Banlieues : comme une odeur de brûmé ce matin !

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce mardi sur le débat des banlieues qui fait irruption dans la campagne présidentielle après les différentes émeutes qui ont éclaté ces derniers jours.

Il y a comme une odeur de brûlé ce matin !

Comment éteindre le feu ? C’est la question posée à la Une du Parisien-Aujourd’hui en France. Avec l’affaire Théo et les manifestations de violence qui se succèdent, on retrouve des articles qu’on a l’impression d’avoir déjà lu mille fois. "les banlieues font irruption dans la campagne présidentielle", prévient le Figaro.
Ce qui frappe en parcourant vos quotidiens, ce matin, c’est que plus personne n’ose avancer de solution miracle, tout juste un peu d’aspirine pour calmer la fièvre.
Les quartiers populaires sont un grand corps malade et les médecins n’ont jamais réussi à s’accorder sur un diagnostic, constate Le Parisien. "Ceux de gauche considèrent que l’origine du mal est avant tout sociale, ceux de droite estiment qu’il s’agit d’abord d’un problème de délinquance".
Résumé cinglant des épisodes précédents sous la plume de Christophe Bonnefoy dans le Journal de la Haute-Marne. "De la politique de la ville façon Bernard Tapie, entre envolées théâtrales et paillettes, jusqu’au petites phrases au karcher d’un Nicolas Sarkozy". Tous les plans banlieue ont été coûteux et finalement stériles.
Jean-Louis Hervois ne dit pas autre chose dans la Charente Libre, avec une droite dans la surenchère, "comme si un arsenal de guerre pouvait régler le problème" et une gauche qui s’en remet "à ses bonnes intentions alors qu’elle a échoué pendant cinq ans".
Pourtant, ces quartiers concentrent tous les défis auxquels doivent faire face les candidats à la présidentielle à l’échelle du pays, constate Christophe Bonnefoy, en termes d’emploi, de délinquance, d’éducation ou de formation, dans des zones où le chômage des jeunes flirte avec les 40%.
Et quelle autre solution, finalement, que celle de s’appuyer toujours plus sur ceux, élus, associations et citoyens, qui œuvrent tous les jours pour éviter le délitement, suggère François Ernenwein dans La Croix. Mieux soutenir ceux qui tentent d’installer la paix civile.
Bref, 100 fois sur le métier, en amont, et pas seulement lorsqu’il y a des émeutes.

En filigrane, toujours la question de la pauvreté.

Alors que François Hollande prend la parole aujourd’hui devant le Conseil Économique, Social et Environnemental sur le thème "30 ans de lutte contre la pauvreté et maintenant ?".
Maintenant ? Toujours rien, répond Denis Daumin dans la Nouvelle République. Oui, vos éditorialistes n’ont pas trop le moral ce matin mais c’est une réalité. "Le constat dressé sous Giscard s’est installé dans la durée, il ressurgit à la faveur de cette campagne excédée, à fleur de peau, dit-il. On lance les chiffres en l’air, comme des tirs de mortiers, on se jette la misère au visage et les pauvres sont des fantassins enrôlés d’office. L’inconvénient, c’est qu’ils sont armés", prévient Denis Daumin.

On parle beaucoup de Donald Trump ce matin, avec la démission de son conseiller à la Sécurité nationale, Michael Flynn. Voici un autre personnage très observé à Washington.

"Le vieux sage du Sénat", John McCain, héros de la guerre du Vietnam, élu de 80 ans, veut contenir l’ovni Trump pour servir de contrepoids ou de garde-fou. Le Figaro brosse son portrait ce matin.
Soyons clairs, John McCain n’aime pas Donald Trump, il n’a pour lui ni respect ni confiance et c’est assez réciproque d’ailleurs. N’empêche que les deux hommes sont officiellement dans le même camp, celui des républicains. Il s’agit donc de surveiller le nouveau président, sans trop l’affaiblir non plus.
Mission difficile mais cruciale, raconte le Figaro. Le sénateur McCain peut entraîner derrière lui une grande partie du Congrès. Le personnage est très respecté à Washington et sa vie est digne d’un roman. Pilote dans la Marine, abattu, prisonnier et torturé pendant la guerre du Vietnam, il refusera d’être libéré avant ses camarades malgré un père haut responsable dans l’armée américaine.
Donald Trump s’est souvent moqué de lui pendant la campagne, préférant les héros "qui ne se font pas prendre". Mais le président doit se méfier, prévient un observateur, "il doit tenir compte du facteur McCain". Le vieux sage a des tripes et des principes. Trump est en train de découvrir que le travail d’un président n’a rien à voir avec celui d’un chef d’entreprise qui donne des ordres, écrit Le Figaro. Washington est une ville de compromis et de marchandages. "Il faut apprendre à travailler avec le système même quand on a été élu pour le combattre".

Dans l’actualité plus légère, il n’y a pas de Saint-Valentin ?

Franchement, ça aurait pu ! Des petits cœurs, des amoureux qui se bécotent, des boîtes de chocolat, vous en trouverez un peu partout dans la presse ce matin. Mais nous préférons vous raconter le mystère du manuscrit Voynich, du nom de l’un de ses découvreurs. C’est le journal La Croix qui vous parle de cet ouvrage du 15e siècle. "Le plus énigmatique" de la planète, conservé à l’université de Yale aux États-Unis.
Il défie l’entendement. Il n’a pas de titre, pas d’auteur, ni de date. La langue et l’écriture sont inconnues, perdues, inventées ou codées. C’est passionnant car depuis des siècles, les chercheurs n’arrivent pas à savoir s’il s’agit d’une œuvre majeure, indéchiffrable ou d’un canular. Si son auteur était un esprit supérieur ou un être dérangé .
Dans ce manuscrit de Voynich, il y a des dessins de plantes étranges, comme un herbier puis des animaux bizarres. Et si La Croix vous en parle ce matin, c’est parce que des Espagnols vont tenter de reproduire à l’identique ce précieux manuscrit, un fac similé, et peut-être trouver de nouveaux indices.
 Une obsession, nous dit La Croix, certains sont devenus fous, car de cette écriture, se dégage une impression familière, une sensation qu’elle est à portée de compréhension et pourtant elle résiste, hermétique à toute analyse.
Un peu comme une histoire d’amour finalement… Allez, bonne Saint Valentin quand même !