Débat de la primaire, les sept dans l’arène

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce jeudi sur le premier débat de la primaire de la gauche qui aura lieu ce soir.

Ce matin en Une de vos journaux, tout le monde attend que le spectacle commence.

Le Midi Libre : Débat de la primaire, les sept dans l’arène.
Le Monde : primaire à gauche : ce qui sépare les candidats.
L’Opinion : l’heure de vérité pour la génération perdue du PS.
Et Libération poursuit ses invitations. Aujourd’hui, Vincent Peillon.

Trump

Le Figaro en a fait sa Une : L’ombre russe plane sur la présidence Trump. "Faut-il voir dans ce mauvais feuilleton l'avenir de la chose politique, réduite à un spectacle de cabaret, à quelques tweets délirants, réglée comme un show où le sort des peuples se jouerait entre deux spots de pub ?" s’inquiète Jean Louis Hervois dans La Charente Libre. "Comme à la fin des films d’espionnage trop compliqués, conclut-il, on y comprend plus rien". "Histoires vraies ou pas, prédit Christophe Bonnefoy dans Le Journal de La Haute Marne, il est fort probable que les quatre ans de présidence de Donald Trump seront jalonnés d’abracadabrantesques échanges entre lui et ses détracteurs et d’excès linguistiques dont il a le secret". Pourtant, de nombreux commentateurs, pourtant peu suspects de trumpisme, expriment leur malaise. "Le rôle de la presse n’étant pas de relayer des rumeurs non vérifiées, écrit Laurent Bodin dans L’Alsace, la publication hier d’éléments faisant état de la possession par les russes de dossiers compromettants pour le futur président américain est particulièrement mal venue". "Le problème, juge Sébastien Lacroix dans L’Union, c’est qu’il se trouve des médias pour publier ce fatras de suppositions faisant passer Trump pour une marionnette de Moscou (...) On nage en plein délire. CNN et le New-York Times avouent qu'ils relaient mais n'ont pu recouper aucune des informations. Dans ce pitoyable déballage de rumeurs, ceux qui ont le plus à perdre sont les journalistes. Déjà éreintés pour leur partialité durant la campagne, discrédités pour avoir été incapables de voir venir la victoire de Trump, ils sont prêts à s'enfoncer un peu plus en donnant l'impression de persister dans leur combat contre celui qui vient d'être élu". Même si, dans Le Figaro, Arnaud de la Grange juge qu’on est encore loin de l’Impeachment, on sent que certains se prêtent à rêver.

Primaire de gauche

"Les Cassandre de la politique, très nombreux, prédisent une sorte de catastrophe télévisuelle, pour ne pas dire le naufrage en direct de la sociale démocratie française" s’inquiète Jean Claude Souléry dans La Dépêche du Midi. "Le délicat exercice télévisuel de ce soir peut se révéler une arme à double tranchant, ajoute Yann Marec dans Le Midi Libre : un tremplin pour le second tour ou un ascenseur pour l’échafaud". Le Parisien s’intéresse surtout au parcours de ces quatre bébés Jospin, lancés à l’époque bénie de la gauche plurielle. Mais ont-ils compris ce qui s’est passé en avril 2002 ? Pas plus que les médias, qui en sont toujours à chercher, comme L’Obs, 25 idées pour réveiller la gauche, ou comme Le Parisien lui-même, qui titre en Une : patriotisme économique, faut-il vraiment fermer nos frontières ? Dans son éditorial Jean Marie Montali retrouve les vieux réflexes, parle de crispation narcissique, de barrières qui isolent du monde. C’est finalement le dessin de Rançon qui résume le mieux. Un père dit à son adolescent : "le patriotisme économique, ce serait d’acheter des sneakers made in France". Il répond : "mais on ne trouve pas d’enfants pour en fabriquer en France". Acheter toujours moins cher, c’est choisir un système économique et social et c’est se condamner à payer les indemnités des chômeurs que l’on crée. Réveiller la gauche, c’est prendre conscience de cela.

Littérature en BD

Le Monde promeut sa nouvelle série : Les grands classiques de la littérature en bande dessinée, cautionnés par les Cours Legendre, l’écrivain Daniel Picouly et la Fédération Internationale des professeurs de français. Des professeurs, donc qui trouvent formidable que leurs élèves puissent lire Notre Dame de Paris ou le Tour du Monde en 80 jours en bande dessinée (au graphisme visiblement peu inventif) pour s’épargner la fatigue de lire des livres. Des professeurs de français qui n’ont visiblement pas compris que l’intérêt d’un chef d’œuvre n’est pas dans l’histoire qu’il raconte mais dans la façon dont il la raconte, dans les mots pour le dire.

Où sont les prophètes ?

C’est le dossier de la revue Esprit de ce mois de Janvier. Une réflexion sur l’espérance, sur la poésie et son lien avec la prophétie, sur l’art et la manière de s’inventer des futurs. La preuve que les mots créent des images et n’ont donc pas besoin d’être traduits en image.


Le magazine L’Année laser, nous raconte que les œuvres cinématographiques non plus ne se suffisent plus à elles-mêmes. Il faut pimenter la séance de cinéma. Regarder les Dents de la Mer vautré sur une bouée dans une piscine à Strasbourg, Aller au cœur d’une forêt pour visionner un film qui parle d’une forêt, ou visionner Mission Impossible suspendu dans le vide après une escalade. Cela dit, quand le film est mauvais, pourquoi pas. Ça trompe l’ennui. Si ça se trouve, le débat de ce soir, visionné au milieu d’un happening participatif ou dans un potager citoyen, ça peut être une expérience fabuleuse.