Dépenses publiques : tout reste à faire

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce jeudi sur le rapport de la Cour des Comptes qui dévoilent les plus grosses dépenses publiques.

Ce matin en Une de vos journaux il revient une fois par an, il fait les gros titres et puis il disparait : c’est le rapport de la cour des comptes.
Les Échos : dépenses publiques : tout reste à faire.
Le Figaro : cour des comptes : l’ultime charge contre la gestion socialiste.
L’Opinion : Écotaxe : un Royal scandale.

Mais les regards sont essentiellement tournés vers Aulnay-sous-Bois :
La Croix : Aulnay, la police en accusation.
Le Parisien : Aulnay-sous-Bois : Révélations sur une bavure.
Le Monde : violences policières : l’affaire d’Aulnay prend une dimension politique.

Aulnay

Comme l’écrit Guillaume Goubert dans La Croix, "la violence contre Théo est, hélas, le pendant de la terrible agression subie par des policiers dans leur voiture le 8 octobre à Viry-Châtillon, deux d’entre eux ayant été gravement brûlés". Condamner la violence des policiers est indispensable pour tenter d’enrayer une désastreuse escalade. Mais le récit minutieux des faits dans le Parisien nous montre à quel point l’apaisement sera difficile. "En quelques minutes, écrit Jean-Marie Montali, ces agents ont balayé les efforts de tous ceux qui (policiers compris), jour après jour, centimètre après centimètre, se battent, vaille que vaille, contre ces autres fléaux qui gangrènent les quartiers : la violence de l’exclusion, celle des gangs, et celle des dealers". Les policiers racontent qu’ils soupçonnaient l’un des jeunes du groupe d’être un guetteur. Tout le reste oppose la parole des uns à celle des autres : Théo s’est-il interposé pour ramener le calme ou bien a-t-il crié "je m’en bats les couilles de ton contrôle", comme l’affirment les agents ? Le Parisien donne la parole à Wissam, un père de famille qui tente de calmer les jeunes d’Aulnay. Et puis, Sébastien, agent de la BAC en banlieue parisienne : "la violence est systématique de la part des jeunes, c’est une guerre de territoires. Le simple fait de passer en véhicule pose problème. Mais on ne passe pas dans les cités pour se promener ou provoquer. C’est là que se déroulent certains trafics. huit fois sur 10, on a droit à des insultes : bâtards, sales chiens. Soit on passe, soit on s’arrête. Passer comme si de rien n’était, c’est accepter qu’on vous manque de respect. Ensuite, il n’y a plus de limites. Mais s’arrêter c’est prendre le risque de l’engrenage. Rapidement, vous pouvez être encerclés par une trentaine d’individus. Il ne faut surtout pas oublier de lever la tête, en permanence. Une fois, j’ai pris un chariot de supermarché à travers le pare-brise lancé du premier étage d’un immeuble". L’agression de Théo n’est que le résultat de décennies de renoncement.

Fin du travail ?

C’est la Une de Libération : Fin du travail : les caissières en première ligne. Aux États-Unis, Amazon teste des magasins sans personnel : on paye via une application Smartphone. Dans cette uberisation, les caissières ne sont que les premières. Certains croient en la fameuse destruction créatrice du penseur libéral Schumpeter. Mais comme le résume une spécialiste "toutes les caissières ne vont pas devenir des datanalystes. A l’anxiété croissante que génèrera cette robotisation du monde, répondront toujours plus de service requérant ce que l’humain sait faire de mieux, à savoir du rationnel, l’empathie en prime". Certes, mais qui rémunère l’empathie et le relationnel ? Il faut lire surtout l’interview du philosophe Bernard Stiegler. Il établit une différence entre l’emploi, aujourd’hui prolétarisé et le métier, qui n’est pas réductible au traitement de données par des algorithmes, parce qu’il s’appuie sur un savoir. C’est en redonnant de la valeur au savoir que l’on pourra reconstruire l’économie.

Écologie dans la campagne électorale

C’est un des sujets qui permet de montrer qu’on envisage le monde qui vient. Jean-Luc Mélenchon, nous dit Libération, l’a préempté avec sa planification écologique. Dans le Parisien, c’est Emmanuel Macron qui se positionne. "Le seul point sur lequel Benoit Hamon peut sembler plus moderne que toi, lui aurait soufflé un de ses proches, c’est l’écologie". Du coup, il discute avec Nicolas Hulot. Le même qui plébiscite la planification écologique. Cette planification que critique EELV parce que ça ne sonne pas assez européen. Alors, nous dit le Figaro, les Verts se tournent vers Benoit Hamon. Cécile Duflot est de retour. L’écologie se porte très très bien en campagne électorale. Le reste du temps, c’est moins sûr.

Crise de la laitue

Le Monde nous raconte comment la Grande Bretagne vit une crise de la laitue et des fruits et légumes en général. Les intempéries qui ont frappé l’Espagne ont déclenché une pénurie. Les supermarchés rationnent : trois laitues par client. En fait, le Royaume Uni importe la moitié de ses légumes et 90 % de ses fruits. La dernière fois qu’il a été autosuffisant, c’était en 1780. Et puis, ça ne dérange pas les Britanniques de manger de la salade en hiver et de trouver sur leurs étals des fraises d’Espagne et des myrtilles du Chili.  Les consommateurs ne regardent même pas d’où viennent les produits. Le point de vue officiel britannique, c’est que la meilleure sécurité alimentaire, c’est le libre commerce. Sauf quand la planète ne peut plus.


Le Huffington Post nous apprend qu’une marque de nourriture pour bébés a demandé à deux psychologues de concevoir la chanson idéale. Ils se sont fondés sur quelques études montrant que les tout petits préfèrent les mélodies en mode majeure et les rythmes rapides, calés sur le rythme cardiaque. Et puis, ils ont compilé leurs sons préférés. Et ils nous expliquent qu’ils vont continuer à travailler sur la meilleure manière "d’introduire les bébés à la musique". Nous vous proposons donc d’écouter le résultat et ensuite de filer acheter quelques disques de Ravel, de Bach ou de Mozart pour vos enfants. C’est la différence entre la création humaine et les compilations de données.