Donald Trump suscite la peur dans vos éditos

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Ce matin, dans vos journaux, Donald Trump suscite la peur

Le président américain, bouche ouverte et main levé devant le célèbre marbre vert de la tribune des Nations Unis, la photo fait la Une du Dauphiné sous le titre "Trump, la menace". On la retrouve aussi en première page des Echos, du Figaro et de Libération. "Prêt à détruire totalement la Corée du Nord, Trump brandit l’apocalypse".
Et vos journaux de mettre en scène le face-à-face Macron/Trump, comme Hubert Coudurier dans le Télégramme. "Face au cow-boy Trump, docteur Folamour menaçant de détruire la Corée du Nord, que peut notre jeune président ?". Eh bien il peut déjà jouer "l’anti-Trump !" : analyse de Laurent Marchand dans Ouest-France, "les grossièretés du président américain permettent à Macron d’incarner une France beaucoup moins alignée sur Washington que ces dernières années". Bref, "c’est du sur-mesure, ajoute Xavier Brouet dans le Républicain Lorrain, Macron endosse ainsi le costume de porte-parole du syndic des copropriétaires de la planète". Voilà, vue de France, la virulence du discours de Trump a au moins une vertu : celle de donner tout son relief à ce que le Figaro appelle "le vibrant plaidoyer pour le multi-latéralisme d’Emmanuel Macron."

Notons que ce "vibrant plaidoyer" du "porte-parole des copropriétaires de la planète" relève du prisme franco-français puisqu’aucune photo de notre président ne fait la Une de la presse étrangère.

Retour en France, où la peur des cyclones fait toujours la Une

Oui les ouragans, évidemment, après Harvey, Irma et José, "Maria tue en Guadeloupe", titre la Nouvelle République. "Sont-ils incontrôlables" s’interroge 20Minutes.
Il y a aussi cette photo reprise par plusieurs journaux où l’on voit un tapis de gravas jonchant la route qui longe l’océan au Carbet en Martinique. On la trouve par exemple en Une de La Croix qui s’inquiète de l’impréparation des Antilles face à ce genre d’évènements.

Et puis qu’est ce qui fait peur en France ? Tout autre chose, figurez-vous : la pilule contraceptive. A vrai dire, depuis un mois, on trouve des articles sur le sujet un peu partout. Et ce matin, c’est Le Monde qui explique "pourquoi les femmes délaissent la pilule". "C’est qu’il y a un ‘avant’ et un ‘après’ décembre 2012, écrit le journal, cet hiver-là, une histoire marque les esprit, celle de Marion, étudiante promise à un brillant avenir et frappée par un AVC qu’elle attribue à sa pilule soudain, chez les femmes c’est l’affolement, les plaquettes sont jetés à la poubelle : "elles avaient peur de mourir", raconte une gynécologue. Dans les cabinets, on tente de rassurer, les risques sont connus et rares, mais, le discours n’imprime plus". Un mouvement "no pilule" que les spécialistes déplorent, rappelant notamment que l’effet préventif de la pilule pour le cancer des ovaires et de l’endomètre n’est plus à démontrer. Des témoignages et points de vue à lire donc dans Le Monde.

Dans la presse également, il y a aussi des phénomènes politiques qui font peur.

Et oui, le rouge voyons, le rouge fait toujours peur. Alors il y a bien Poutine, en Une des Inrocks, mais il y a surtout Jean-Luc Mélenchon. "Jusqu’où ira-t-il ?" s’inquiète l’Express avec ce sous-titre, "les Insoumis veulent déferler sur la France" et un dossier de 17 pages ! Du Mélenchon tout rouge aussi en Une de l’Obs, "la rue a-t-elle toujours raison ?", demande l’hebdomadaire publiant en première page une oeuvre de l’artiste C 215 qui explique dans quel état d’esprit il a peint le visage de Mélenchon : "quand je fais un pochoir comme celui-là, je veux qu’il créé chez le spectateur une forme d’émotion, ce portrait exprime donc une certaine ambiguïté, Mélenchon apparaît à la fois solennel et inquiétant, dit l’artiste." C’est vrai qu’il n'a pas l’air très très sympa sur cette peinture. Page 32, on notera tout de même ce petit conseil donné par Mélenchon à un lycéen : "le jour où tu déprimes, pense à moi !" Bon. Sans trop s’avancer, on peut douter du fait que ce genre de vision rassérène le lecteur dépressif de l’Obs.

Et puis, ça ne fait pas peur mais ça distrait : les guerres intestines au Front national. La rupture quasi-consommée entre Marine Le Pen et Florian Philippot divertit semble-t-il vos journaux. Faut dire qu’il y a matière à s’amuser. "Le FN secoué par des couscous sismiques !", titre le Canard Enchaîné, "La scission est en marche !, ajoute Yann Marec dans le Midi Libre, le coureur des plateaux télé, n’est pas loin de tomber la tête dans la sciure, preuve conclue-il, que le Front National est bien un parti comme les autres". Dans les Echos, Cécile Cornudet ironise : "que serait le FN sans Philippot ? Sans doute moins que le FN sans le père puisque, si Jean-Marie Le Pen a fait du FN un parti, Philippot en a fait une force." Ironie et dithyrambe donc ! C’est qu’on est à deux doigts de perdre notre épouvantail préféré. Allez savoir.

A propos d’épouvantail, et pour conclure : vous n’échapperez pas à la photo du clown tueur du film "Ça" qui sort aujourd’hui

"Ça" fait très peur, prévient le Parisien. "Tout ça pour ‘Ça’", tempère Libération pour qui "l’adaptation du roman de Stephen King se contente des vieilles recettes sans intérêt". Pour aller plus loin, et si vous êtes abonnés au site de Télérama, vous pouvez lire le reportage de Cécile Mury, qui raconte la difficulté d’être clown professionnel en 2017. "Une petite dame est garée dans une rue quelconque aux Etats-Unis, tout à l’heure, elle ira faire le clown dans un goûter d’anniversaire. C’est son travail, elle est déjà en costume. Soudain, quatre policiers encerclent la voiture. Des gens les ont appelés pour signaler la présence d’un clown dans le voisinage. Une scène devenue habituelle et qui désole la présidente de l’Association Mondiale des Clown : "les fillettes tombent amoureuse des vampires et des loups-garous, mais elles sont allergiques aux clowns".

Elle pourra toujours se rassurer en se disant qu’il n’y a pas que les clowns, il y a les zombies aussi. Comme le rapporte Le Monde, "le zombie walk, la parade des zombies prévue en marge du festival du film fantastique de Strasbourg a été annulée. "Malgré un accord de principe de la Police, écrit le journal, la préfecture a finalement donné un avis défavorable, dubitative sur la possibilité de distinguer le vrai du faux sang". 

Comme quoi, la meilleure façon de se faire peur, a priori en toute sécurité, c’est encore de pouvoir s’offrir un ticket de cinéma.