Au front contre Daech

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Ce matin en Une des journaux, la France lutte contre le terrorisme ici, et des Français se battent là-bas, à l'instar de ceux qui ont rejoint les combattants kurdes en Syrie.

Ce matin en Une de vos journaux la France lutte contre le terrorisme ici, et des Français se battent là-bas :

Le Figaro : Hollande installe l’armée au cœur de l’antiterrorisme.

Le Parisien : Au front contre Daech, avec un reportage auprès de ces hommes qui ont rejoint les combattants kurdes en Syrie.

 

Pendant ce temps, on continue à tourner autour du pot et autour des mots pour définir ce qui s’est passé à Marseille ou à Cologne :

L’Opinion : Politique, religieux, société : la grande confusion.

 

Et puis, la référence Star Wars du jour :

Libération : Le réveil de la Corse.

 

Communication politique

Il y a bien sûr le fait médiatique de la semaine : un premier ministre dans une émission de divertissement.

L’Opinion titre son éditorial : on n’est pas couché. Mais le "couché" est barré, remplacé par "gouverné". Rémi Godeau revient sur la supposée concurrence entre un Manuel Valls surnommé Robocom et un Emmanuel Macron en passe de lui ravir le statut tellement envié de l’iconoclaste qui bouscule la gauche. Il rappelle que depuis septembre, le Premier ministre a enchaîné pas moins de 7 JT de 20h, 10 émissions de radio. Au risque de se banaliser, de jouer et rejouer des Paroles sans des Actes. Mais en matière de com, cette semaine, il faut dire que le Premier ministre est coiffé au poteau.

Non seulement Jean-François Copé se couchera sur le divan de Marc-Olivier Fogiel, non seulement il est en Une de Valeurs Actuelles (la photo ferait presque peur), mais il est même dans Libé. Un papier, certes un peu ironique, sur l’ex-patron de l’UMP se présentant comme un Lazare métamorphosé, revenu des profondeurs de la terre où l’avait précipité la meute haineuse de ses calomniateurs. "Ce n’est pas le même homme que vous avez devant vous", prévient-il. Avant de démontrer exactement le contraire. Entre référence à René Girard pour la théorie du bouc-émissaire et Zorro pour la défense des nobles causes, Copé revient. Déjà ?

Taubira

Personnage plus intéressant, Christiane Taubira est en Une de Marianne. Le magazine persiste et signe sur la révélation d’un logement à loyer modéré généreusement accordé à la ministre, mais il en profite pour dresser un portrait de celle qui fascine une partie du peuple de gauche. On y découvre sa propension à écrire sa propre légende, notamment quand elle affirme que son mari, indépendantiste guyanais aurait fait 1,5 an de prison, alors que lui-même le nie. On y redécouvre celle qui, élue député radical en 1993, a voté sans état d’âme l’investiture d’Edouard Balladur et le budget pour le moins libéral qu’il proposait pour la France. Et puis, son soutien indéfectible à Bernard Tapie, sa candidature en 2002 dont Lionel Jospin affirme aujourd’hui que c’est bien elle qui l’a privé de second tour, puis son flirt avec Nicolas Sarkozy. Bref, ce sont finalement les prurits d’une extrême droite raciste qui en ont fait une icône de gauche.

Prédiction

C’est aussi dans Marianne qu’on trouve une tribune du généticien Arnold Munich, auteur d’un livre qui met en garde contre les fantasmes de la médecine prédictive qui tendraient à nous faire croire que notre avenir serait inscrit dans nos gênes. Un questionnement sur notre liberté  et notre responsabilité face à ce nouveau déterminisme. Mais il n’y a pas qu’en médecine. Quelques pages plus loin, le magazine s’interroge sur la vogue de la littérature prédictive. Roman prédisant la guerre civile, bande dessinée imaginant l’élection de Marine Le Pen en 2017 : dans quelle mesure ces réflexions, qui se voudraient une manière de conjurer un sombre avenir, ne fonctionneraient-elles pas comme une prophétie auto-réalisatrice, une manière de rendre le scénario envisageable ? Là aussi il est question de liberté et de responsabilité.

Discrimination sexuelle

Le titre de Libé ressemble à un gag. Mais non, c’est très sérieux : Non à la discrimination dans les waters. Ca vous avait échappé, mais les gogues sont le premier lieu de la discrimination sexuelle. C’est ce que nous explique le philosophe Ruwen Ogien qui milite pour des toilettes transgenres. En gros, les femmes qui réclament des toilettes séparées ne se rendent pas compte que le temps qu’elles  passent à se pomponner, et qui allonge les files d’attente, sont en train de se conformer à des normes de comportement dicté par le patriarcat. Et puis, dit-il, dans les appartements familiaux, les toilettes sont mixtes. Preuve, que ça ne pose aucun problème. Conclusion, "cette forme de ségrégation est présentée comme une conséquence naturelle de la différence entre les classes sexuelles alors que c’est un moyen de produire cette différence". On évitera de parler à Ruwen Ogien des débats familiaux sur la fameuse lunette de toilettes à relever, et on lui conseillera plutôt d’enfiler une jupe et de se promener dans des toilettes pour hommes. Ou à défaut sur le parvis de la gare de Cologne.

Le savoir évolue, et sa nouvelle forme est incarnée par l’encyclopédie participative Wikipédia.

Le site Huffington Post nous en révèle une dimension insoupçonnée et qui, en effet, n’avait pas semblé indispensable aux encyclopédistes Diderot et D’Alembert. Sur les 25.000 articles qui sont créés chaque jour dans le monde, un nombre incalculable sont en fait des listes. La liste des canards de fiction. La liste des différents titres de Kim Jong Il (55). La liste des sigles de deux caractères. La liste des morts insolites. Et même la liste des morts provoqués par une noix de coco. Et l’inévitable liste des listes Wikipédia. La liste des listes de films dans laquelle on trouve la liste des films non pornographiques contenant des actes sexuels non simulés. La liste des listes d’îles. Finalement, autant aller directement à la liste des listes de listes. Mais on apprend aussi que dans les articles les plus farfelus (dont beaucoup sont consacrés à des débats de société cruciaux), on en trouve un sur l’orientation du papier toilettes. À quand une tribune d’un philosophe dans Libération