Élection de Donald Trump : Est-ce la fin de la mondialisation ?

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce mardi sur les conséquences de l'élection de Donald Trump sur la mondialisation.

Ce matin en Une de vos journaux on se souvient que la guerre fait rage en Irak :
L’Humanité : Reportage à Mossoul, au cœur de la bataille contre Daesh.
La Croix : Mossoul, l’exode, et le calvaire des habitants fuyant les horreur de l’État Islamique.

Dans Libération, on s’interroge sur les ratés, tout en admettant qu’on replongera à la première occasion : Sondage : le grand doute.

Et le Parisien s’essaie aux prédictions : photos de Manuel Valls et François Fillon : Les outsiders.

Trump

Alors que les Échos nous décrivent le plan choc de Trump pour les 100 premiers jours, le Monde se demande si l’arrivée au pouvoir du milliardaire ne signe pas la fin de la mondialisation. Le quotidien est bien obligé d’admettre que le discours dominant depuis 20 ans sur la mondialisation heureuse est démenti. Mais dans l’éditorial, on retrouve les fondamentaux : la démondialisation serait un fantasme agité par l’extrême-droite. Mélenchon, Montebourg, ça n’existe pas. D’ailleurs, la fragmentation des chaînes de production industrielle et la globalisation des services grâce au numérique démentent toute volonté de revenir sur la marche triomphale vers le libre-échange généralisé.  Pour le contrepoint, on lira plutôt le texte du journaliste Jean-Michel Quatrepoint, ancien du Monde, sur le site Figarovox : "Comme le Brexit tournait la page des années Thatcher, écrit-il, Donald Trump marque la fin d'un cycle idéologique néolibéral marqué par l'alliance contre-nature entre Wall Street et le Parti communiste chinois. On a oublié de dire aux populations occidentales que cette course aux moins-disants, social, fiscal, environnemental, se traduisait par un gigantesque transfert de richesses. Au profit, c'est vrai, d'une partie des populations des pays émergents, on pense bien sûr à la Chine. Mais aussi au profit de cette petite fraction d'élite mondialisée des pays occidentaux et surtout au profit des multinationales, de la finance, des marchés". Il ne s’agit pas de dire qu’il faudrait cesser d’échanger mais qu’il faudrait échanger sur d’autres bases éthiques.

Politique française

Il y a François Fillon un peu partout, Manuel Valls aussi. Dans Le Figaro, Guillaume Tabard se demande quel pourrait être son positionnement. Il ne peut pas faire le coup du divorce avec Hollande. Le rôle a été préempté par Emmanuel Macron. Ni tueur, ni dauphin, donc. Entre l’expertise au doigt mouillé et art de la divination. Quant à Emmanuel Macron, il est dans Le Monde. Une enquête qui déballe tout, le communiquant Stéphane Fouks qui en fait le traître pour préserver son ami Manuel Valls, le banquier Philippe Villin, rédacteur du programme fiscal de Nicolas Sarkozy, qui fait courir des bruits sur une double vie, ce qu’il appelle le "Macron fake", bref, des coteries de dîners en ville et du billard à trois bandes. Très peu de politique.

Trafic de drogue

Les enjeux qui touchent les Français, on les trouve ailleurs. Il y a par exemple la Une du Figaro : Le désarroi des maires face au fléau du trafic de drogue. Des réseaux reconstitués aussitôt que démantelés, à Saint-Ouen, le deal à ciel ouvert devant les écoles. Le trafic, dit un spécialiste, occupe plus de 200.000 personnes. L’Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice observe avec intérêt les systèmes de légalisation du cannabis dans certains États américains. Pour l’instant, dans le Colorado, une consommation en hausse et des produits plus concentrés. On voit fleurir des produits financiers liés à ce commerce et Microsoft a mandaté une entreprise pour investir dans le cannabis. Ça rapporte. Mais le modèle de légalisation libérale n’est pas le seul. Parfois, quand l’État s’en mêle, c’est mieux.

Drones

Les Échos nous alertent sur le prochain défi sécuritaire : les drones. Leur utilisation, nous dit l’article, reste une niche pour les terroristes. Parce que leur autonomie, leur rayon d’action et leur charge utile augmentent. Et parce qu’on ne peut pas bloquer les systèmes de GPS pour les stopper : trop de risques en matière de sécurité aérienne. Détection acoustique, drones anti-drones : on tâtonne et ça va coûter cher.


Les GPS n’équipent pas seulement les drones. Le magazine Causette, dans sa rubrique "On nous prend pour des quiches", salue l’invention du jean avec GPS intégré. Il vibre à gauche, je tourne à gauche. Il me chatouille à droite, je tourne à droite. D’après la start-up française qui l’a imaginé, il permet de lutter contre le burn-out. Parce qu’il signale les e-mail. On se réjouit de la vitalité des start-up françaises. Mais le progrès, disait George Orwell, c’est ce qui nous rend plus humains.