À la Une : oui au droit des femmes, non au féminisme populiste de délation !

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, cet édito intitulé "oui au droit des femmes, non au féminisme populiste de délation".

On peut le trouver dans La Revue des Deux Mondes, sous la plume de Valérie Toranian qui commente les conséquences de l’affaire Weinstein et la multiplication des témoignages.
Elle rappelle d’emblée que le viol et le harcèlement sexuel sont pénalement reconnus en France.
Mais "ce qui frappe, dit-elle, c’est la difficulté pour les femmes à négocier ce virage vers la liberté, l’autonomie, la maitrise de leur sexualité dans un rapport plus confiant, plus viril, au sein de la relation homme-femme".

Et oui, toujours en manque de virilité, les femmes négocient mal les virages. "Le harcèlement ajoute-t-elle, n’est pas l’apanage de Hollywood ou de la classe politico-médiatique (…) les femmes des couches populaires sont encore plus démunies pour se défendre".
Oui, c’est justement parce que celles qui sont sous les ors de la république ou sur les tapis rouges, parce que ces femmes-là prennent la parole que le message porte pour toutes.
La misogynie et le sexisme touchent tous les milieux, les riches, les pauvres, les athées, les croyants, les surdiplômés et les illettrés. "Ce qui frappe" c’est qu’une ancienne directrice du magazine Elle ne le sache pas.

"Oui mais c’est troublant, ajoute Valérie Toranian, parce que dans le même temps les femmes ont engrangé les conquêtes sociales". Oui, c’est troublant. C’est troublant de lire que "Balancer son porc, c’est se mettre en position de truie (…) la femme se réfugie dans l’émotion, dit-elle, alors qu’elle doit exiger d’être entendue dans le cadre de la loi".

C’est troublant, parce que c’est justement ce qu’ont fait nombre de femmes, et, du Figaro à Médiapart, il n’est pas difficile de trouver leurs témoignages. Elles racontent les dépôts de plainte dans des commissariats où les policiers rigolent et minimisent : "mais dites donc, vous étiez habillée comment ?", "et cet homme, vous le connaissiez !", "et puis vous avez bu, vous n’avez pas crié ?".
Ces remarques et autant de plaintes classées sans suite.
C’est "troublant". Troublant, comme ce chiffre de la Mission Interministérielle pour la protection des femmes trouvé dans le Figaro :
62.000 femmes ont déclarées avoir été victimes de viol en 2015. Cette année-là, la justice n’a condamné que 1.000 affaires de viol au assises, 1.000 pour 62.000.
Le reste n’aboutit pas.
Mais les victimes "sont dans l’émotion", elles prennent mal la parole, elles ne savent pas porter plainte correctement.
Ce que dit Valérie Toranian, finalement, c’est qu’elles l’ont bien cherché. C’est ça qui est populiste, et plus que troublant.

En miroir, et sur le même thème, il y a aussi l’interview de Flavie Flamant dans Elle.

"Voici un an, la journaliste révélait dans notre numéro du 14 octobre avoir été violée par un photographe célèbre, David Hamilton".
Depuis, "Flavie Flamant se bat pour l’allongement des délais de prescription".

"Il y a un an, vous aviez dit pendant l’interview "je vois que vous me croyiez", aviez-vous peur que l’on mette votre parole en doute ? Oui, répond l’animatrice, parce que souvent, ceux à qui on a tenté de se confier ne nous ont pas cru, ou n’ont pas voulu croire".
Elle ajoute que si elle avait porté plainte étant ado, il lui serait probablement arrivé la même chose qu’à cette fillette de 11 ans à Pontoise dont le double viol a été requalifié par la justice en agression sexuelle : "parce que moi non plus je n’ai pas pu crier, dit-elle, j’avais 13 ans, il faisait le double de ma taille. Alors il faut quoi pour être entendue ? Taper ? Griffer ? Avoir la peau sous les ongles ?"
C’est troublant, parce qu’il y a des lois pourtant le déni vient "du législateur", conclue Flavie Flamant.

Une interview à retrouver dans le magazine Elle du 20 octobre, ou sur le site elle.fr.

Autre titre ce matin, c’est le projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

Oui, la sécu qui fait la Une du Parisien : "le plan choc pour la sauver", titre le journal qui vous simplifie la tâche en rappelant les quatre mesures principales : "coût de rabot sur les aides familiales, lutte contre la fraude à l’assurance maladie, taxation des cigarettes et sodas". Mais, il faut bien le dire, la mesure la plus controversée c’est la réduction du nombre de lit à l’hôpital et "l’augmentation de l’ambulatoire".
Autrement dit, comme le résume Ouest France : "se faire opérer le matin et rentrer chez soi le soir". Objectif : faire 1,6 milliards économies. Pourtant, après avoir réalisé 7 milliards d’économies ces dernières années, "l’hôpital semble à bout de force", note l’Opinion.

L’Humanité ajoute que "16.000 lits ont déjà été supprimés depuis deux ans. Christophe Prudhomme, membre du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie s’inquiète : "comment croire à la réussite d’un tel projet alors que les malades soignés à domicile appellent le Samu parce qu’ils ne trouvent pas de médecins ? Supprimer encore des lits dit-il, ça n’est plus possible".
Autant de chose ajoute le journal, dont la "population a déjà pu se rendre compte".

Enfin, à propos de santé, le site d’information Usbek & Rica se projette dans le futur, 40 ans en avant.

Trois acteurs de la recherche génétique ont joué aux futurologues pour la Revue Nature, en partant du principe que le séquençage de l’ADN sera bien moins cher dans 40 ans et qu’il changera inévitablement notre quotidien.

Vincent Lucchese explique par exemple "qu’à partir d’une simple goutte de sang, on repérera plus facilement les cancers ou les trisomies 21. Ces technologies sortiront de l’hôpital et pourront être utilisé par les praticiens en zone rurale.
Mieux : "Les séquenceurs pourraient être installés dans chaque maison, prédisent les chercheurs, un peu comme les thermostats ou les alarmes incendies, l’idée serait notamment de les poser dans la cuvette des toilettes, puisque c’est là que l’on récolte le plus d’échantillons. Avec ça, on pourrait contrôler l’état de santé de toute la famille, en temps réel, jours après jours".

La revue qui note tout de même que l’application la plus plausible du séquençage en un clic, c’est surtout la surveillance policière. "Les forces de l’ordre pourraient lire l’ADN des gens comme elles contrôlent aujourd’hui les plaques d’immatriculation et papiers d’identité". Conclusion des auteurs : "les généticiens du futur devront veiller à ce que, dans 40 ans, nous n’ayons pas à choisir entre détection du cancer et protection de la vie privée".

Pour ceux qui l’ont vu, j’ai envie de vous dire, comme dans le film Bienvenue à Gattaca.