Dans la presse, des idées pour penser autrement

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce mardi matin, des pistes pour penser autrement…

Oui à commencer par la façon dont on se déplace puisque les assises de la mobilité commencent mardi à Paris, et vos journaux proposent chacun des pistes pour réinventer les transports. C’est le dossier de La Croix par exemple, qui titre "Se déplacer autrement", avec en photo de Une… une trottinette. En pages intérieures le journal s’intéresse aux options expérimentées dans d’autres pays : il y a les voies réservées au covoiturage en Californie, les téléphériques urbains à Medellin en Colombie, les villes comme Pontevedra en Espagne où les voitures sont bannies. Quant à l’option trottinette, elle est très sérieuse puisque plusieurs communes d’Ile-de-France en ont déjà mises en libre-service.

Dans Sud-Ouest ce matin, on trouve aussi la gratuité des transports en commun. Meilleure option d’après le journal pour convaincre les habitants de laisser la voiture au garage. Ça marche à Niort, mais aussi à Libourne en Gironde depuis sept ans, Dunkerque va s’y mettre dans un an. Mais attention prévient l’économiste, spécialiste des transports, Yves Crozet, "avant d’envisager la gratuité, il faut d’abord s’attaquer de front à la circulation et au stationnement. Autrement dit, à la dépendance à l’automobile." Et pour cause, Le Figaro rappelle que 80% des français se déplacent en voiture, 19% seulement en train et en bus. Sachant qu’en ville, le taux moyen d’occupation d’un véhicule est de… 1,06 passager. Autrement dit une personne par voiture.

Et le sujet est d’autant plus brûlant que la pollution tue. Article à lire dans Les Echos : d’après une étude publiée dans la revue Environnemental Research, 10.000 morts peuvent être imputées chaque année en Europe à la pollution aux particules fines émises par les véhicules diesel, "c’est 5000 de plus que pour les véhicules essences", écrit le journal qui conclue avec un argument de poids pour penser autrement la façon dont on se déplace : "les pays comptabilisant le plus de décès sont l’Italie, l’Allemagne… et la France".

Penser autrement, c’est aussi ce que suggère une tribune publiée dans Le Monde à propos de notre Histoire…

Oui, elle est cosignée par Louis Georges Tin, président du Cran, le Conseil représentatif des associations noires, et par le philosophe Louis Sala-Molins, et son titre a bien échauffé les esprits sur les réseaux sociaux puisqu’il propose "d’enlever le nom de Colbert aux lycées et collèges qui le portent". Alors les auteurs s’appuient sur le débat qui agite les Etats-Unis depuis l’été : faut-il oui ou non déboulonner toutes les statues des généraux sudistes, partisans de l’esclavage ? "Or, disent-ils, la question des emblèmes esclavagistes se pose aussi dans notre pays : on ne peut rester dans le déni comme si ce problème n’existait pas." Et de suggérer, donc, de changer le nom de la dizaine d’établissements scolaires portant le nom de Colbert. "Pourquoi Colbert ? Parce que le ministre de Louis XIV, écrivent les auteurs, a jeté les fondements du Code Noir, ce monstre juridique qui légalisa l’esclavage, et parce que Colbert a aussi fondé la compagnie des Indes occidentales, compagnie négrière. Bref, en matière d’esclavage, Colbert, c’est la théorie et la pratique."

Sans surprise, cette tribune, d’abord publiée sur Lemonde.fr, a suscité nombre de commentaires. Comme souvent, on mesure la témérité d’une idée en jaugeant le profil de ses détracteurs. C’est ce qu’a fait le Figaro Etudiant, en listant les tweets indignés de Sébastien Chenu et Florian Philippot du Front National, ou encore du mariniste Gilbert Collard… Des réactions que la tribune publiée dans Le Monde avait anticipées : "ceux qui sont attachés à Colbert et ne veulent retenir de lui que le ministre qui sut rétablir l’économie française agissent comme ces gens qui célèbrent en Pétain, non pas le représentant de Vichy mais le vainqueur de Verdun (…) mais les noms des bâtiments ne servent pas à garder la mémoire des criminels, ils servent à garder celle des héros, c’est pour ça qu’il n’y a pas en France de rue Pierre Laval mais qu’il y en a de nombreuses portant le nom de Jean Moulin." Et de suggérer au ministère de l’Education "d’engager une réflexion" pour mettre en valeur les noms des héros de la lutte contre l’esclavage. Une tribune signée par le présentateur Harry Roselmack, l’ancien ministre Victorin Lurel, et le champion du monde de foot Lilian Thuram.

Enfin, quelques pistes pour penser autrement notre quotidien…

Oui, d’abord cet entretien dans le quotidien de Dijon, le Bien Public, interview de la californienne Béa Johnson, que le New York Times a proclamée "papesse de la vie sans déchets". Elle est l’auteure d’un best-seller sur le sujet traduit en 17 langues. "Tout a commencé par un déménagement, explique-t-elle, mon mari et moi avons réalisé que nous avions 80% de choses inutiles, et donc à jeter, nous étions attristés en pensant au futur qu’on allait léguer à nos enfants, et c’est là que j’ai eu le déclic."

Béa Johnson a donc tout changé, elle n’achète qu’en vrac, fabrique elle-même ses produits d’entretien et son maquillage. Ce qu’elle produit comme déchet sur un an tient dans un simple bocal. "Ce mode de vie, dit-elle, ça n’est pas du tout ce que vous imaginez, c’est simple et ça permet de faire de nombreuses économies". 40% de budget gagné pour ce qui la concerne. Et pour encourager le lecteur, elle souligne les atouts de la France : "vous n’imaginez pas, par exemple, la chance que vous avez d’avoir des marchés pour faire vos courses !" Et de donner les règles de base pour y arriver : refuser (les sacs en plastiques qu’on vous propose), réduire sa consommation, réutiliser ce qui peut l’être, recycler et composter.

Et puis, penser autrement… l’idée s’applique particulièrement à cette semaine hivernale où tout le monde éternue, tout le monde est soudainement malade. Penser autrement notre santé donc. Article à lire dans le Parisien ce matin, sur l’épidémie de rhumes et de coups de froid qui sévit autour de nous. Témoignage désarmant de Jules, 17 ans et malade : "j’avais une soirée vendredi et je venais d’acheter un beau t-shirt, donc pour qu’on le voit bien, je suis sorti en manches courtes." Voilà, il faut penser autrement, Jules… Un nez qui coule, une bouche pâteuse et des yeux globuleux n’emballent personne.