Ces bidonvilles que la France ne veut pas voir

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, ces choses qu’on ne soupçonnait pas.

Bien souvent parce qu’on y pense pas, ou qu’on y pense plus.

"Depuis quand n’avez-vous pas lavé votre pare-brise, demande Jean-Denis Renard dans Sud-Ouest, alors qu’il y a une trentaine d’année, chaque trajet en période estivale se traduisait par une constellation d’impact sur la carrosserie, chacun peut s’apercevoir, qu’en 2017, il n’en est rien (…) Ce constat de la vie courante est validé par une étude scientifique publiée dans la revue Plos One, elle atteste qu’en Allemagne, la quantité d’insectes volants a diminué de 75% en 30 ans". Et l’affaire dépasse de loin les campagnes allemandes, puisqu’en France, "une unité du CNRS basé dans les Deux-Sèvres confirme la tendance" : "en 25 ans de suivis dans le département, on peut estimer la perte d’insectes à 80%".

Alors "Comment expliquer un tel effondrement, demande l’Humanité ? qui relève qu’après élimination, les chercheurs retiennent une hypothèse, celle de l’agriculture intensive, ses labours continus et surtout l’usage des pesticides". L’Humanité qui rappelle pourquoi ce déclin des insectes est alarmant : "parce qu’ils sont non seulement une source d’alimentation pour les oiseaux, mais parce qu’ils contribuent aussi à la pollinisation des végétaux (…) leur déclin entrainerait une décroissance en chaine, jusqu’à l’être humain".
On en revient à ce qu’on a tous appris en cours de SVT au collège : la logique de la chaine alimentaire, dans laquelle chaque maillon compte.

Et puis il y a Libération qui note que "deux nouveau pesticides tueurs d’abeilles viennent d’être autorisés… en catimini, dit le journal (…) on est toujours dans le double langage, explique le porte-parole de l’Union de l’Apiculture française, d’un côté, le gouvernement nous dit on préserve l’environnement’, et de l’autre, on poursuit encore la même politique d’agrochimie".

Avec ça "La coupe est pleine, s’insurge Xavier Brouet dans le Républicain Lorrain". "La nature va nous le faire payer au centuple, ajoute Philippe Schmitt dans La Provence, pas besoin d’être militant écolo pour comprendre que tout ça va, tôt ou tard, nous péter à la gueule".

Dans la presse également, d’autres choses qu’on ne soupçonne pas.

Oui, par exemple, savez-vous combien la France compte de bidonvilles ?
Il y en a 571, dont 113 rien qu’en Ile-de-France. Chiffre à la Une du journal Le Monde qui a enquêté sur ces "bidonvilles que la France ne veut pas voir". 16.000 personnes y vivent, dont 36% de mineurs.
Reportage de Maryline Baumard, dans un campement Rom à Champs-sur-Marne. Ce jour-là, c’est "la fête de la protection de la Vierge Marie", mais au milieu des images pieuses "suinte une grande misère, écrit la journaliste, pas un gamin n’est scolarisé. La ville les a inscrit à l’autre bout de la commune, en facturant la cantine 14 euros par jour, sous prétexte que les familles n’ont pas de domiciliation légale. Il y a aussi ces maires qui font interdire la montée du bus scolaire aux enfants Roms. Sans compter la peur principale, celle de l’expulsion : d’après les chiffres du collectif RomEurope, chaque habitant de bidonville en a vécu 15 en moyenne depuis cinq ans".
Reportage à lire donc dans Le Monde..

Et puis, tout autre chose que visiblement on ne soupçonnait pas : la "fainéantise des Français".

"Peu de français sont au travail, écrit Eric Le Boucher dans les Échos, ceux qui y sont ne font pas beaucoup d’heures et la qualité de leur travail n’est pas bonne (…) Beaucoup s’arrange avec le généreux système social pour en faire le moins possible".
Allé, on n’est pas à une généralité près.
Les Français fainéants et anti-travail. On ne savait pas, on ne voulait pas voir…

Et pourtant, c’est sous nos yeux.
En Une de La Nouvelle République : "La ville de Joué va perdre son usine Tupperware", titre le journal, qui précise que 235 salariés vont perdre leur emploi.
La faute à la "mentalité anti-travail sans doute".

Même chose chez Coca-Cola, qui "malgré ses très bons résultats va licencier en France". Analyse à lire sur le site d’information Médiapart : "La firme a réalisé 219 millions d’euros de bénéfices en 2016 et table sur une augmentation de son chiffre d’affaire de 3% pour cette année. Mais elle devrait se séparer de 10% de sa masse salariale". Autrement dit 130 à 195 postes de supprimés.
Autant de fainéants-anti-travail-futurs-chômeurs-en-vacances auxquels on conseille de méditer sur cette maxime d’Eric Le Boucher :
"le travail est le secret philosophique de la bonne vie".

Enfin, en Une de nos journaux on trouve aussi plusieurs préoccupations autour des enfants.

"Les vacances scolaires sont-elles trop longues ?" demande le Progrès… Interrogation que l’on retrouve aussi en Une du Dauphiné qui rappelle que "le ministre de l’Éducation pourrait modifier le calendrier".

Et puis cette question en couverture du Figaro Magazine : "peut-on débrancher nos enfants ?"
On parle des écrans et des smartphone bien sûr. L’hebdomadaire vous donne donc quelques conseils "ne jamais interdire mais toujours accompagner", "il faut tenir le plus longtemps possible sans donner de smartphone, s’époumone Jacques Henno, spécialiste d’Internet, tenir jusqu’au moment où ça devient pour votre enfant un handicap social de ne pas en avoir, sachant qu’il faut immédiatement y associer des règles strictes".
"À quels enfants allons-nous laisser le monde ?", s’interroge en conclusion la journaliste Guyonne de Monjou.

Sinon, pour dédramatiser, il y a aussi le dossier de la revue Sciences Humaines intitulé "halte au surinvestissement parental".
La spécialiste de la psychologie de l’enfant, Alison Gopnik critique "la multiplication des règles d’éducation, des modèles et des buts à atteindre prétendument universels. "On n’apprend pas à être parent comme on apprend à devenir manager, dit-elle, prendre soin d’un enfant, ce n’est pas un job mais de l’amour. La seule chose qui compte vraiment, c’est d’avoir quelqu’un qui s’est engagé pour vous et qui vous a aimé".

Bon, ça ne nous dit pas ce qu’il faut faire des tablettes mais pour faire décrocher vos enfants, vous pouvez toujours leur donner à lire de la presse papier.
Et puisqu’on parlait de ces choses qu’on ne soupçonne pas, je ne peux finir sans vous signaler cette info : "Léonard de Vinci était un bâtard".
Ce n’est pas moi qui le dit mais le dernier numéro de Ça M’intéresse Histoire.
Le magazine propose un dossier intitulé "12 infos insolites sur le génie de la renaissance". Où l’on apprend donc, qu’il est né d’une relation illégitime, qu’il n’était "pas très éduqué", qu’il a été "traduit en justice pour acte sodomite", qu’il était végétarien ou encore "qu’il ne terminait pas souvent ce qu’il entreprenait".

Voilà, ça vous permettra peut-être d’enclencher un dialogue avec vos pré-ados mutiques.
Notez toutefois cette phrase de De Vinci : "l’expérience ne se trompe jamais, ce sont nos jugement qui se trompent".