigner" mais toute la société qui est touchée. Muriel Salmona, psychiatre et spécialiste des violences sexuelles, est formelle : "Il faut en finir avec la culture du viol". "Qu’entendez-vous par culture du viol », lui demande l’Obs : "c’est tout ce qui invite à penser que c’est de la faute de la victime, c’est le déni des faits, c’est l’idée que les femmes, dans le fond, aiment qu’on les force". Muriel Salmona donne l’exemple du hashtag #BalanceTonPorc sur Twitter où là aussi, "quoi que fassent les victimes de violences sexuelles elles ont tort, tort de s’être tue, tort de balancer, ces réactions sont symptomatiques, dit-elle, de la culture du viol qui imprègne l’inconscient collectif de notre société".

Et puis un mot sur l’édito des Inrocks, intitulé "À nos lecteurs".

L’hebdomadaire qui s’excuse si sa Une sur Bertrand Cantat a "suscité une vive polémique", "notre intention n’était pas de raviver les souffrances, nous qui avons toujours lutté contre les violences faites aux femmes". Un édito qui a malheureusement le gout d’un scénario trop bien connu, celui de la brute qui tabasse et qui, juste derrière, vous jure que l’intention n’était pas de faire mal et qu’il faut tourner la page ou refermer le magazine, c’est selon.
Hasard de calendrier, à propos de lutte contre les violences faites aux femmes, un autre magazine dont c’est la vocation depuis sa création lance un appel aux dons. C’est le mensuel féministe Causette qui se dit "menacé de disparition" : "Comme nous avons fait le choix d’être indépendant et de limiter la publicité, nous n’avons que vous", explique l’appel en page d’accueil de leur site. Causette qui vous garantit en échange, la réception "d’un reçu fiscal pour déduction de 66% du montant du don". Là encore, on parle d’impôts…

Pour finir, vous avez une devinette.

Oui, trouvée en page 31 du Parisien ce matin : "Il est tout terrain et haut de gamme, c’est un 4x4 fabriqué par Bentley, le tout avec des allures de Ferrari car il est aussi très beau !". Alors ? De qui parle-t-on ? Eh bien du ténor superstar Jonas Kaufmann, qui joue le "Don Carlos" de Verdi à l’Opéra de Paris. C’est un spécialiste d’art lyrique qui le présente ainsi, et effectivement, le journal explique que Kaufmann est l’un des rares ténors à pouvoir "remplir une salle sur son nom, un phénomène que l’on n’avait pas constaté depuis Roberto Alagna, ou Placido Domingo (…) Alors à Bastille, les fans attendent avec fébrilité, explique Le Parisien, eux qui ont réservé six mois à l’avance pour entendre la star".
Peut-on être accro à l’opéra ? Le dernier numéro du Figaro Santé, dédié aux addictions, pose justement la question : "le plaisir d’écouter de la musique relève-t-il de la dépendance ? L’examen de notre cerveau montre bien que la répétition d’une musique chérie libère de la dopamine, et cela dès les premières notes, mais ce n’est pas suffisant pour parler d’addiction". Rien à voir nous dit le Figaro Santé avec les vraies dépendances répertoriées dans son numéro : alcool, drogue, cigarettes, Facebook, sucre ou encore travail. Si vous n’avez pas de place pour l’opéra Bastille, vous pouvez donc très sereinement vous poser dans votre canapé et prendre un shoot d’art lyrique devant votre télé, puisque comme nous l’apprend Le Parisien, le Don Carlos de Verdi est retransmis ce soir sur Arte, à 20h50. C’est beau, c’est sans danger et c’est gratuit.