À la Une : plurielles

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, des Unes très plurielles

Oui, comme on dit dans notre jargon journaliste, il n’y a pas de dominante particulière. Une dominante, c’est ce qu’on retrouve partout, c’est ce qui est incontournable, qui fait l’unanimité. Là, chacun propose son petit dossier maison. La détresse des personnels hospitaliers, pour l’Humanité. Les difficultés d’Angela Merkel pour le Figaro. Il y a aussi Le Parisien qui s’appuie sur le cas Hallyday pour publier un mode d’emploi spécial Héritage : "comment éviter les conflits ? Ne pas se déchirer ? Mais aussi déshériter ses enfants, "c’est choquant mais possible". Pour le reste, on trouve beaucoup  "d’exclus", des exclusivités. Les Echos par exemple préviennent les propriétaires de résidence secondaires : "plusieurs grandes villes s’apprêtent à doubler la surtaxe d’habitation sur ces logements. On en parlait à 8h, Nice va passer de 20% à 60%, Bordeaux de 20 à 50. à Toulouse, le maire indique qu’il réfléchit. En ligne de mire, la lutte contre le phénomène Airbnb, mais pas seulement, "derrière ces augmentation faramineuses se logent des motifs non avoués, mais pas moins légitimes, écrit Jean-Francis Pécresse, la recherche pour les villes de rentrées fiscales. Avec l’annonce de la suppression de la taxe d’habitation, dit-il, les maires s’appuient sur les derniers leviers d’action qu’il leur reste et les résidences secondaires vont devenir vulgairement des pompes à fric". Voilà, "exclu" à lire dans Les Echos.

L'enquête exclusive la plus notable, c'est celle de Libération ce matin.

"Viols, agressions, harcèlement : les témoignages qui accablent l’Unef". 3 mois d’enquête, 16 militantes du syndicat étudiant qui parlent. et des faits accablants : fellation et rapports forcés, abus de faiblesse, une plainte pour viol et surtout un véritable "système".

"Les weekends de formation, c’était des supermarchés, raconte Elodie Le Moigne, ancienne présidente de l’UNEF à Paris 8. On sentait la pression des dirigeants pour récupérer les adresses des militantes choisies." ""C’est Jean-Baptiste Prévost, président du syndicat de 2007 à 2011 qui choisissait les filles, ajoute Anaïg", souvent jeunes, provinciales et débutantes." "On les appelait les "petites meufs"". Et puis il y a les coulisses de l’enquête. Laure Bretton et Ismaïl Halissat relatent  "les obstacles sans précédents rencontrés par Libération pour mener à bien les vérifications." "Pression, rendez-vous secrets, victimes qui reçoivent d’étranges coups de fil. Certaines ont vu leurs comptes sur les réseaux sociaux être la cible de tentative de piratage." Enfin, il y a le contact avec les agresseurs présumés. "L’un d’entre eux, A., nous a répondu avec un très long mail d’aveux : "je viens de me reconnaître comme auteur d’agressions sexuelles, écrit-il, et encore !, il n’y a là que les témoignages que vous avez pu collecter, une situation qui me hante depuis trop longtemps. Voilà pourquoi j’ai décidé de mettre un terme à mes jours."" Immédiatement, les journalistes contactent police et pompiers, A. est retrouvé, hospitalisé et "un débat s’est ouvert à la rédaction, conclu Libé, faut-il publier ? Faut-il tout raconter ? Finalement, nous avons décidé de publier cette enquête, parce que la souffrance des victimes doit être entendue."

Dossier à retrouver donc dans Libération. Et puis, La Croix publie aussi une exclusivité ce matin.

Oui en l’occurrence, les résultats du dernier "baromètre du climat scolaire" réalisé par la Fédération autonome de la Solidarité, la FAS dont les adhérents sont principalement des enseignants. Verdict : le nombre de "préjudices numériques" a augmenté de 19% en un an. Qu’est-ce que le "préjudice numérique" ? Eh bien, ce sont les insultes et agressions subies par les enseignants, de la part d’élèves ou de parents, par mail, sur les réseaux sociaux, sur leur compte Facebook souvent, mais aussi de plus en plus via des plateformes vidéo comme Périscope. "Les élèves font des paris, explique La Croix, le but est de faire sortir le professeur de ses gonds en le filmant, puis de diffuser la vidéo, en direct ou en différé." 288 plaintes ont pu être traitées mais le fait est là, résume La Croix : "aujourd’hui, Internet empoisonne le climat scolaire".

La Croix dont le dossier de Une n’est pas une "exclu", mais un dossier de fond sur la situation politique en Israël et précisément sur le cas Benjamin Netanyahu.

Un premier ministre que la police israélienne recommande d’inculper pour corruption, que plusieurs affaires menacent, mais que la majorité de la population soutient.
C’est une "période terrible" pour tous ceux qui oseraient émettre une opposition, résume David Neuhaus, professeur à l’université de Bethléem, "les intellectuels sont plus écoutés à l’étranger qu’à l’intérieur du pays, dit-il, ici, ils sont considérés comme des traitres ou des ennemis." Et effectivement, Benyamin Netanyou attaque ce qu’il appelle "les élites" : médias, artistes, humanitaires, et même la cour suprême dont l’ex-président Aharon Barak a prévenu : "quand on privilégie le droit de la force plutôt que la force du droit, cela peut conduire à la dictature." "Dictature". Le mot est fort. Comme ce titre du site Médiapart sur "les étranges fréquentations antisémites de la droite israélienne". Visée, notamment : la complaisance de Benjamin Netanyahu pour les dirigeants hongrois et polonais. Enfin, il y a cette tribune, publiée dans le Monde, où, là aussi les mots de l’historien Zeev Sternhell sont violents : "Il pousse sous nos yeux non pas un simple fascisme local, dit-il, mais un racisme proche du nazisme à ses débuts". Et il dénonce pêle-mêle "la cruauté envers les non-juifs, le nationalisme, la société qui s’est décomposée moralement après 50 ans d’occupation, de colonisation, d’apartheid, dit-il, dans les territoires conquis en 67". Un réquisitoire brûlant, à lire dans Le Monde et également publié dans le quotidien israélien Haaretz.

Enfin, une dernière "exclu", trouvée cette fois dans Le Parisien-Aujourd’hui-en-France.

Oui, avec ce titre : "préférez les kiwis aux mandarines". C’est la conclusion d’un rapport de l’association Génération Future sur les résidus de pesticides présents sur les fruits et légumes. 19 types de fruits, 33 légumes, auscultés de 2012 à 2016. Résultat : les fruits qui contiennent le moins de traces de pesticides sont l’avocat, les kiwis et les prunes. C’est l’inverse pour les cerises, mandarine et le raisin qui sont bien plus traités. Côté légumes, "mieux vaut privilégier les betteraves et les asperges, nous dit Le Parisien, leur teneur en pesticides est plus faible que celle du céleri, des endives et des laitues". Voilà, évidemment les fruits et légumes analysés ne sont pas bio. Ce qui vous donne une indication de consommation relativement claire si vous voulez fuir les pesticides. Des produits dont Le Parisien rappelle l’étymologie : "dérivé du latin pestis, fléau, et caedere, tuer. Oui, ça fait peur, mais force est de constater que, pour l’instant, aucune étude ne prouve qu’on peut mourir de son bac à légumes