Comme un air de fronde au PS

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce jeudi sur l'inquiétude des membres du Parti socialiste concernant le démarrage poussif de la campagne de Benoît Hamon.

Un parfum de crise à gauche chez Benoit Hamon.

Il y a "comme un air de fronde" au PS, titre Libération.
"Un début de campagne poussif" pour le Parisien-Aujourd’hui en France.
"Le malaise", carrément, à la Une du journal L’Opinion.

"Quelle mouche a piqué Benoit Hamon ?", s’interroge le Parisien. Peut-être la mouche tsé-tsé, répond un cadre du PS, sur le ton de l’ironie, le candidat va à son rythme, trop lentement au goût de certains.
Peu de prise de parole et un agenda plutôt léger, un membre du gouvernement s’agace : "on est ravi qu’il aille dans une ferme bio en Seine et Marne mais lundi, en pleine crise des banlieues, Benoit Hamon aurait pu choisir autre chose. À force de jouer le décalage, on finit par sortir du jeu".
De son côté, L’Opinion raconte une réunion plutôt houleuse à l’Assemblée Nationale. Le cœur des députés PS s’est lâché dans une ambiance tendue, nerveuse, dit-on. Pour le journal, elle met en lumière "la difficulté de faire campagne pour un candidat minoritaire dans sa propre famille politique".
Même son de cloche dans Libération où les proches de François Hollande ne parviennent plus à masquer leur inquiétude. Comment faire pour rassembler ? Un conseiller ministériel a une petite idée : "il faudrait peut-être penser à aller chercher les 800.000 gus qui ont voté Valls à la primaire et les électeurs qui n’ont jamais lâché Hollande par loyauté, dit-il. On ne peut pas être au deuxième tour en n’allant gratter des voix que du côté de la gauche, vers Jean-Luc Mélenchon ou Yannick Jadot".
En filigrane, certains en profitent pour brandir la menace d’un vote pour un autre candidat, Emmanuel Macron. On notera, par ailleurs, que la majorité des commentaires recueillis ce matin sont aussi énervés qu’anonymes.
"C’est le bureau des pleurs", rétorque le camp de Benoit Hamon. Hamon qui parle cette semaine dans les Inrocks. L’hebdomadaire publie une longue interview. "La gauche n’est puissante que si elle est unie", affirme le candidat. Benoit Hamon utilise les mots "bienveillance", "bien-être" et "harmonie", des mots qu’il faut remettre au centre du débat politique, dit-il. On lui souhaite bien du courage !

Après la gauche, la droite ! Pendant ce temps, chez François Fillon…

"Depuis quand n’avaient-ils pas partagé une soupe à la grimace, ces deux-là ?". Question de Denis Daumin dans la Nouvelle République. Ces deux-là, ce sont François Fillon et Nicolas Sarkozy. "Ils ont évité la Saint-Valentin, ce qui aurait fait ricaner". Bref, le déjeuner le plus commenté de la semaine.
"Il y a du qui perd gagne dans cette présidentielle", constate Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute-Marne. Qui aurait imaginé ce scenario ? Voilà un ancien président de la République, laminé dans la primaire et métamorphosé aujourd’hui en parrain de son propre camp.
Le parrain ou le patron, ces termes reviennent souvent chez vos éditorialistes ce matin. "SOS Sarkozy", titre Yann Marec dans le Midi Libre, avec l’hypothèse François Baroin mise en avant. Et depuis hier soir, le débat sur l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans, une disposition que François Fillon avait pourtant combattue pendant la primaire mais que défendait Nicolas Sarkozy.
Pour Patrice Chabanet, "l’ancien locataire de l’Élysée doit savourer ce moment délicieux où il repart en campagne par procuration".

Et enfin, pendant ce temps, chez Marine Le Pen…

"Pour elle tout va bien", c’est le titre à la Une du Parisien Aujourd’hui en France. Tout semble glisser sur la candidate du Front National et Stéphane Albouy pose la question : "a-t-elle une chance, même infime, de remporter l’élection présidentielle ?". Avant, on aurait balayé le sujet d’un revers de la main, oui mais ça c’était avant, avant Donald Trump et avant le Brexit.
Depuis des années, constate le Parisien, lorsque l’hypothèse d’une victoire à l’Élysée est évoquée, on sort immanquablement la référence au duel Jacques Chirac-Jean-Marie Le Pen en 2002. Une démonstration censée mettre un terme aux interrogations mais c’est peut-être oublier un peu vite que c’était il y a 15 ans, déjà, prévient le journal.

Pour finir, de la politique encore mais avec le sourire.

Et L’Opinion qui nous offre un florilège de promesses électorales loufoques ou radicales, ou les deux, mais toutes authentiques.
Comme ce "droit à dormir un quart d’heure après le déjeuner" pour tous les Français. Une proposition pleine de bon sens faite par un candidat indépendant lors de la présidentielle de 1981.
Le tout rassemblé dans un livre signé Bruno Fuligni. Haut fonctionnaire ou mémoire de l’assemblée nationale, il a fouillé les archives et en a donc tiré cette Histoire amusée des promesses électorales aux éditions Tallandier.
D’autres exemples ?
Aux législatives de 1906, la "création d’une école municipale de cambriolage", il n’y a pas de sot métier. La même année "Réglementation énergique de la conduite des belles-mère", ça sent le règlement de compte.
Vous avez aussi "le droit à la barbe pour les femmes", c’est écrit. Également, "une pension pour la veuve du soldat inconnu". Pour rappel, toutes ces promesses de campagne ont bel et bien existé.
La meilleur c’est celle-ci qui date de 1920 : "Suppression des mois de décembre, janvier et février pour que plus jamais d’hiver". "Vivement le printemps !"