Emmanuel Macron : ce qu'il a dans la tête

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce jeudi sur le boulevard fait à Macron dans la campagne présidentielle.

Ce matin en Une de vos journaux, l’homme providentiel est là.
On ne parle pas de la Une du Parisien : À quoi joue encore François Hollande, où l’on apprend qu’il se rêve à la tête du Conseil européen. C’est dans ses cordes depuis que l’Europe est à peu près dans l’état où il a laissé la gauche.
Non, c’est en Une du Point : Emmanuel Macron : ce qu’il a dans la tête.
Libération : Supporteurs de Macron : Pourquoi ils marchent.

Et la Croix s’intéresse au réseau Espérance banlieue qui veut transmettre la connaissance et l’amour de la culture française : Une autre école en banlieue.

Macron

Challenge parle en Une du boulevard fait à Macron. Il faut dire qu’on l’y aide bien : percée, phénomène.... Le plus intéressant est le sondage que publie La Croix et qui nous montre que 30% des électeurs de François Hollande de 2012 ont l’intention de voter Emmanuel Macron si Manuel Valls est le candidat du PS et 39% si c’est Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon. Mais il prend aussi 9 à 11% des candidats de Nicolas Sarkozy et même 6% de ceux de Jean Luc Mélenchon et 3 à 4% de ceux de Marine Le Pen. "Il répond à une envie de parole positive, explique une militante, ancienne de l’UDI, en faisant voir le verre à moitié plein. Il mène une campagne joyeuse sans promettre la lune". Mais un anxiolytique a-t-il jamais changé le réel ?

Xi Jinping à Davos

Le Monde revient sur le discours du président chinois fait de leçons à Donald Trump et d’odes à la mondialisation heureuse. Si le journal note qu’il est assez étrange de voir le chef d’un parti communiste voler au secours du libre-échange, le fait qu’il critique Donald Trump suffit à effacer tous les doutes. "Xi a prononcé un discours de bon citoyen du monde, juge un haut responsable d’Asie du Sud-Est. Le contraste avec les propos de Trump est presque humiliant". Le Figaro remarque que la Chine s’est même payé le luxe d’une pleine page de publicité dans le Wall Street Journal intitulée : la vision globale de Xi : un monde meilleur pour tous. Un seul éclair de lucidité : un politologue de Hong Kong qui remarque : "quelle ironie d’entendre le président parler d’ouverture, quand le régime fait le contraire, renforçant son contrôle sur les acteurs économiques". Sans parler des tensions en mer de Chine et des subventions massives aux entreprises étatiques qui écoulent leur acier à perte. Mais à Davos, on applaudit le libre-échange d’où que vienne l’éloge.

Sûreté nucléaire

Le Parisien donne la parole à Pierre Franck Chevet, président de l’autorité de sûreté nucléaire. Il nous explique que les difficultés financières d’Areva et EDF font peser un risque sur la sûreté des centrales. Il rappelle les falsifications de dossiers concernant la fabrication, au Creusot, d’éléments pour les centrales. Et conclut : "on ne peut pas dire que tout est sous contrôle quand il y a des anomalies". Rassurant.

Grammaire

Le Figaro a choisi d’en faire sa Une : Grammaire : cette nouvelle polémique qui agite l’école. L’apparition du terme prédicat dans les nouveaux programmes de CM1, CM2 et 6ème pourrait sembler anecdotique mais "derrière ce terme, estime le linguiste Alain Bentolila, se cache une idéologie épouvantable dont les enfants défavorisés sont les premières victimes". Une idéologie qui, sous prétexte de simplifier, introduit des notions utiles à l’université mais qui empêchent les enfants de se construire des connaissances sûres. D’autant qu’aujourd’hui arrivent des jeunes enseignants qui sont les produits de cet enseignement déstructuré. L’école française est la plus inégalitaire des pays de l’OCDE. Mais il n’y a aucun lien.

Bureaux nomades

Il n’y a pas que la grammaire qui soit déstructurée. Libération consacre un article à la nouvelle lubie managériale : les bureaux interchangeables. Le matin, les salariés se choisissent un bureau. Ils ont un casier pour leurs effets personnels. Pour les trouver, on les géolocalise par smartphone. Et comme on est moderne et qu’on s’intéresse à leur bien-être, il y a même un bistrot Faraday, endroit sans connexion, sans radiation magnétique, où ils peuvent débrancher. Des salariés en marche dans un monde qui bouge. Bien sûr, pas de livres, pas de documents, pas de mémoire. C’est inutile.


Dans la rubrique On nous prend pour des quiches, le magazine Causette nous parle de Lilou. Elle a fait son entrée le 5 décembre à l’aéroport de San Francisco. Lilou est une truie chargée de déambuler dans les terminaux pour détendre les voyageurs anxieux. Le tout certifié par la société américaine pour la prévention de la cruauté envers les animaux. Certes, elle est affublée d’un tutu bleu, d’un collier brillant et d’un chapeau de pilote mais ce n’est pas de la cruauté. Qui sait, bientôt, elle pourra se promener entre les bureaux nomades d’une entreprise moderne pour détendre les salariés. Un anxiolytique au moins aussi efficace que le vote Macron.