À la Une : listes de changements et vœux pour 2018

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, des vœux et de nombreuses listes…

Oui, des listes de changements à venir qui font la Une de nombreux journaux. Avec des petites variantes au niveau des temps des verbes. Le Dauphiné vous dit "ce qui va se passer en 2018". Le Courrier Picard "tout ce qui va changer", Ouest-France "tout ce qui change". Le Progrès nuance avec un conditionnel sur "ce qui pourrait changer". Le Parisien, lui, publie une photo d’Emmanuel Macron et Edouard Philippe pleine page : "Leurs dossiers chauds en 2018." En vrac : assurance-chômage, retraites, formation professionnelle, mais aussi université, immigration et logement. Autant de thèmes que le journal qualifie de "chantiers à risques", divisés en trois groupes : les dossiers "pas si simple", "les chauds", et les "périlleux". Même chose dans Les Echos qui listent "les réformes de Macron pour 2018", tout comme Le Figaro qui énumère "les grands enjeux et principales questions qui se poseront au monde et à la France".

On fait le point, donc, avec des listes, mais aussi avec des vœux…

On reste sur Le Figaro, qui publie en Une les vœux très politiques de son propriétaire : Serge Dassault propose à ses lecteurs une véritable ode à Emmanuel Macron : "Un président qui a stupéfié les observateurs, fait éclater les partis et qui n’a pas perdu de temps : flat-tax sur les dividendes, baisse de l’impôt sur les sociétés, réduction de l’ISF, modification du droit du travail (…) en ce début d’année 2018, conclut-il, souhaitons que ces bonnes intentions se confirment." Et de demander, la suppression totale de l’ISF, celle des 35 heures ou encore le report de l’âge de départ à la retraite. Serge Dassault, qui n’est pas le seul à faire rimer nouveau pouvoir avec espoir. Christine Clerc dans Le Télégramme voit en Emmanuel Macron "le Kennedy européen". Maurice Szafran dans Challenges salue un président "qui n’hésite pas à s’en prendre aux nationalistes et aux sceptiques, cela fait du bien, dit-il, un bien fou". Enfin, il y a aussi notre camarade, Nicolas Barré, qui dans Les Echos plaide pour que ce président "qui a stupéfié le monde (…) ose encore plus". Il y a donc les libéraux optimistes mais il y a aussi les libéraux grincheux. Comme le quotidien L’Opinion pour qui il "faut cesser de rêver sans compter, arrêter avec le culte du tout-public, acter les incapacités de l’Etat et enfin déléguer à ceux qui savent faire", autrement dit, le privé et la société civile. Une amertume qu’on retrouve, mais dans un registre totalement différent, dans L’Humanité. Patrick Le Hyaric fustige dans son édito "le jeu cynique d’Emmanuel Macron qui ouvre la chasse aux chômeurs, laisse pourrir la situation à l’hôpital ou dans les transports publics, présente une loi scélérate sur l’immigration et renforce l’Europe de l’argent." L’Humanité, qui semble-t-il ne veut pas non plus commencer l’année sur un ulcère puisque le vœu du journal pour 2018 est de voir émerger "une unité populaire pour que reculent pauvreté et inégalités". A chacun ses espoirs.

Enfin, de la "révolution" au mot incontournable du jour, il suffit de changer une lettre…

Eh oui, "résolution". Que vos journaux envisagent "bonnes", évidemment. C’est la Une par exemple du Républicain Lorrain, mais aussi de L’Est Républicain qui en fait son dossier et rappelle l’origine latine du mot, "resolere", qui signifie, explique Laurence Schmidtt, "défaire ce qui est noué". Alors quels nœuds les adeptes des bonnes résolutions veulent-ils dénouer ? L’Est Républicain publie une étude, commandée par le géant de la pharmacie New Pharma et réalisée par l’institut de sondage en ligne Toluna. Arrivent en tête la volonté de perdre du poids et celle de se mettre au sport, ensuite "positiver" plus régulièrement, et enfin, d’avoir une alimentation plus saine. On est sur du classique. Même chose dans La Provence qui y ajoute deux autres défis courants : arrêter de fumer et "essayer de moins stresser". Autre résolution possible, en Une de La Charente Libre : "Que nouvelle année rime avec solidarité." Et puis il y a Nord Eclair qui insiste encore plus que les autres en affirmant qu’il "est temps de prendre, non pas simplement de bonnes résolutions, mais de vraies bonnes résolutions, des décisions qui aient du sens, écrit Fanny Saintot dans son édito. Par exemple, passer au zéro déchet, en faisant chaque jour l’effort de réduire le poids de ses poubelles. Aller à l’école à pied, même si en voiture, c’est à cinq minutes. Ou encore choisir de prioriser son bilan carbone, en pensant à l’avenir de la planète. De bonnes résolutions, conclut-elle, tournées vers soi-même, mais aussi vers les autres, voilà qui serait vraiment positif." Bref, voir et penser autrement son emploi du temps, ses déplacements et sa consommation, une résolution copernicienne en quelque sorte.