Benoît Hamon doit désormais convaincre la gauche

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse revient massivement sur la victoire de Benoît Hamon à la primaire de la gauche.

Ce matin en Une de vos journaux il n’y a que des vainqueurs : La Dépêche du Midi : "Géant". Le Courrier picard : "Intouchables". Le Parisien : "Champions". Ça c’était pour les handballeurs. Et puis dans 20 Minutes, c’est : "Hamon champion". Paris Normandie : "Hamon sur orbite". MidiLibre : "Hamon en force". Et pour L’Union, Le Télégramme, et Sud-Ouest, c’est : "A gauche toute !". Libération célèbre "une gauche de gauche".

Victoire de Hamon

La Une du Figaro résume la situation : "Le scrutin où tout peut arriver". Avec ce sondage : Emmanuel Macron et François Fillon au coude à coude, Benoit Hamon devant Jean-Luc Mélenchon. Le résultat de la primaire marque-t-il un sursis pour le parti socialiste ? C’est la thèse du Figaro. Les autres éditorialistes en sont moins sûrs. Premier constat, celui d’Hervé Favre, dans La Voix du Nord : "Pour l'ex-Premier ministre et pour le président de la République, la victoire sans appel de Benoît Hamon est une humiliation sans précédent. Ce vote à 60/40 a des allures de motion de censure populaire du quinquennat." Mais dans Le Républicain Lorrain, Xavier Brouet nuance : "S'il séduit cette frange écolo-bobo pas mécontente d'infliger à Manuel Valls une dernière gifle pour solde du quinquennat, son projet de revenu universel ne convainc pas même son camp politique. La réconciliation scellée par une fraîche poignée de mains hier soir aura bien du mal à résister aux forces centrifuges de l'astre mort qu'est devenu le parti d'Epinay." Personne ne croit à une réconciliation. Mais comme le remarque Cécile Cornudet dans Les Echos, les primaires semblent avoir amplifié le clivage gauche-droite. Les électeurs se sont fait plaisir avec un vote identitaire. Suffisamment pour ouvrir un espace au centre.

Le décret Trump

C’est la Une des Echos : Trump sème le trouble chez ses alliés occidentaux. La presse, dans son ensemble, raconte l’indignation causée par le décret interdisant l’entrée des États-Unis aux ressortissants de 7 pays musulmans. Et le point essentiel est dans Libération : Bruxelles reste sans voix devant la volte-face d’un allié historique. "Pour Bruxelles", écrit Libération, "l’empire du mal est manifestement à Washington." Mais la réprobation morale, c’est léger. "Jusque-là", écrit Le Figaro, "les Européens s’étaient rassurés en croyant détecter dans l’attitude de Donald Trump une part de bluff." En profiter pour réfléchir à l’avenir de l’Europe serait plus utile.

Baisse du Q.I

On en avait déjà parlé, mais il faut lire l’article des Echos sur cette baisse confirmée par les dernières études. Parmi les explications avancées, on trouve la banalisation du haschich (les gros consommateurs auraient en moyenne 8 points de QI de moins que les autres) mais surtout les perturbateurs endocriniens. L’industrie chimique raffole des substances dites halogénées, c’est-à-dire contenant des éléments chimiques réactifs comme le chlore, le brome ou le fluor, qui sont susceptibles d’interférer avec le système thyroïdien et d’empêcher le développement harmonieux du cerveau. Dans Libération, Daniel Schneidermann s’insurge contre ces journalistes et éditorialistes méprisant un Benoît Hamon qui n’hésitait pas à parler de sujets secondaires, les pubertés précoces des fillettes, les perturbateurs endocriniens, jugés moins dignes que les sujets régaliens. Ils furent, dit-il, ses meilleurs agents.

Sieste

Jusqu’à présent, faire la sieste vous exposait à la réprobation générale. Dans une entreprise, les adeptes perdaient souvent tous les bienfaits de leur assoupissement à force de culpabilité et parce qu’ils étaient obligés de pratiquer dans des conditions extrêmes, se transformant en clandestins du roupillon. Le Monde nous annonce que c’est fini. Il suffit de troquer le mot "sieste" pour le terme américain "power nap". Soudain, on quitte la faiblesse du laisser-aller pour embrasser l’ingénierie profilée du pouvoir. D’ailleurs, Aujourd’hui en France nous raconte que l’Université de Saint-Etienne a inauguré pour ses étudiants en médecine une salle "Mille et Une Nuits"  dédiée à la power nap. Parce que le sommeil permet d’améliorer la mémorisation, l’efficacité au travail, la créativité. Ça peut faire un programme présidentiel.

Lolcats

Le nouveau numéro de Technikart nous alerte : "La dictature du chat : Comment survivre dans un monde qui ronronne ?" Et c’est visiblement une révolte généralisée puisque Le Monde s’interroge aussi : les chats qui peuplent la culture internet ne seraient-ils pas d’affreux réacs vecteurs d’un sentiment conservateur et nostalgique ? La révolte porte même un nom : le pouchatisme, qui dénonce ces assistés pervertis par la société consumériste qui les a récupérés. Comme quoi, même un phénomène d’engouement médiatique absolu peut se retourner. Emmanuel Macron devrait méditer sur les lolcats.