"Bruno Le Roux is the new François Fillon"

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Le printemps est là et Bruno Le Roux s'en va. 

Bonjour Thomas, bonjour Julie et bonjour à tous

Ce matin en Une de vos journaux c’est reparti : Le Canard Enchaîné : Fillon, Le Pen, Le Roux : Tout reste affaires. La Nouvelle République : Le ministre de l’intérieur poussé vers la sortie. Libération fait la leçon : Bruno Le Roux : Lui, il s’en va. Sinon, c’est le printemps, la saison des classements : Aujourd’hui en France : Notre palmarès des meilleurs lycées. Paris Normandie : Votre lycée est-il bien classé ? Mais il y a un autre classement qui chiffonne L’Humanité, c’est celui du magazine Forbes : Comment stopper la machine à cash des milliardaires ?

Bruno Le Roux

La presse se partage en deux catégories. Ceux qui jugent, comme Cécile Cornudet dans Les Echos, que "François Hollande a voulu montrer qu’il savait sacrifier ses amis et remet du sel sur la plaie Fillon des affaires." "Voilà qui prouve au moins, estime Philippe Marcacci dans L’Est Républicain, que la justice travaille avec célérité pour tous et qu’aucun camp n’a l’exclusive." Et les autres : Xavier Brouet dans Le Républicain Lorrain : "mué en opération mains propres, le dégagisme s'applique désormais à nettoyer les arrière-cuisines bien peu reluisantes de la République. Effet boomerang garanti pour celui qui n'avait guère eu d'égard à l'endroit de Fillon."  "Si l'on peut trouver un lien entre ces différentes affaires, écrit Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées, c'est la bonne conscience des incriminés, confinant à l'inconscience, s'agissant de comportements devenus insupportables pour l'opinion." Mais le nouvel épisode Fillon dans Le Canard, avec cette rencontre organisée pour un milliardaire libanais, le patron de Total et Vladimir Poutine, suscite les sarcasmes de Denis Daumin dans La Nouvelle République : "On passe des Thénardier à James Bond, des fonds d'enveloppes au CAC 40, des velours élimés de l'Assemblée aux palaces internationaux. Ce n'est plus une campagne et déjà une épopée. La petite entourloupe de Le Roux sent son bricolin, à côté."

Bilan du débat

Pendant ce temps, certains s’emploient à tout de même tirer les leçons du débat de lundi soir et parler un peu de la campagne. Le Monde publie une double page de tribunes qui, d’Hubert Védrine à Tareq Oubrou, semblent plaider pour une social-démocratie de synthèse. Le clivage est entre vision ouverte et vision fermée de la nation, de la laïcité, et du monde en général. Le bien et le mal. L’économie, la montée des inégalités, la désindustrialisation, c’est accessoire.

Palmarès des lycées

Comme tous les ans, la presse utilise les indicateurs de l’Education Nationale pour proposer sa liste des meilleurs lycées de France. Chacun sa méthode. Le concept principal : la valeur ajoutée. C’est-à-dire la capacité à garder les élèves entre la seconde et la terminale et à les faire progresser par rapport aux résultats que laissait prédire leur milieu social. D’où la présence en tête de liste de nombreux établissements de zones défavorisées, comme la Seine-Saint-Denis. De son côté, Le Figaro fait de la résistance et continue à placer Louis Le Grand et Henri IV en tête. Parce que, nous dit le journal, la valeur ajoutée n’a de sens que pour les lycées qui accueillent des élèves en difficulté. Bref, définir un bon lycée dépend du type d’élèves et de ce qu’on attend de l’établissement. Mais Le Figaro consacre un article à l’internat de Sourdun, un des internats d’excellence créé par Nicolas Sarkozy. Des élèves de quartiers prioritaires, des professeurs sélectionnés sur profil, uniformes et interdiction des portables. L’objectif est de pousser ces jeunes vers des études ambitieuses, prépas et grandes écoles et de leur offrir une ouverture culturelle que leur milieu social ne leur permettrait pas. Plus intéressant que tous les classements.

Villes nouvelles

L’Express nous fait rêver avec ces projets de villes flottantes qui devraient venir pallier la montée des eaux. De magnifiques projets d’architectes mais on comprend mal comment les pays pauvres, victimes du réchauffement climatique vont s’offrir ces merveilles. Pendant ce temps, Le Figaro nous annonce que des entreprises chinoises créent une ville industrielle au Maroc. De 200 à 300 000 habitants près du port de Tanger pour inonder l’Europe et l’Afrique de leurs produits. Là, il y a l’argent.

Alors que la presse s’intéresse au problème des eaux usées et de leur réutilisation, 20 Minutes nous dit que la Chine a d’autres soucis. Pékin vient de mettre en place un système de reconnaissance faciale dans les toilettes publiques pour éviter les vols de papier. Abuser du bien commun, c’est un invariant humain : un ancien premier ministre et un ministre de l’intérieur ne valent pas plus qu’un modeste Pékinois.