C'est le jour d'Edouard Philippe

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Le discours de politique générale du Premier ministre est au cœur de vos journaux.

Bonjour Thomas, bonjour Julie et bonjour à tous

Ce matin en Une de vos journaux, il faut qu’il en profite, c’est son jour. L’Opinion : Edouard Philippe, chef de chantiers. Aujourd’hui en France : Les 12 travaux d’Edouard. Le Figaro : En Marche, à petits pas. Libération : Edouard Philippe. Et L’Humanité s’intéresse à un rapport signé par des députés européens : Les petits secrets des grands cabinets d’audit qui facilitent l’évasion fiscale.

Premier Ministre

L’expression du jour, c’est "Y’a plus qu’à". Sur la forme, on sent comme un scepticisme. "Il est possible qu’Edouard Philippe prenne place pour la postérité comme un grand Premier Ministre, avance Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées, mais certainement pas comme le meilleur orateur parlementaire dans la fonction." "Au grand chef les hauteurs quasi stratosphériques, ajoute Bruno Mège dans La Montagne, à son premier collaborateur le plancher des vaches." "Sur le fond, écrit Philippe Marcacci dans L’Est Républicain, il faut fouiller dans ce fatras d’annonces pour dénicher de grandes lignes." Pour Maud Vergnol dans L’Humanité : "C'est à Édouard Philippe qu'a incombé l'ingrate besogne de présenter l'addition. Loin des promesses de campagne d'un candidat qui prétendait renverser la table, c'est l'enlisement austéritaire que propose la majorité, recyclant les recettes mortifères déjà appliquées sous les deux précédents quinquennats." Mais la grand-mère de Martine Aubry reprend du service puisque Libération, dénoncent le flou : "La suppression programmée du nombre de fonctionnaires ? Pas un mot. La redéfinition des missions de l’Etat ? On aurait aimé savoir lesquelles." Sur ce point au moins, Le Figaro et Les Echos seront d’accord avec l’idée : peu de précisions.

Perturbateurs endocriniens

L’épreuve des faits arrive. Libération revient sur l’annonce, hier, du vote de la Commission Européenne qui a adopté les critères de définition des perturbateurs endocriniens. Ces critères, jugés beaucoup trop flous par les ONG, ne permettent pas de les faire interdire. Dans Libé, Nicolas Hulot explique pourquoi la France, après six votes négatifs, a finalement accepté de valider le texte. "Nous avons ouvert une très grande brèche qui ne se refermera pas et qui s’élargira avec le temps." Il cite les 50 millions d’euros obtenus pour la recherche indépendante. Mais les ONG, et notamment la Fondation pour la nature et l’homme, ex Fondation Hulot, parlent d’une définition au goût amer. Les deux améliorations que Nicolas Hulot dit avoir obtenues étaient déjà dans le texte. Et l’Allemagne n’a pas cédé d’un pouce sur les dérogations qu’elle a obtenues pour Bayer. La technique des petits pas chère à Nicolas Hulot. Quand on lit dans Le Figaro la charge au bazooka d’Yves de Kerdrel contre "les jactances de Monsieur Hulot" on se dit qu’il y a du boulot : il a l’outrecuidance de proposer un projet de société, il se prévaut "d’une pensée unique conçue par de prétendus experts, dont on découvre qu’ils appartiennent à des groupes de pression", alors qu’il y a des écologistes constructifs tournés vers les ressources scientifiques comme Maud Fontenoy ou Claude Allègre (oui, Yves de Kerdrel les considère comme écolos et pas du tout dépendants de groupes de pression). Pendant ce temps, Aujourd’hui en France et Libération nous signalent un scandale de pollution par des sous-traitants d’Arcelor Mittal. Des acides déversés dans les sols, des enveloppes pour acheter le silence.

Corée du Nord et risque de guerre

Graham Allison est un professeur de sciences politiques. Il vient de publier un livre : Le piège de Thucydide. Le Figaro nous raconte comment il analyse, à partir du récit par l’historien grec de l’engrenage qui a conduit à l’affrontement mortel entre Athènes et Sparte, les risques d’embrasement entre la Chine et les Etats-Unis. Il liste 16 cas de concurrence, dans l’histoire, entre une puissance montante et une puissance installée. Dans 12 d’entre eux, on a eu la guerre. Il a présenté son livre à Donald Trump et Xi Jinping. Les deux sont conscients du risque. "Mais le Kaiser et le Roi d’Angleterre aussi étaient conscients de la dangerosité du moment en 1914. Ils n’ont pas réussi à s’asseoir à une table pour l’éviter."

La réforme du bac est à l’ébauche. En attendant, le site Causeur s’est inspiré du style philosophique et managerial d’Emmanuel Macron pour imaginer les sujets de l’an prochain : Calculez le retour sur investissement de la lecture du Banquet de Platon (en prenant un exemplaire acheté 8 euros sur Amazon). Le sexe, l’argent et le pouvoir épuisent-ils les aspirations humaines ou faut-il en plus baratiner des trucs verticaux, genre transcendants ? "Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse" : le concept marketing de l’obsolescence programmée dans l’œuvre de Jean de La Fontaine. Exercice d’invention : vous êtes DRH et un employé en open space a mis en fond d’écran la citation suivante : "La chair est triste, hélas, et j’ai lu tous les livres." Racontez l’entretien préalable à son licenciement. Pour les malheureux recalés de cette année, vous pouvez déjà vous préparer.